
Détroit d’Ormuz : Téhéran impose un régime d’autorisation préalable tout en suspendant les taxes
L’Autorité iranienne du détroit exige des demandes de transit 48 heures à l’avance et se réserve le droit d’instaurer des primes d’assurance obligatoires, dans le cadre fragile du mémorandum avec Washington.
L’Autorité du détroit du golfe Persique (PGSA), organisme iranien créé durant le conflit et sous sanctions américaines, a publié vendredi 19 juin les nouvelles procédures de transit par le détroit d’Ormuz. Tout navire marchand devra désormais soumettre une demande officielle via les canaux exclusifs de la PGSA au moins 48 heures avant son arrivée, coordonner sa route et son calendrier de passage en raison des zones encore minées, et se conformer à un corridor imposé longeant la côte iranienne. Pour la durée de 60 jours prévue par le mémorandum d’entente signé entre Téhéran et Washington, les taxes de sécurité, de protection environnementale et les primes d’assurance liées au transit ne seront pas perçues, leur coût étant pris en charge par le gouvernement iranien. La PGSA précise toutefois qu’elle se réserve le droit d’introduire ultérieurement des tarifs d’assurance obligatoires, dont le montant serait fixé par l’assureur désigné, et que tout manquement aux exigences relèvera de la seule responsabilité des armateurs.
Cette annonce intervient alors que le mémorandum de 14 points, paraphé électroniquement le 17 juin par les présidents Donald Trump et Massoud Pezeshkian sous médiation pakistanaise, prévoit la réouverture progressive du détroit, la levée du blocus naval américain contre les ports iraniens et un cessez-le-feu permanent sur tous les fronts, y compris au Liban. Selon des sources diplomatiques occidentales, les alliés des États-Unis, emmenés par le Royaume-Uni, exercent une pression intense sur l’administration Trump pour qu’elle ne normalise pas la prétention iranienne à imposer des péages, y voyant une violation du droit maritime international et un précédent dangereux pour d’autres voies navigables stratégiques. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait auparavant qualifié la PGSA de « plaisanterie » et mis en garde les acteurs du secteur contre toute coopération avec ce système.
La mise en œuvre du volet maritime reste tributaire d’un environnement sécuritaire dégradé. Le déminage du chenal central, que Téhéran s’est engagé à achever sous 30 jours, n’est pas terminé ; la marine pakistanaise a signalé la présence d’une mine près de la côte omanaise, rendant la route alternative non iranienne tout aussi risquée. Les flux pétroliers visibles ont fortement diminué vendredi, après un pic de trafic enregistré dans les heures ayant suivi la signature de l’accord. Parallèlement, l’Iran a réussi à faire sortir du port de Chabahar, sur le golfe d’Oman, des millions de barils de brut jusque-là bloqués par les sanctions, souvent avec des transpondeurs éteints, illustrant la persistance de circuits opaques.
Sur le plan politique, la reprise des négociations techniques prévues ce vendredi en Suisse a été suspendue. D’après un diplomate cité par la chaîne CNN, Téhéran exige des garanties américaines sur l’arrêt des attaques israéliennes au Liban avant de revenir à la table, condition que le mémorandum stipule pourtant. Les médiateurs pakistanais et qataris s’efforcent de résoudre ce blocage, tandis que la cérémonie officielle de signature à Genève a été annulée, le document ayant déjà été entériné à distance. Le calendrier de 60 jours, qui doit mener à un accord définitif sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions internationales, se trouve ainsi fragilisé dès son entame par la poursuite des frappes israéliennes au sud du Liban et par l’incertitude juridique que fait peser le régime de transit imposé par Téhéran sur la liberté de navigation dans l’un des goulets les plus vitaux du commerce énergétique mondial.
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L'Iran suspend les péages du détroit d'Ormuz pendant 60 jours dans le cadre des négociations de paix. Jeudi, 25 navires commerciaux ont traversé le détroit, le chiffre le plus élevé depuis la mi-avril. Les navires doivent soumettre une demande de transit 48 heures à l'avance et coordonner les itinéraires et les horaires en raison des zones minées.
L'Iran se prépare à introduire des péages maritimes dans le détroit d'Ormuz après une fenêtre de négociation de 60 jours, revendiquant une victoire historique sur les États-Unis. Téhéran a déclaré que la voie navigable stratégique reste sous son contrôle et s'oppose à toute présence internationale. La suspension temporaire des frais n'est qu'une pause avant un avenir payant.
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