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Géopolitique et Politiquedimanche 28 juin 2026

Le chef de l'armée ougandaise fait taire NTV et le Daily Monitor

La fermeture des principaux médias indépendants ougandais par le général Muhoozi Kainerugaba fait écho aux défis judiciaires auxquels sont confrontés les journalistes ghanéens.

Dans la nuit du 27 au 28 juin, le général Muhoozi Kainerugaba, chef d'état-major de l'armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni, a ordonné la fermeture des locaux du groupe Nation Media Group (NMG) à Kampala. Des soldats ont été déployés, bloquant les entrées, tandis que les diffusions de la chaîne NTV Uganda et de Spark TV étaient interrompues et la publication du Daily Monitor suspendue. Sur le réseau social X, le général a déclaré : « Je ne crois pas à une presse libre ! La presse doit être guidée par les cadres de la révolution. » Il a revendiqué détenir depuis 2017 le pouvoir de fermer tout média, pouvoir qu'il affirme avoir reçu de son père.

Selon des organisations ougandaises de défense de la presse, cette opération fait suite à des enquêtes et reportages critiques envers les cercles dirigeants. L'Association nationale des radiodiffuseurs ougandais s'est dite « profondément préoccupée » par les conséquences sur l'écosystème médiatique. Des analystes de la région des Grands Lacs rappellent que le président Museveni, 81 ans, a prêté serment en janvier pour un septième mandat et que son fils, connu pour ses déclarations provocatrices, est présenté comme son successeur potentiel. Ce raid n'est pas sans précédent : en 2013, le Daily Monitor avait été fermé pendant dix jours après avoir publié une lettre sur un projet de succession, et en 2007, NTV avait été forcée de suspendre ses émissions pour sa couverture jugée négative.

Au Ghana, la liberté de la presse est également mise à l'épreuve, selon l'Association des journalistes ghanéens (GJA). Sa branche régionale du Centre a condamné l'agression présumée d'un producteur de la radio Obaatanpa à Kasoa et la fermeture temporaire de la station, incidents dans lesquels des responsables locaux du Congrès national démocratique (NDC) seraient impliqués. La GJA appelle la police à mener une enquête impartiale et rappelle l'article 162 de la Constitution ghanéenne, qui garantit l'indépendance éditoriale. Au niveau national, le secrétaire général Dominic Hlordze alerte sur la multiplication des poursuites en diffamation : plus de quinze affaires seraient en cours, selon lui, créant un fardeau financier dissuasif qui entrave le journalisme d'investigation.

Le cas du journaliste Larry Dogbey, rédacteur en chef du quotidien The Herald, condamné le 25 juin à sept jours de prison pour outrage à la cour par la Haute Cour d'Accra, illustre ces tensions. Des sources judiciaires ouest-africaines indiquent que les tribunaux peinent à concilier protection de la réputation et liberté d'informer. À Kampala, le groupe NMG se dit sous « siège militaire » et le général Muhoozi a prévenu que les médias visés ne rouvriront pas sans son autorisation personnelle. Le gouvernement ougandais n'a pas encore fourni de justification légale officielle. Au niveau international, Reporters sans frontières et d'autres organisations devraient suivre de près ces développements, alors que le débat sur les limites du droit de la presse s'intensifie sur le continent.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse africaine subsahariennePresse atlantique / anglosphère
Presse africaine subsaharienne
IndignationAlarme

Local media report the closure as a blatant attack on press freedom by the army chief, who is also the president's son. They highlight his public boast of having the power to shut any media house and his declaration that he does not believe in a free press. The narrative is one of outrage and concern for the future of independent journalism in Uganda.

Presse atlantique / anglosphère
PragmatismeScepticisme

Western outlets report the closure as a major escalation in Uganda's crackdown on independent media, noting the army chief's assertion of authority as de facto ruler. They frame the event as part of a broader pattern of repression, but maintain a factual tone, quoting official justifications and international reactions. The coverage emphasizes the strategic implications for media freedom in East Africa.

