
L’écran, ce miroir qui nous éloigne de nous-mêmes
Des parents absorbés par leur portable aux introvertis en quête de silence, les sociétés redécouvrent les dangers d’une vie numérique sans limites.
L’adolescent guettait l’approbation dans les yeux de son père, assis au premier rang du gymnase. Mais ce jour-là, le regard paternel ne quitta jamais l’écran de son smartphone. L’enfant, qui racontera plus tard sa déception à des chercheurs américains, n’est pas un cas isolé : une étude publiée dans Frontiers in Psychology a établi un lien entre l’usage excessif du téléphone par les parents et la fragilisation de l’estime de soi chez les jeunes de 12 à 17 ans. À Jakarta comme à Casablanca, la scène se répète, symptôme silencieux d’une époque où la connexion permanente dévore les moments de présence.
Partout, la saturation numérique grignote le temps de l’attention et du repos. Au Maroc, des psychologues alertent sur les heures infinies que les enfants, libérés de l’école, passent devant les jeux vidéo et les réseaux sociaux, tandis que leurs parents, happés par des obligations professionnelles, peinent à instaurer un cadre. En Indonésie, des optométristes notent une hausse des pathologies oculaires après 40 ans, aggravées par le diabète et l’hypertension, mais aussi par la lumière bleue des écrans qui perturbe le sommeil. La posture avachie, le cou ployé, le pouce qui défile sans fin : le corps garde la trace de ces heures immobiles. À Saint-Pétersbourg, des nutritionnistes conseillent des aliments « fonctionnels » pour contrer la fatigue chronique, tandis qu’au Brésil, les dermatologues observent une recrudescence hivernale des dermatites, attisées par l’air sec et les douches brûlantes – ces petits rituels que l’on prolonge pour échapper, justement, à la tyrannie des notifications.
Pourtant, derrière cette mélancolie numérique, un désir de retraite authentique se fait jour. En Indonésie, les psychologues décrivent les signaux muets des introvertis : le corps qui se détourne, le casque vissé aux oreilles, le besoin vital de solitude face à l’épuisement social. Ils décryptent aussi les postures de ceux qui, sans forcer le trait, inspirent confiance – un sourire qui plisse les yeux, un buste ouvert, une voix qui ne coupe pas la parole. Ces qualités, que d’aucuns attribuent à une intelligence émotionnelle élevée, passent souvent inaperçues dans le bruit des messageries instantanées. Une jeune créatrice de contenu, se présentant comme introvertie, propose une échappatoire : le point de croix, la peinture au diamant, le scrapbooking. Des activités manuelles qui exigent une concentration méditative, loin du scrolling passif que les cliniciens accusent de fragmenter la mémoire et d’éroder la patience. À Mexico comme à Kuala Lumpur, les ventes de kits de loisirs créatifs explosent, signe d’une aspiration à une présence plus dense.
Dans un salon de Surabaya, une femme achève une broderie commencée il y a trois semaines. Elle a cessé de consulter son téléphone avant de dormir ; elle marche trente minutes chaque matin, comme le recommandent les autorités sanitaires américaines, et prend son café face à la fenêtre, sans écran. Son geste précis, qui pique et tire le fil, dessine peu à peu un motif de fleur. La lumière de fin d’après-midi accroche les perles de rocaille. Dehors, la ville bourdonne de données ; ici, une toute petite surface de silence a repris ses droits.
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.60 | critical |
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
Solitude is a gift: those who learn to be alone rediscover themselves and their confidence.
By turning solitude into a positive choice through exemplary stories and practical advice, the narrative normalizes isolation as a personal growth strategy.
It omits the risks of digital isolation and the physiological causes of stress, which are central in other blocs.
Children are at risk: excessive screen use during holidays creates addiction and isolates them from real life.
The danger of technology use is generalized by associating it with serious psychological consequences, using alarmist language and exemplary cases.
It omits the potential benefits of solitude and nutritional solutions for stress.
Chronic fatigue is fought at the table: by correcting diet, one recovers energy without needing to isolate.
The psychological problem is reduced to a physiological issue, delegitimizing existential or introspective approaches.
It omits the psychological and social dimensions of the pursuit of perfection and the risks of isolation.
Élargis ton regard
Décès du sénateur Lindsey Graham : un vide pour la majorité républicaine et la ligne dure
8 langues · 42 sources
Depuis Economy & MarketsCrédit, démographie, régulation : les ressorts du logement mondial
4 langues · 6 sources
Depuis TechnologyOpenAI lance ChatGPT Work et met fin à Atlas, recentrage sur l’agent autonome
7 langues · 7 sources