
Washington notifie le Congrès d’une vente de moteurs à la Turquie avant le sommet de l’OTAN
L’administration Trump contourne les réticences parlementaires pour fournir des réacteurs au chasseur KAAN, ravivant le débat sur les F-35 et les S-400.
L’exécutif américain a officiellement informé le Congrès, le 4 juillet, de son intention de vendre à la Turquie des moteurs à réaction F-110 pour un montant supérieur à 700 millions de dollars, selon des sources proches du dossier citées par Reuters et confirmées par plusieurs médias internationaux. Cette notification, qui intervient à quelques semaines du sommet de l’OTAN prévu à Ankara, vise à équiper le programme d’avion de combat indigène KAAN, développé par Turkish Aerospace Industries. D’après les déclarations de responsables turcs, la livraison de ces moteurs est indispensable à la poursuite du projet, suspendu depuis l’imposition de sanctions américaines en 2020.
Au Congrès, l’initiative se heurte à une opposition frontale de plusieurs élus démocrates. Le représentant Gregory Meeks, membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre, a accusé l’administration d’avoir contourné l’examen parlementaire sans invoquer d’autorité d’urgence ni fournir de justification écrite. Son collègue Chris Pappas a, pour sa part, réaffirmé qu’« aucune livraison de F-35 ne doit être accordée à la Turquie » tant qu’Ankara conserve le système de défense aérienne russe S-400. Ces prises de position s’appuient sur la loi CAATSA, qui sanctionne l’agence turque d’acquisition de défense (SSB) depuis l’achat des S-400 en 2017, et dont les restrictions continuent de bloquer les licences d’exportation de technologies militaires sensibles.
Du côté de la Maison-Blanche, le président Trump a laissé entendre, lors d’un échange avec le secrétaire général de l’OTAN, qu’il pourrait « faire quelque chose qui rendra [le président Erdoğan] très heureux », évoquant même une possible avancée sur le dossier des chasseurs furtifs F-35. Le vice-président J. D. Vance a toutefois précisé que le Pentagone examinait si la Turquie remplissait les critères légaux pour réintégrer le programme, condition sine qua non à toute transaction. Selon des analystes à Washington, cette séquence illustre une diplomatie personnalisée qui, si elle permet de dégeler ponctuellement les relations bilatérales, ne lève pas les obstacles structurels liés à la présence du système antiaérien russe sur le sol d’un allié de l’Alliance atlantique.
Pour Ankara, le moteur F-110 représente bien plus qu’un composant technique : il s’agit de relancer un projet de souveraineté industrielle destiné à réduire la dépendance envers les flottes vieillissantes de F-16. Les milieux de défense turcs soulignent que le KAAN, dont le premier vol est attendu dans les prochaines années, incarne la volonté d’émancipation stratégique du pays. Dans les capitales européennes, cette perspective suscite des interrogations sur la cohésion de l’OTAN, alors même que le sommet d’Ankara doit réaffirmer l’unité de l’Alliance face aux défis de sécurité communs. Le dossier reste néanmoins soumis au calendrier législatif américain : le Congrès dispose de quinze jours pour introduire une résolution conjointe de désapprobation, laquelle devrait être adoptée par les deux chambres et pourrait faire l’objet d’un veto présidentiel.
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L'administration Trump pousse à la vente de moteurs d'avion à la Turquie pour plus de 700 millions de dollars, malgré l'opposition du Congrès et les sanctions en vigueur. Ce geste vise à renforcer les liens avant le sommet de l'OTAN, mais les législateurs restent sceptiques quant à récompenser Ankara après sa coopération militaire avec la Russie. La Maison Blanche évoque une possible avancée sur les F-35, sans décision finale pour l'instant.
Trump débloque la fourniture de moteurs à la Turquie dans un geste calculé avant le sommet de l'OTAN, mais ce geste rappelle le syndrome de 1979 et les dangereux jeux d'équilibriste d'Erdogan. Le président turc est loué malgré ses flirts avec l'Iran, tandis que l'alliance atlantique observe avec ironie et inquiétude. Le vrai match se jouera à Ankara, entre accolades et calculs géopolitiques.
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