
La justice américaine suspend l’escorte obligatoire des journalistes du New York Times au Pentagone
Un juge fédéral a estimé que cette mesure violait le premier amendement, relançant le conflit entre l’administration Trump et la presse.
Un juge fédéral de Washington, Paul L. Friedman, a ordonné mardi la suspension temporaire de l’obligation faite aux journalistes du New York Times d’être accompagnés par une escorte officielle au sein du Pentagone. Dans sa décision préliminaire, le magistrat a estimé que cette politique, instaurée en mars, violait le premier amendement de la Constitution américaine. L’injonction ne s’applique toutefois qu’au quotidien new-yorkais, sans préciser si d’autres organes de presse pourront en bénéficier.
La rédaction du New York Times a salué un jugement « bien fondé » qui réaffirme les droits de la presse à couvrir les activités du département de la Défense sans entraves. À l’inverse, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a exprimé un « profond désaccord », affirmant que cette décision supprime des mesures de sécurité raisonnables et facilitera l’accès d’informations sensibles à des puissances adverses. Le département a annoncé son intention de faire appel.
Cette nouvelle étape judiciaire s’inscrit dans un contentieux plus large. Dès décembre, le Times avait contesté des restrictions imposées par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, visant à limiter l’accès des médias au bâtiment. Après qu’un premier jugement eut invalidé ces règles, le Pentagone avait introduit en mars l’obligation d’escorte, mesure que la cour d’appel avait temporairement autorisée. Le quotidien a déposé une seconde plainte en mai, spécifiquement contre cette exigence. Depuis octobre, le Times et d’autres rédactions couvrent l’armée américaine depuis l’extérieur du Pentagone, ayant refusé de se plier aux nouvelles conditions ; un nouveau pool de presse, agréé par le département, occupe désormais les locaux.
Au-delà des États-Unis, ce bras de fer est observé avec attention dans d’autres démocraties. Des médias argentins ont ainsi relevé des similitudes avec les restrictions d’accès imposées à la Casa Rosada, où des journalistes sont escortés et menacés de sanctions. Selon des analyses relayées en Amérique latine, la décision du juge Friedman rappelle la centralité du premier amendement dans la protection de la liberté d’informer, alors que les procédures d’appel se poursuivent et que l’issue définitive du litige demeure incertaine.
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