
Marché de l’occasion : la raréfaction de l’offre redessine les valeurs résiduelles
De l’Indonésie à l’Argentine, la contraction des stocks de véhicules d’occasion et l’écart croissant de dépréciation entre motorisations électriques, hybrides et thermiques reconfigurent les stratégies des acheteurs et des plateformes.
En Indonésie, la plateforme OLX a enregistré une chute de 24 % du nombre d’annonces de voitures d’occasion entre janvier et mai 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, alors que la demande ne s’est contractée que de 6 %. Ce déséquilibre, attribué par les observateurs locaux à l’amélioration de la qualité du crédit automobile – qui réduit les reprises pour défaut de paiement – et à l’allongement des durées de financement, a conduit à une stabilisation des prix sur ce segment. Le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de rétention prolongée des véhicules, lui-même accentué par la faiblesse des ventes de voitures neuves durant la pandémie de Covid-19.
Cette tension sur l’offre coexiste avec une hiérarchie des valeurs résiduelles de plus en plus marquée selon l’origine et la motorisation. Une étude du spécialiste européen des données automobiles carVertical, portant sur le marché français, montre que les véhicules 100 % électriques perdent plus de 60 % de leur valeur en cinq ans – la Renault Zoé cédant 62,8 %, la Nissan Leaf 62,2 % –, tandis que certains modèles thermiques comme l’Opel Insignia limitent la dépréciation à 53,6 %. En Argentine, les chiffres de la consultante iSeeCars confirment cet écart : les électriques purs y subissent une décote moyenne de 57,2 % sur cinq ans, contre 35,4 % pour les hybrides, dont la demande explose (+314 % de ventes sur un an). Les marques chinoises, qui misent largement sur l’hybridation, parviennent ainsi à contenir leur décote : en Espagne, elles conservent 60,7 % de leur valeur à trois ans, contre 65,5 % pour les marques traditionnelles. En Indonésie, à l’inverse, les modèles thermiques chinois comme le Wuling Cortez affichent une dépréciation supérieure de 20 à 30 % à celle des références japonaises, un écart que les analystes locaux relient à la jeunesse de leur historique de fiabilité.
L’Iran offre un autre éclairage sur les contradictions du marché automobile. Selon le directeur de l’organisme national d’inspection qualité, les véhicules produits localement satisfont à la norme antipollution Euro 6, mais leur consommation de carburant reste très éloignée des standards internationaux. Ce décalage est imputé aux restrictions technologiques liées à l’isolement du pays, qui entravent la modernisation des motorisations, tandis que le vieillissement du parc – aggravé par une mise à la casse insuffisante – et l’obsolescence des centres de contrôle technique minent l’efficacité des normes en vigueur.
Face à ces dynamiques, les comportements d’achat évoluent rapidement. En Indonésie, les véhicules d’occasion affichés à moins de 200 millions de roupies (environ 11 000 euros) concentrent une demande sans précédent, avec jusqu’à onze acheteurs potentiels par annonce pour les modèles sous la barre des 100 millions. Les plateformes s’adaptent : OLX a lancé une sous-catégorie « voitures neuves » après avoir constaté que deux tiers des utilisateurs envisagent indifféremment l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion. La prochaine édition du salon GIIAS, fin juillet à Jakarta, servira de test grandeur nature pour cette intégration des marchés, tandis qu’en Argentine, la capacité des réseaux de service après-vente à accompagner le déferlement de modèles hybrides et électriques chinois déterminera la confiance des acheteurs dans la durée.
| Presse iranienne et apparentée | −0.20 | neutral |
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| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
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