
Kazakhstan : les fils Trump au cœur d’un contrat sur le tungstène négocié par Washington
Une enquête du New York Times révèle que les proches du président américain ont acquis des parts dans un projet minier kazakh pendant les négociations officielles, illustrant un entrelacement systématique entre intérêts privés et diplomatie.
Alors que l’administration Trump négociait avec Astana un accord stratégique pour l’exploitation de l’un des plus grands gisements de tungstène inexploités au monde, les fils du président, Donald Trump Jr. et Eric Trump, sont entrés comme investisseurs dans l’opération. Selon une enquête du New York Times, leur société Dominari Securities, installée dans la Trump Tower à New York, a acquis 20 % de la structure liée au projet quelques semaines après le début des pourparlers. L’accord final entre les deux gouvernements a été signé le 6 novembre 2025, six jours seulement après cette entrée au capital.
Le mécanisme révélé par la presse américaine montre une synchronisation étroite entre l’action diplomatique et les affaires familiales. La société Cantor Fitzgerald, contrôlée par la famille du secrétaire au Commerce Howard Lutnick et dirigée par ses fils, a contribué à lever 210 millions de dollars pour le projet. Parallèlement, le gouvernement fédéral a manifesté un intérêt préliminaire pour un soutien pouvant atteindre 1,6 milliard de dollars sous forme de prêts et de garanties via des agences de développement. La Maison Blanche et le département du Commerce rejettent toute accusation de conflit d’intérêts, affirmant que ces décisions relèvent exclusivement de la sécurité nationale et de la nécessité de sécuriser l’approvisionnement en minerais stratégiques face à la Chine.
Cette affaire s’inscrit dans un schéma plus large. Les médias iraniens ont détaillé le fonctionnement d’un fonds d’investissement, American Ventures, où les fils Trump figurent parmi les conseillers et actionnaires. Ce fonds lève des capitaux en misant sur des sociétés de petite capitalisation, souvent peu liquides, et utilise des warrants pour engranger des centaines de millions de dollars de profits papier. La simple annonce de la participation de la famille Trump suffit à faire bondir le cours de ces entreprises, parfois de 12 % en une journée, malgré les mises en garde de la SEC contre la volatilité extrême de ces titres. Le New York Times recense par ailleurs des intérêts financiers des familles Trump et Lutnick dans au moins quatorze sociétés minières cherchant un soutien fédéral, pour un montant total proche de neuf milliards de dollars.
La course aux minerais critiques place l’Asie centrale au cœur des rivalités entre grandes puissances. Le Kazakhstan, qui cherche à diversifier ses partenariats pour contrebalancer l’influence russe et chinoise, a signé en septembre 2025 un accord de coopération avec Washington sur les minéraux essentiels. Le tungstène, indispensable à l’industrie de défense et aux semi-conducteurs, est au centre de cette stratégie. Les prochaines étapes à surveiller incluent la confirmation ou non des financements publics américains, ainsi que d’éventuelles enquêtes parlementaires sur ces montages, alors que des précédents similaires ont déjà été documentés en Slovénie, en Albanie ou en Arabie saoudite.
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Les affaires de la famille Trump sont à nouveau sous le feu des critiques : un fonds lié aux fils du président aurait engrangé des centaines de millions de bénéfices papier grâce à un accord sur le tungstène kazakh. L'arrangement, facilité par les négociations directes de l'administration, révèle un mélange éhonté d'intérêts privés et de fonctions publiques.
L'enquête du New York Times jette une ombre sur l'accord sur le tungstène conclu par l'administration Trump avec le Kazakhstan, les fils du président ayant rejoint l'opération en tant qu'investisseurs. Bien que la Maison Blanche nie tout conflit d'intérêts, le calendrier soulève de sérieuses questions sur les frontières entre diplomatie et affaires familiales.
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