
Progrès à Doha et réouverture d’Ormuz stabilisent les cours du brut
Les discussions indirectes entre Washington et Téhéran progressent, tandis que le détroit d’Ormuz voit transiter de nouveau des superpétroliers, apaisant temporairement les marchés pétroliers.
Les cours du pétrole ont légèrement rebondi vendredi 3 juillet, le Brent s’établissant autour de 72,24 dollars le baril, dans un marché clairsemé avant le week-end prolongé de la fête nationale américaine. Ce sursaut intervient après trois séances de baisse consécutives, alimentées par l’annonce de « progrès positifs » dans les pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran, menés sous l’égide du Qatar. La perspective d’une normalisation des flux pétroliers via le détroit d’Ormuz, qui assurait un cinquième du trafic mondial avant le conflit, a ramené les prix à leurs plus bas niveaux depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran fin février.
La réouverture effective du détroit se traduit déjà par un retour rapide des approvisionnements. Selon des données de suivi maritime, l’Arabie saoudite a rétabli ses exportations à des niveaux proches de ceux d’avant-guerre, tandis que la production koweïtienne a bondi de 580 000 barils par jour en mai à 1,65 million en juin. Au moins cinq superpétroliers transportant 10 millions de barils de brut saoudien ont franchi le goulet, et la compagnie nationale Saudi Aramco a adopté une tarification au comptant pour accélérer ses ventes en Asie. Cette remise en route, conjuguée à des tirages continus sur les réserves stratégiques américaines, a fait basculer la structure à terme du marché en contango : le contrat à échéance rapprochée cote désormais en dessous des échéances plus lointaines, signalant une anticipation de surabondance.
Les grandes banques d’investissement ajustent leurs prévisions en conséquence. Les analystes de Citigroup, aux États-Unis, estiment que le Brent pourrait retomber à 60 dollars d’ici la fin 2026, jugeant que les fondamentaux – normalisation du transport maritime, absence des acheteurs chinois et affaiblissement du marché physique – reprennent le dessus. La banque suisse UBS a également révisé ses anticipations à la baisse, tout en soulignant un risque haussier lié au déséquilibre entre les tankers sortant du Golfe et ceux y entrant. Du côté des négociations, Doha a fait état d’avancées sur le mémorandum d’entente ayant mis fin aux hostilités en juin, et le président Trump a affirmé que l’Iran avait accepté « pratiquement tout » ce que réclamaient les États-Unis. La prochaine rencontre est prévue après les funérailles du guide suprême iranien, le 9 juillet.
Dans l’immédiat, l’attention des opérateurs se tourne vers la réunion de l’OPEP+ prévue ce dimanche 5 juillet. Les pays producteurs pourraient y entériner une nouvelle hausse de leurs objectifs de production à compter du mois d’août, ajoutant une pression supplémentaire sur des cours déjà orientés à la baisse. La prudence reste de mise : si la dynamique de désescalade se confirme, le marché pétrolier pourrait entrer dans une phase durable de détente, mais tout accroc dans la mise en œuvre des accords raviverait la prime de risque géopolitique.
| Presse du Golfe arabe | +0.20 | neutral |
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| Presse russe et CEI | +0.40 | aligned |
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.10 | neutral |
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