
L'inflation brésilienne surprend à la baisse et relance les espoirs de baisse des taux
L'indice IPCA de juin, à 0,16 %, a provoqué un bond de la Bourse de São Paulo et un recul du dollar, renforçant les anticipations d'un assouplissement monétaire en août.
La publication, vendredi 10 juillet, de l'indice des prix à la consommation brésilien (IPCA) pour le mois de juin a créé la surprise : à 0,16 % en variation mensuelle, il s'est établi très en deçà des prévisions des économistes (0,31 %). En glissement annuel, l'inflation reflue à 4,64 %, se rapprochant du plafond de la cible officielle (4,5 %). Cette décélération inattendue a immédiatement électrisé les marchés : l'indice Ibovespa de la Bourse de São Paulo a clôturé en hausse de 2,97 %, à son plus haut niveau depuis la mi-mai, tandis que le real s'appréciait face au dollar, repassant sous les 5,11 réaux pour un billet vert.
Ce reflux des prix, tiré par la baisse des produits alimentaires (-0,24 %) et le ralentissement des biens industriels et des services, a conforté le scénario d'une nouvelle détente monétaire. Les contrats à terme sur les taux d'intérêt ont enregistré des replis marqués, la probabilité implicite d'une baisse du taux Selic de 25 points de base lors de la réunion du Comité de politique monétaire (Copom) des 4 et 5 août dépassant désormais 80 %, contre moins de 30 % trois semaines plus tôt. Pour les économistes brésiliens, ce chiffre offre une bouffée d'oxygène à la banque centrale, mais la prudence reste de mise : l'inflation annuelle demeure au-dessus de la cible, et des risques pèsent sur les mois à venir, qu'il s'agisse de l'impact du phénomène climatique El Niño sur les récoltes, de la volatilité des cours du pétrole ou des mesures de relance budgétaire du gouvernement Lula.
L'embellie boursière a été générale : 77 des 78 titres de l'Ibovespa ont progressé, les investisseurs anticipant une amélioration des conditions de financement des entreprises. Le marché obligataire a également salué la nouvelle, les rendements des emprunts d'État à long terme se détendant sensiblement. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte international marqué par la persistance des tensions entre les États-Unis et l'Iran, qui ont ravivé les craintes sur l'approvisionnement pétrolier via le détroit d'Ormuz. Si le baril de Brent a cédé 0,38 % vendredi, à 76 dollars, il accumule une hausse hebdomadaire de plus de 5 %, rappelant la fragilité de l'équilibre énergétique mondial. En Asie, les places indiennes ont terminé la semaine en légère baisse, mais un rebond des valeurs technologiques a permis au Sensex de gagner 1,1 % vendredi, tandis que l'indice indonésien IHSG progressait de 0,83 % sur la semaine.
La prochaine réunion du Copom, début août, constituera le test décisif de ce regain d'optimisme. D'ici là, les données d'activité et d'inflation de juillet seront scrutées avec attention, de même que l'évolution du dossier iranien, dont un éventuel embrasement pourrait compromettre la trajectoire désinflationniste brésilienne.
Élargis ton regard
Le 14 juillet de Macron : parade militaire et « réveil stratégique européen » face à la Russie
10 langues · 32 sources
Depuis TechnologyUn astronaute américain d’origine indienne s’envole vers l’ISS à bord d’un Soyouz russe
5 langues · 10 sources
Depuis Science & HealthDu sucre interstellaire aux fossiles mous : une moisson de découvertes redessine l’histoire du vivant
4 langues · 7 sources