
Amériques : les législatures ralentissent à l’approche des échéances électorales
Du Brésil aux États-Unis, en passant par la Colombie et l’Argentine, les parlements suspendent leurs travaux ou réduisent leur activité, laissant en suspens des projets législatifs majeurs à quelques mois des scrutins.
Au Brésil, le Congrès entame sa dernière semaine de travaux avant la pause parlementaire du 18 juillet, avec un ordre du jour réduit au minimum. Selon des informations rapportées par la presse brésilienne, le président du Sénat, Davi Alcolumbre, a prévenu qu’aucun texte d’importance ne serait examiné, repoussant à la rentrée d’août des réformes clés pour le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva. Parmi elles, la proposition d’amendement constitutionnel (PEC) visant à réduire la semaine de travail de 44 à 40 heures sans baisse de salaire, dite « fin de l’échelle 6x1 », reste bloquée depuis son adoption par la Chambre des députés en mai. Le Palais du Planalto, qui comptait en faire un argument de campagne pour l’élection présidentielle d’octobre, doit désormais se contenter d’une promesse de relance en cas de réélection, selon des sources proches de l’exécutif.
La frilosité législative ne se limite pas à Brasília. Aux États-Unis, le sénateur républicain Rick Scott a dénoncé, dans une tribune publiée par Fox News, le rythme de travail du Sénat, qui n’a siégé que 79 jours depuis le début de l’année et n’a adopté aucune loi sur la sécurité électorale ou la réduction des dépenses. Cette critique, émanant d’un élu de la majorité, illustre une tendance observée dans plusieurs capitales des Amériques : à l’approche des élections, les parlementaires délaissent les sessions pour se consacrer à leur campagne, quitte à reporter les dossiers sensibles. En Colombie, le Congrès s’apprête à entamer une nouvelle législature le 20 juillet, avec plus de 100 projets de loi déjà annoncés, dont une cinquième réforme fiscale voulue par le président sortant Gustavo Petro, mais qui se heurte à une majorité défavorable depuis la victoire d’Abelardo de la Espriella à la présidentielle.
En Argentine, le Sénat a tenu sa dernière séance le 16 juillet, se limitant à l’approbation de nominations judiciaires et à une loi sur l’inviolabilité de la propriété privée, tandis que la Chambre des députés avait cessé ses travaux dès le 24 juin. Le gouvernement de Javier Milei, affaibli par le scandale entourant son porte-parole, espère un second semestre plus productif à partir d’août, avec l’examen du budget 2027, de la réforme électorale et de la nouvelle charte de la Banque centrale. Selon des sources parlementaires à Buenos Aires, l’exécutif compte sur un regain de popularité pour faire avancer ces textes, mais la dynamique restera tributaire des alliances partisanes et de la mobilisation des gouverneurs.
Ce ralentissement généralisé répond à une logique électorale commune : au Brésil, les conventions partisanes débutent le 20 juillet et la campagne officielle le 16 août, incitant députés et sénateurs à regagner leurs fiefs. En Colombie, la passation de pouvoir le 7 août entre Gustavo Petro et Abelardo de la Espriella ajoute une incertitude sur le sort des initiatives de l’administration sortante. En Argentine, l’année électorale de 2027 se profile déjà, avec des élections de mi-mandat qui pourraient redessiner les rapports de force. Dans tous les cas, la rentrée parlementaire s’annonce chargée, mais la fenêtre législative sera étroite avant les scrutins, laissant planer le doute sur la capacité des exécutifs à concrétiser leurs programmes.
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.80 | critical |
Le Congrès brésilien reporte les décisions difficiles, privilégiant le calendrier électoral.
Le report est présenté comme une pratique normale et inévitable, minimisant la responsabilité politique.
Le parallèle avec le Sénat américain, également critiqué pour sa faible productivité, n'est pas mentionné.
Le Sénat américain travaille trop peu et trahit les promesses faites aux électeurs.
La comparaison directe des jours de travail crée un sentiment d'injustice et d'urgence.
Aucune mention du Congrès brésilien, également en pause avec de nombreux projets en suspens.
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