
L'ONU suspend l'évacuation du détroit d'Ormuz après une attaque attribuée à l'Iran
L'Organisation maritime internationale a interrompu son opération d'évacuation des navires bloqués dans le Golfe, au lendemain d'une frappe contre un cargo singapourien imputée aux Gardiens de la révolution par Washington.
L'Organisation maritime internationale (OMI) a annoncé jeudi 25 juin la suspension temporaire de son plan d'évacuation de plus de 11 000 marins et de centaines de navires immobilisés dans le golfe Persique. Cette décision fait suite à l'attaque, quelques heures plus tôt, du porte-conteneurs Ever Lovely, battant pavillon singapourien, par un « projectile inconnu » au large de la côte omanaise, dans le golfe d'Oman. Selon des responsables américains cités par plusieurs médias, la frappe a été menée par la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Le navire, qui ne participait pas au dispositif d'évacuation onusien, a subi des dommages sur sa passerelle sans faire de victimes, d'après l'agence britannique UKMTO.
Les positions des parties se sont immédiatement durcies. Téhéran, par la voix du CGRI et de l'Autorité du détroit du golfe Persique, a averti que seuls les itinéraires désignés par l'Iran garantissaient un passage sûr, qualifiant d'« inacceptable et extrêmement dangereux » le corridor temporaire annoncé plus tôt par Oman en coordination avec l'OMI. L'Iran a précisé que les navires empruntant d'autres routes ne bénéficieraient d'aucune couverture d'assurance ni de garantie de sécurité. De son côté, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a déclaré que si l'Iran menaçait ou bloquait des navires, « nous aurons un problème », réaffirmant que le détroit est une voie d'eau internationale ne pouvant être soumise à des péages.
L'incident fragilise le mémorandum d'entente signé le 17 juin entre Washington et Téhéran, qui prévoit un passage gratuit et sécurisé des navires pendant soixante jours, le temps de négocier un accord de paix définitif. La reprise du trafic, bien qu'encore très inférieure aux niveaux d'avant-guerre, avait permis une détente sur les marchés pétroliers ; le baril est brièvement repassé sous les 73 dollars. L'attaque a ravivé les craintes d'une perturbation prolongée des approvisionnements énergétiques mondiaux, le détroit d'Ormuz assurant habituellement le transit d'environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié de la planète.
Depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran le 28 février, le détroit a été de facto fermé par Téhéran, qui y a mouillé des mines et imposé un contrôle strict des passages. Des centaines de navires et plus de 20 000 marins se sont retrouvés piégés en amont du goulet. L'initiative d'évacuation de l'OMI, lancée le 23 juin en coopération avec l'Iran, Oman, les États-Unis et les autres États riverains, devait permettre une sortie progressive par deux corridors, l'un longeant la côte iranienne, l'autre la côte omanaise. La suspension de cette opération illustre la persistance des désaccords sur la gestion future du détroit, que l'Iran entend soumettre à des « frais de service maritime » une fois la période de gratuité expirée, une prétention rejetée par les capitales occidentales.
Le dossier reste dans l'attente de clarifications. Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a indiqué que l'évacuation ne reprendrait qu'une fois les garanties de sécurité confirmées. Les discussions entre Oman et l'Iran sur une administration conjointe du détroit, prévues par le mémorandum, n'ont pas encore abouti. Parallèlement, la reprise des combats entre Israël et le Hezbollah au Liban fait peser un risque supplémentaire sur la trêve régionale. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des parties à concilier l'exigence iranienne de souveraineté sur le corridor maritime et le principe de liberté de navigation défendu par Washington et ses alliés.
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L'attaque d'un cargo au large d'Oman, attribuée par des responsables américains aux Gardiens de la révolution iraniens, a contraint l'ONU à suspendre l'évacuation du détroit d'Ormuz. Le navire a été touché sur son flanc tribord par un projectile à seulement 7,5 milles nautiques de la côte. L'incident s'inscrit dans la guerre en cours avec l'Iran, qui depuis février bloque des centaines de navires et des milliers de marins, et l'agence maritime internationale a interrompu le couloir humanitaire, suscitant une vive inquiétude pour la sécurité.
L'Organisation maritime internationale a suspendu l'évacuation du détroit d'Ormuz après l'attaque d'un navire dans le golfe d'Oman. Lancée le 23 juin en coopération avec l'Iran, Oman, les États-Unis et d'autres pays, l'opération avait déjà permis d'évacuer plusieurs navires. Le navire attaqué suivait l'itinéraire d'évacuation ; selon l'ONU, environ 11 000 marins restent à bord des navires en attente dans la zone.
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