
Trump bloque une loi sur le logement pour imposer sa réforme électorale
Le président américain a annulé la signature d’un texte bipartisan sur le logement, exigeant au préalable l’adoption du SAVE America Act, un projet de restrictions du vote bloqué au Sénat.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annulé le 24 juin la cérémonie de promulgation d’une loi sur l’accès au logement, pourtant adoptée à de très larges majorités par les deux chambres du Congrès. Selon la presse nord-américaine, il conditionne désormais sa signature à l’adoption préalable du SAVE America Act, un texte qui imposerait une preuve de citoyenneté pour l’inscription sur les listes électorales, une pièce d’identité avec photo pour voter, et restreindrait le vote par correspondance. La Maison-Blanche justifie ce blocage en invoquant un « état d’urgence nationale », tandis que les élus conservateurs de la Chambre des représentants, emmenés par la représentante Anna Paulina Luna, ont paralysé les travaux de l’assemblée jusqu’à ce que le Sénat se saisisse du projet.
Du côté du Sénat, le chef de la majorité républicaine, John Thune, a répété à plusieurs reprises que le SAVE Act ne disposait pas des soixante voix nécessaires pour surmonter l’obstruction procédurale. D’après des sources parlementaires relayées par les médias américains, plusieurs sénateurs républicains modérés, comme Lisa Murkowski (Alaska), jugent cette stratégie contre-productive pour l’agenda présidentiel. Les démocrates, par la voix de la sénatrice Elizabeth Warren, dénoncent une « prise en otage » des familles américaines et un détournement d’un texte destiné à répondre à la crise du logement, dans un contexte où les prix de l’immobilier ont augmenté de 54 % depuis 2020 selon le centre d’études sur le logement de l’université Harvard.
La loi sur le logement, intitulée « 21st Century ROAD to Housing Act », visait à accroître l’offre de logements abordables en assouplissant les règles de construction et en limitant les acquisitions par les grands fonds d’investissement. Adoptée par 85 voix contre 5 au Sénat et 358 contre 32 à la Chambre, elle constituait l’une des rares avancées législatives bipartisanes du mandat. Selon des analystes européens, ce blocage illustre une dynamique de paralysie institutionnelle où l’exécutif utilise des textes populaires comme levier pour des mesures clivantes, au risque d’accentuer les divisions au sein du Parti républicain à quelques mois des élections de mi-mandat.
La situation s’est encore tendue lors d’un déjeuner entre le président et les sénateurs républicains, où Donald Trump a pris à partie les élus ayant voté la veille une résolution symbolique visant à limiter ses pouvoirs militaires en Iran. Selon des comptes rendus de la presse américaine, le sénateur Bill Cassidy (Louisiane) a confronté le président sur l’absence de stratégie claire dans ce conflit, provoquant un échange qualifié de « houleux » par des témoins. Le Sénat a ensuite rejeté une seconde résolution similaire, sans toutefois annuler le vote précédent.
Le Sénat étant entré en pause jusqu’au 13 juillet, aucun déblocage n’est attendu à court terme. La Constitution américaine prévoit qu’un projet de loi devient automatiquement loi si le président ne le signe pas dans les dix jours suivant son adoption, tant que le Congrès reste en session. La date butoir pour le texte sur le logement est donc fixée au 4 juillet, mais l’obstruction à la Chambre pourrait perturber le calendrier parlementaire. Une rencontre entre Donald Trump et le président de la Chambre, Mike Johnson, était prévue ce jeudi pour tenter de sortir de l’impasse.
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Trump prend en otage un projet de loi bipartisan sur le logement pour imposer ses restrictions électorales controversées, plongeant l'agenda législatif dans le chaos et prenant ses propres alliés de court. La Maison Blanche sombre dans le dysfonctionnement, le président faisant passer son obsession pour la suppression des électeurs avant les besoins des familles laborieuses. Cette crise auto-infligée révèle un Parti républicain prisonnier des caprices présidentiels.
Trump déclenche une lutte de pouvoir en faisant chanter son propre parti : il refuse de signer une loi sur le logement largement soutenue pour extorquer un appui à sa réforme électorale. L'affrontement avec les sénateurs républicains révèle des tensions profondes et la volonté du président de saboter des succès bipartisans par calcul politique personnel. L'épisode signale une escalade dans la stratégie présidentielle d'utiliser tous les leviers législatifs pour imposer son agenda.
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