
L'ASEAN exige la libre circulation dans les détroits face à la guerre américano-iranienne
Réunis à Manille, les ministres de l'ASEAN appellent à un passage sans entrave dans le détroit d'Ormuz et à la retenue en mer de Chine méridionale, sur fond de conflit au Moyen-Orient.
Le Forum régional de l'ASEAN, qui s'est tenu jeudi à Manille, a été dominé par les conséquences de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, poussant les pays d'Asie du Sud-Est à adopter un langage inédit sur la liberté de navigation. Selon un projet de communiqué consulté par l'AFP, les ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) réclament un passage « sans entrave » dans le détroit d'Ormuz et défendent explicitement « la liberté de navigation et de survol au-dessus des détroits ». Cette formulation, jamais employée auparavant, répond au blocus iranien qui étrangle les approvisionnements énergétiques de la région, dont les économies dépendent lourdement du pétrole moyen-oriental.
La position américaine, portée par le secrétaire d'État Marco Rubio, a mis en garde contre un « précédent dangereux » que constituerait le contrôle iranien du détroit, tout en réaffirmant la préférence de Washington pour une solution diplomatique. Selon les déclarations rapportées par Reuters, M. Rubio a également tenu à rassurer les alliés asiatiques : le rapprochement avec Pékin, évoqué après sa rencontre avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, ne se fera pas « au détriment de nos alliés et de notre présence dans la région ». En marge du forum, un entretien d'une heure avec son homologue russe Sergueï Lavrov a permis d'aborder la guerre en Ukraine ; Moscou a réaffirmé sa disposition à un règlement politique et diplomatique, tandis que Washington a souligné « la nécessité de mettre fin à la guerre ».
Les tensions en mer de Chine méridionale ont constitué l'autre foyer de crispation. Deux incidents en quatre jours ont opposé les garde-côtes chinois à des navires philippins près du récif de Scarborough et d'un haut-fond contesté. Pékin dénonce des « actions provocatrices », Manille déplore l'usage de canons à eau contre une mission humanitaire. L'ambassadeur de Chine à Manille a toutefois assuré que ces heurts n'affecteraient pas les négociations en cours sur un code de conduite dans cette voie maritime cruciale, tout en précisant que le futur texte se concentrerait sur les « règles d'engagement » et non sur les différends territoriaux bilatéraux. Les capitales asiatiques, notamment Kuala Lumpur, estiment qu'un accord pourrait être finalisé d'ici le sommet des dirigeants de l'ASEAN prévu en novembre.
Pour les pays de l'ASEAN, l'urgence est double : contenir une crise énergétique qui a déjà conduit les Philippines à déclarer l'état d'urgence nationale, et préserver la stabilité d'une région traversée par les détroits de Malacca et de Singapour, parmi les plus fréquentés du monde. Le projet de communiqué évoque la coopération énergétique sans annoncer d'avancée concrète sur les projets de réseau régional ou de partage de carburant. Les observateurs européens présents au forum notent que la crédibilité d'un futur code de conduite dépendra de sa capacité à encadrer effectivement les comportements, alors que Pékin continue de revendiquer la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, en dépit de la sentence arbitrale de 2016. Le dossier reste ouvert, les prochaines étapes étant la finalisation du code d'ici la fin de l'année et le sommet de Manille en novembre.
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.10 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | −0.30 | critical |
L'ASEAN universalise le principe de la liberté de navigation comme un bien commun, sans prendre parti.
En présentant la liberté de navigation comme un principe universel plutôt que comme une demande contre un acteur spécifique, l'ASEAN évite d'accuser directement l'Iran ou les États-Unis, maintenant une position de médiateur.
L'ASEAN omet de mentionner explicitement l'Iran comme une menace pour la navigation, ce que d'autres blocs font, afin de ne pas compromettre sa neutralité.
Les États-Unis rassurent leurs alliés asiatiques qu'ils ne les abandonnent pas, tout en s'engageant avec la Chine pour gérer la crise.
En présentant la coopération américano-chinoise comme complémentaire aux engagements alliés, le bloc minimise toute tension entre les deux voies et présente les États-Unis comme un leader fiable.
Le bloc omet toute critique des actions américaines qui auraient pu aggraver le conflit avec l'Iran, se concentrant plutôt sur la menace posée par l'Iran.
Les États du Golfe avertissent que le contrôle iranien du détroit d'Ormuz créerait un précédent dangereux, et ils soutiennent l'appel de l'ASEAN pour un passage sans entrave.
En citant l'avertissement américain et en présentant l'Iran comme la menace principale, le bloc crée une hiérarchie des menaces qui justifie l'appel à des détroits ouverts et s'aligne sur les intérêts de sécurité américains.
Le bloc omet toute mention du rôle des États-Unis dans le conflit ou de la possibilité que les actions américaines aient provoqué la crise, se concentrant uniquement sur l'agression iranienne.
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