
Après l’accord, Blake Lively réclame 8 millions de dollars à Justin Baldoni pour ses frais de justice
La justice américaine a reconnu le droit de l’actrice à se faire rembourser ses frais d’avocat après le rejet de la plainte en diffamation de son collègue, mais le montant reste à trancher.
Le 30 juin, Blake Lively a déposé une requête devant le tribunal fédéral de Manhattan pour obtenir le remboursement de plus de 8 millions de dollars de frais juridiques engagés dans le conflit l’opposant à Justin Baldoni. Cette demande fait suite à une décision du juge Lewis J. Liman qui, en mai dernier, avait estimé que l’actrice pouvait prétendre au recouvrement de ses dépenses de justice en vertu d’une loi californienne protégeant les victimes de poursuites-bâillons. Le magistrat a donné à Baldoni et à sa société Wayfarer Studios jusqu’au 13 juillet pour contester le montant réclamé.
Selon les documents judiciaires consultés par plusieurs médias nord-américains, la somme exigée se décompose en près de 7,5 millions de dollars d’honoraires d’avocat et environ 540 000 dollars de frais annexes. Les cabinets Willkie Farr & Gallagher et Manatt, Phelps & Phillips, qui ont représenté Lively, détaillent des centaines d’heures de travail facturées à des taux horaires pouvant dépasser 2 000 dollars. L’équipe juridique de l’actrice affirme que ce travail était « exhaustif et nécessaire pour obtenir la victoire complète » et dénonce des « tactiques de terre brûlée » de la part de Baldoni, qui auraient contraint Lively à engager des dépenses considérables pour se défendre.
La bataille judiciaire trouve son origine dans le tournage du film « It Ends With Us » (Jamais plus, en français), sorti en 2024. Blake Lively avait accusé Justin Baldoni, réalisateur et co-vedette, de harcèlement sexuel et d’avoir orchestré une campagne de dénigrement après qu’elle eut exprimé ses griefs. Baldoni avait nié et intenté une contre-plainte en diffamation contre Lively et son époux Ryan Reynolds, réclamant 400 millions de dollars. Les deux actions ont été rejetées par le juge Liman, qui a notamment estimé que Lively, en tant que contractuelle indépendante, ne pouvait invoquer le statut de salariée pour ses accusations de harcèlement. Un accord à l’amiable est intervenu en mai, mettant fin au litige principal sans versement de dommages-intérêts, mais en laissant ouverte la question des frais de justice.
La loi californienne invoquée, la section 47.1 du Code civil, vise à empêcher les poursuites en diffamation abusives intentées en représailles à des signalements de harcèlement ou de discrimination. Elle prévoit que la partie qui obtient le rejet d’une telle plainte peut se faire rembourser ses frais d’avocat, sauf preuve de malveillance de sa part. Le juge Liman a considéré que Baldoni n’avait pas apporté d’éléments suffisants pour établir une telle malveillance, ouvrant ainsi la voie à la demande de remboursement.
La requête de Blake Lively relance l’attention médiatique sur ce dossier, déjà marqué par une couverture intense des deux côtés de l’Atlantique. La décision finale du juge sur le montant exact pourrait intervenir après le 13 juillet, une fois les arguments de Baldoni examinés. Au-delà de l’aspect financier, cette affaire est observée par les milieux juridiques américains comme un test de l’application de la loi californienne dans des litiges très médiatisés, susceptible d’influencer les stratégies de défense dans les conflits du monde du spectacle.
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