
Accord Israël-Liban : raids israéliens et rejet du Hezbollah fragilisent le processus de paix
Signé à Washington, le texte conditionne le retrait israélien au désarmement du Hezbollah ; la direction du parti chiite le juge « nul » et prévient contre un « conflit interne », tandis que Tsahal poursuit ses opérations au Liban-Sud.
Deux jours après la signature à Washington d’un accord-cadre entre Israël et le Liban, de nouvelles frappes israéliennes ont visé dimanche 28 juin les localités de Deir Seryan et Taybeh, dans le sud du pays, selon l’agence nationale libanaise. L’armée israélienne a également fait exploser des charges dans le village de Khiam, incendiant des maisons, tout en revendiquant l’élimination de membres du Hezbollah dans la région de Nabatieh. La veille, un raid sur Nabatieh al-Fawqa avait fait un mort. Le Hezbollah a immédiatement qualifié l’accord de « nul et non avenu », son chef Naim Qassem dénonçant « une humiliation » et « une capitulation de souveraineté ». Des manifestations ont éclaté dans la banlieue sud de Beyrouth.
Conclu le 26 juin après cinq rounds de négociations sous médiation américaine, le texte vise à mettre fin à l’état de guerre qui oppose les deux pays depuis 1948. Il prévoit un retrait israélien progressif, conditionné au désarmement préalable du Hezbollah, avec une phase pilote dans deux zones où l’armée libanaise se déploierait. Côté israélien, le premier ministre Benyamin Netanyahou a salué un accord « historique » tout en insistant sur le maintien d’une « zone de sécurité » tant que le parti chiite restera armé. Le ministre de la défense Israël Katz a ordonné aux troupes de se préparer à « un séjour prolongé ». À Beyrouth, le président Joseph Aoun s’est engagé à « assumer ses responsabilités » dans la mise en œuvre, tandis que l’ambassade du Liban à Washington affirme que le processus débute par le retrait israélien des zones pilotes.
Le rejet catégorique du Hezbollah — mouvement qui dispose d’un arsenal important et d’une influence politique au sein de l’État libanais — menace l’équilibre du processus. Le député Hassan Fadlallah a averti que ce qu’il appelle « l’accord de l’humiliation » ne verra « jamais le jour », et a mis en garde contre un « conflit interne », accusant les autorités de « sédition ». Pour le Hezbollah, le lien entre retrait et désarmement constitue une ligne rouge, et il estime que seul un mémorandum irano-américain pourrait servir de cadre de référence. De son côté, Téhéran, par la voix du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, lie le cessez-le-feu régional au retrait israélien du Liban et insiste pour que les négociations avec Washington incluent ce volet.
Sur le plan international, les États-Unis entendent superviser l’application via le Commandement central (CENTCOM), dont le général Brad Cooper doit se rendre en Israël pour suivre le retrait pilote. Paris s’est déclaré « prêt à contribuer » à la mise en œuvre, rappelant son attachement à la souveraineté libanaise et au « monopole des armes » par l’État. Les précédents cessez-le-feu, notamment celui de novembre 2024, n’ont jamais été pleinement appliqués, et la capacité de l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah reste incertaine. L’extrême droite israélienne, avec le ministre Itamar Ben Gvir, juge d’ailleurs l’accord « une grave erreur », estimant que seul Tsahal peut désarmer le Hezbollah. Le sort du processus dépendra de la pression américaine et de la volonté de Beyrouth d’affronter l’influence iranienne, alors que les opérations militaires se poursuivent sur le terrain.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 4 langues
L'accord trilatéral offre un réel espoir de paix, mais son succès dépend de la capacité du Liban à désarmer le Hezbollah, ce que le groupe rejette violemment.
L'accord est une capitulation dangereuse qui fait passer la sécurité d'Israël avant celle du Liban, sapant la souveraineté nationale et risquant un conflit interne.
Élargis ton regard
La Russie, exportateur d’hydrocarbures, contrainte d’importer du carburant
1 langue · 9 sources
Depuis TechnologyWhatsApp introduit les noms d’utilisateur pour ne plus exposer les numéros de téléphone
9 langues · 28 sources
Depuis Science & HealthDétecter le cancer du poumon cinq ans avant le diagnostic : une signature protéique ouvre la voie
4 langues · 7 sources