
Wall Street enregistre des profits historiques, dopés par le trading et les fusions
JPMorgan, Goldman Sachs, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo ont tous dépassé les attentes au deuxième trimestre 2026, portés par une volatilité de marché exceptionnelle et le retour des grandes introductions en Bourse.
Les cinq plus grandes banques américaines ont publié des résultats trimestriels qui redessinent la carte de la finance mondiale. JPMorgan Chase a vu son bénéfice net bondir de 41 % pour atteindre 21,2 milliards de dollars, tandis que Goldman Sachs a presque doublé le sien (+78 %) à 6,6 milliards. Bank of America (+27 %), Citigroup (+45 %) et Wells Fargo (+17 %) ont également largement dépassé les prévisions des analystes. Cette performance d’ensemble, inédite depuis la décennie, s’explique avant tout par l’explosion des revenus de trading, en particulier sur les actions, où les commissions ont grimpé de 70 % à 86 % selon les établissements.
Ce dynamisme trouve sa source dans un cocktail de facteurs macroéconomiques et géopolitiques. La volatilité persistante liée aux tensions au Moyen-Orient et aux perturbations du détroit d’Ormuz a stimulé l’activité des salles de marché, tandis que l’engouement pour l’intelligence artificielle a soutenu les valorisations et les émissions d’actions. L’introduction en Bourse historique de SpaceX, pour laquelle JPMorgan était chef de file, a symbolisé le rebond du marché des IPO aux États-Unis. Parallèlement, les fusions-acquisitions ont franchi la barre des 3 000 milliards de dollars depuis janvier, générant des commissions records pour les banques d’investissement.
Les résultats révèlent toutefois des contrastes dans la solidité des modèles. Les revenus nets d’intérêts, indicateur clé de la rentabilité du crédit, n’ont progressé que modestement (de 4 % à 10 % selon les banques), tandis que les provisions pour pertes sur prêts ont diminué, signe d’une confiance dans la résilience des emprunteurs. Les observateurs européens notent que cette prudence contraste avec les discours des dirigeants : Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, a mis en garde contre les risques d’inflation persistante, de déficits publics et de prix d’actifs élevés, tout en relevant les prévisions de dépenses de la banque pour 2026.
La redistribution aux actionnaires a atteint des sommets : rachats d’actions massifs (3 milliards chez Wells Fargo, 6 milliards chez Bank of America) et hausses de dividendes, comme chez Goldman Sachs qui a porté le sien à 5 dollars par titre. Les marchés européens, attentifs à ces signaux, y voient un indicateur de la santé de l’économie américaine, mais aussi un possible effet d’entraînement sur les places financières du continent, où les grandes banques universelles pourraient bénéficier d’un regain d’activité sur les marchés de capitaux.
La prochaine échéance à surveiller sera la communication de la Réserve fédérale sur l’évolution des taux, alors que la hausse des cours du pétrole ravive les craintes inflationnistes. Les investisseurs scruteront également la capacité des banques à maîtriser leurs coûts, JPMorgan ayant déjà relevé son objectif de dépenses annuelles, et la durabilité de cette manne de trading dans un environnement géopolitique toujours incertain.
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Les faits sont clairs : les bénéfices ont augmenté de ces pourcentages. Toute interprétation est superflue.
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