
Lula raille Neymar, « premier convoqué en télétravail » du Mondial
La plaisanterie du président brésilien sur l’absence du joueur blessé ravive les tensions politiques et questionne la campagne du Brésil.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclenché une tempête médiatique, ce vendredi 19 juin, en qualifiant Neymar de « premier joueur convoqué en télétravail au monde », lors d’une visite à un hôpital de Belo Horizonte. Répondant à un enfant qui citait l’attaquant comme son idole, Lula a ironisé : « Neymar ne joue même pas ! » avant de reprendre une plaisanterie lue sur Internet. Il a ajouté, dans un éclat de rire général, qu’il faudrait peut-être un jour composer une sélection par intelligence artificielle avec « onze Pelé ». Le propos, qui se voulait bon enfant, intervenait après un éloge de la footballeuse Marta, six fois meilleure joueuse du monde, et dans le cadre d’un discours sur l’égalité des genres.
La boutade présidentielle souligne la situation délicate du numéro 10 de la Seleção. Blessé au mollet droit depuis le 17 mai, Neymar n’a pas disputé la moindre minute de ce Mondial 2026. Forfait pour le match d’ouverture contre le Maroc (1-1), il a également été laissé au repos à New Jersey pour la rencontre face à Haïti, ce même vendredi. Le staff de l’entraîneur Carlo Ancelotti, soucieux d’éviter toute rechute, espère pouvoir l’aligner lors du troisième match de poule contre l’Écosse, le 24 juin. En attendant, le Brésil, quintuple champion du monde, fait du surplace avec un seul point en deux rencontres.
Au-delà du sport, la pique de Lula ravive les clivages politiques. Neymar avait ouvertement soutenu l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro lors de la campagne de 2022. Ce dernier avait fait du maillot jaune un symbole de son mouvement. Sans surprise, les réactions n’ont pas tardé. Le sénateur Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien chef d’État et pré-candidat à la présidentielle, a publié une vidéo fustigeant un « but contre son camp » de Lula, qu’il a traité de « président touriste » dilapidant l’argent public. L’ex-gouverneur Romeu Zema a, quant à lui, appelé la première dame Janja à faire du « télétravail », manière de dénoncer ses déplacements. L’affaire illustre l’instrumentalisation du football dans une société polarisée, où la Seleção peine à redevenir un facteur d’unité.
La presse internationale, du monde arabe à l’Amérique latine, a largement relayé la « blague » présidentielle, y voyant un révélateur des interrogations sur la légitimité de la présence de Neymar. Le joueur de 34 ans, régulièrement blessé depuis sa rupture des ligaments du genou en 2023, incarne les doutes sur la capacité du Brésil à renouveler son jeu. Alors que le prochain match face à l’Écosse devient décisif pour la qualification en huitièmes de finale, le retour espéré de Neymar sur le terrain – et non plus en « télétravail » – pourrait apaiser temporairement les critiques, mais ne suffira peut-être pas à éteindre les flammes d’un débat qui dépasse les limites du rectangle vert.
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Lors d'un événement sur l'égalité des genres, Lula a plaisanté avec un enfant en qualifiant Neymar de 'premier joueur convoqué en télétravail au monde', reprenant un mème viral. La presse brésilienne souligne l'ironie du président, rappelant un précédent impair avec Ronaldo en 2006 et les tensions politiques liées au soutien de Neymar à Bolsonaro. L'épisode mêle football, politique et sarcasme.
Le président brésilien a plaisanté en disant que Neymar est le premier footballeur convoqué à travailler à distance pendant une Coupe du monde, alors qu'il se remet d'une blessure. L'information est rapportée de manière factuelle, sans allusion aux tensions politiques ni au contexte.
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