
Les Émirats arabes unis, pionniers arabes de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans
Le décret émirati, qui entrera en vigueur dans douze mois, s’inscrit dans un mouvement mondial de durcissement des règles de protection numérique des mineurs, de Londres à Kuala Lumpur.
Le Conseil des ministres des Émirats arabes unis a adopté une résolution interdisant l’accès des enfants de moins de 15 ans aux plateformes de réseaux sociaux, une première dans le monde arabe. Le texte, qui concerne tout service permettant la création de profils publics ou semi-publics et utilisant des algorithmes de recommandation, impose aux opérateurs une vérification effective de l’âge, sans possibilité de contournement par simple déclaration de date de naissance ou consentement parental. Les comptes existants des moins de 15 ans devront être détectés et désactivés, et les adolescents de 15 à 16 ans ne pourront y accéder qu’avec des restrictions renforcées : classification des contenus, limitation des interactions avec des inconnus, contrôle du temps d’utilisation et outils de supervision parentale.
Cette décision s’inscrit dans une tendance législative planétaire. Selon plusieurs sources gouvernementales et parlementaires, le Royaume-Uni prévoit de présenter avant la fin de l’année un projet de loi interdisant l’accès aux moins de 16 ans, avec des mesures complémentaires comme le blocage des flux en direct et des communications avec des inconnus, y compris sur les plateformes de jeux. L’Australie, précurseur depuis décembre 2025, a déjà restreint ou supprimé près de 4,7 millions de comptes de mineurs, bien que des études montrent que de nombreux adolescents contournent l’interdiction par de fausses déclarations ou en utilisant les profils de leurs aînés. En Europe, Paris envisage un seuil à 15 ans pour la rentrée prochaine, Madrid exige des mécanismes de vérification d’âge, Athènes et Vienne préparent des interdictions similaires, tandis que Copenhague autorise une dérogation parentale à partir de 13 ans. En Asie, la Malaisie a instauré en juin 2026 une interdiction pour les moins de 16 ans, et l’Indonésie limite l’accès aux plateformes dites « à haut risque » comme TikTok ou YouTube. Pékin, de son côté, maintient depuis 2021 un plafonnement à trois heures hebdomadaires de jeux vidéo pour les mineurs.
Le décret émirati fixe un cadre de responsabilité pour les entreprises technologiques, quel que soit leur lieu d’établissement. Les contrevenants s’exposent à des avertissements, des amendes administratives, voire un blocage total ou partiel de leurs services. L’Académie nationale pour le développement de l’enfance des Émirats a salué cette orientation, estimant que la protection numérique est désormais indissociable du bien-être de l’enfant et doit s’appuyer sur une coopération entre familles, éducateurs et plateformes. Au Maroc, des voix expertes s’élèvent pour réclamer une législation comparable : selon le Conseil économique, social et environnemental, 97 % des mineurs marocains utilisaient déjà les réseaux sociaux début 2024, alimentant des phénomènes décrits par le président de l’ONG Hatem, Mohammed Al-Awni, comme une érosion des valeurs et des risques sanitaires avérés.
Les opérateurs disposent de douze mois pour mettre leurs systèmes en conformité, un délai qui devrait permettre d’observer l’émergence de standards techniques communs, notamment en matière de vérification d’âge. Le débat reste toutefois marqué par les difficultés d’application constatées en Australie, qui pourraient limiter l’efficacité des dispositifs juridiques. Les prochaines étapes incluent le dépôt du projet de loi britannique, la discussion des propositions espagnole et danoise, et l’entrée en vigueur de l’interdiction grecque en janvier 2027.
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Les Émirats arabes unis ont interdit l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, laissant 12 mois aux plateformes pour adapter leurs systèmes.
Les autorités émiraties ont déployé un cadre complet de sécurité numérique pour les enfants, bien au-delà d'une simple interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, détaillant les obligations des plateformes en matière de vérification d'âge, de confidentialité des données et de ciblage publicitaire, et érigeant le bien-être des enfants en priorité nationale.
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