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dimanche 28 juin 2026

Le chef de l'armée ougandaise fait taire NTV et le Daily Monitor

La fermeture des principaux médias indépendants ougandais par le général Muhoozi Kainerugaba fait écho aux défis judiciaires auxquels sont confrontés les journalistes ghanéens.

Dans la nuit du 27 au 28 juin, le général Muhoozi Kainerugaba, chef d'état-major de l'armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni, a ordonné la fermeture des locaux du groupe Nation Media Group (NMG) à Kampala. Des soldats ont été déployés, bloquant les entrées, tandis que les diffusions de la chaîne NTV Uganda et de Spark TV étaient interrompues et la publication du Daily Monitor suspendue. Sur le réseau social X, le général a déclaré : « Je ne crois pas à une presse libre ! La presse doit être guidée par les cadres de la révolution. » Il a revendiqué détenir depuis 2017 le pouvoir de fermer tout média, pouvoir qu'il affirme avoir reçu de son père.\n\nSelon des organisations ougandaises de défense de la presse, cette opération fait suite à des enquêtes et reportages critiques envers les cercles dirigeants. L'Association nationale des radiodiffuseurs ougandais s'est dite « profondément préoccupée » par les conséquences sur l'écosystème médiatique. Des analystes de la région des Grands Lacs rappellent que le président Museveni, 81 ans, a prêté serment en janvier pour un septième mandat et que son fils, connu pour ses déclarations provocatrices, est présenté comme son successeur potentiel. Ce raid n'est pas sans précédent : en 2013, le Daily Monitor avait été fermé pendant dix jours après avoir publié une lettre sur un projet de succession, et en 2007, NTV avait été forcée de suspendre ses émissions pour sa couverture jugée négative.\n\nAu Ghana, la liberté de la presse est également mise à l'épreuve, selon l'Association des journalistes ghanéens (GJA). Sa branche régionale du Centre a condamné l'agression présumée d'un producteur de la radio Obaatanpa à Kasoa et la fermeture temporaire de la station, incidents dans lesquels des responsables locaux du Congrès national démocratique (NDC) seraient impliqués. La GJA appelle la police à mener une enquête impartiale et rappelle l'article 162 de la Constitution ghanéenne, qui garantit l'indépendance éditoriale. Au niveau national, le secrétaire général Dominic Hlordze alerte sur la multiplication des poursuites en diffamation : plus de quinze affaires seraient en cours, selon lui, créant un fardeau financier dissuasif qui entrave le journalisme d'investigation.\n\nLe cas du journaliste Larry Dogbey, rédacteur en chef du quotidien The Herald, condamné le 25 juin à sept jours de prison pour outrage à la cour par la Haute Cour d'Accra, illustre ces tensions. Des sources judiciaires ouest-africaines indiquent que les tribunaux peinent à concilier protection de la réputation et liberté d'informer. À Kampala, le groupe NMG se dit sous « siège militaire » et le général Muhoozi a prévenu que les médias visés ne rouvriront pas sans son autorisation personnelle. Le gouvernement ougandais n'a pas encore fourni de justification légale officielle. Au niveau international, Reporters sans frontières et d'autres organisations devraient suivre de près ces développements, alors que le débat sur les limites du droit de la presse s'intensifie sur le continent.

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Local media report the closure as a blatant attack on press freedom by the army chief, who is also the president's son. They highlight his public boast of having the power to shut any media house and his declaration that he does not believe in a free press. The narrative is one of outrage and concern for the future of independent journalism in Uganda.

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Western outlets report the closure as a major escalation in Uganda's crackdown on independent media, noting the army chief's assertion of authority as de facto ruler. They frame the event as part of a broader pattern of repression, but maintain a factual tone, quoting official justifications and international reactions. The coverage emphasizes the strategic implications for media freedom in East Africa.

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