
UE : un « super mardi » pour l’élargissement, l’Ukraine ouvre un deuxième chapitre de négociations
Bruxelles a ouvert le volet « relations extérieures » des pourparlers d’adhésion avec Kiev et Chișinău, tandis que le Monténégro et l’Albanie consolident leur avance, dans un processus perçu comme un investissement stratégique pour la sécurité du continent.
Le 14 juillet 2026, l’Union européenne a tenu quatre conférences intergouvernementales en une seule journée, une première depuis plus de vingt ans, marquant une accélération notable du processus d’élargissement. L’Ukraine et la Moldavie ont ouvert le « cluster 6 » consacré aux relations extérieures, à la sécurité et à la défense, deuxième volet de négociations après celui sur les fondamentaux de l’État de droit. Parallèlement, le Monténégro a clôturé deux nouveaux chapitres, portant à dix-huit le nombre de dossiers bouclés sur trente-trois, tandis que l’Albanie a également finalisé plusieurs sections. La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, a qualifié cette journée de « super mardi », soulignant l’engagement des Vingt-Sept en faveur d’une intégration progressive des pays candidats.
Selon la présidence irlandaise du Conseil de l’UE, l’ouverture de ce deuxième cluster avec Kiev constitue une « étape importante » qui démontre la détermination de l’Union à investir dans la paix, la sécurité et la stabilité du continent. Les institutions européennes insistent sur le caractère fondé sur le mérite de la procédure : chaque avancée est conditionnée à l’alignement législatif et à la mise en œuvre de réformes structurelles, en particulier dans les domaines de la justice et de la lutte contre la corruption. La commissaire Kos a par ailleurs affirmé que « l’architecture de sécurité future de notre continent est inimaginable sans l’Ukraine », reflétant la position de nombreuses capitales européennes qui perçoivent l’adhésion de Kiev et de Chișinău comme un rempart face à l’influence de Moscou. Le déblocage du processus, longtemps entravé par le veto hongrois, a été rendu possible après le départ du premier ministre Viktor Orbán, rétablissant l’unanimité requise à chaque étape.
Du côté des pays candidats, le vice-premier ministre ukrainien Taras Kachka a réaffirmé l’objectif de finaliser l’adoption et la mise en œuvre de toute la législation nécessaire d’ici la fin 2027, estimant que l’Ukraine ne part pas de zéro grâce à l’accord d’association déjà en vigueur. Il a qualifié l’ouverture des clusters de « phase finale des négociations », tout en reconnaissant que le rythme dépendra de l’unité des États membres. La Moldavie, qui a déposé sa candidature en même temps que l’Ukraine en 2022, avance au même rythme, tandis que le Monténégro, considéré comme le « frontrunner », espère devenir le vingt-huitième État membre d’ici 2028. L’Albanie, de son côté, a salué un « moment charnière » avec la clôture de ses premiers chapitres.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique redéfini par l’invasion russe de l’Ukraine. Selon les chancelleries européennes, l’intégration de Kiev et de Chișinău vise à les soustraire à l’orbite de Moscou et à consolider un espace de sécurité commun, comme l’illustre la récente coalition antibalistique associant neuf États membres, le Royaume-Uni et l’Ukraine. La méthodologie de négociation, révisée en 2020, répartit trente-trois chapitres en six clusters thématiques, dont l’ouverture et la clôture exigent l’unanimité des Vingt-Sept. Une fois tous les chapitres fermés, la Commission émettra un avis, un traité d’adhésion sera rédigé, approuvé par le Conseil et le Parlement, puis ratifié par chaque État membre. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des candidats à maintenir les réformes et de la volonté politique des capitales européennes.
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L'Europe célèbre une étape historique vers l'élargissement, accélérant l'intégration de l'Ukraine et d'autres pays.
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