
Iran : le pouvoir judiciaire reconduit dans un climat d’incertitude successorale
La décision de Mojtaba Khamenei de renouveler le mandat de Gholam-Hossein Mohseni-Ejeï est intervenue durant les funérailles de l’ancien Guide, alors que le nouveau dirigeant reste invisible publiquement.
Le 13 tir 1405 (4 juillet 2025), le bureau du Guide suprême iranien a annoncé la reconduction de Gholam-Hossein Mohseni-Ejeï à la tête du pouvoir judiciaire pour un second mandat de cinq ans. Le décret, signé par Mojtaba Khamenei, successeur de son père, fait suite à des spéculations médiatiques sur un possible limogeage. Les médias officiels iraniens, comme Donya-e Eqtesad et Hamshahri Online, ont relayé le texte, tandis que le président Massoud Pezeshkian et le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, ont adressé des messages de félicitations, soulignant leur engagement à coopérer avec l’institution judiciaire.
Le décret évoque les « efforts précieux et sincères » de Mohseni-Ejeï et l’invite à poursuivre les orientations de l’ancien Guide, Ali Khamenei, ainsi que les « points mentionnés dans le message du 7 tir 1405 » de Mojtaba Khamenei. Ce message, publié peu après la mort d’Ali Khamenei lors d’attaques américano-israéliennes, mettait l’accent sur la nécessité de poursuivre les « crimes internationaux ». La reconduction intervient alors que Mojtaba Khamenei n’a fait aucune apparition publique depuis son accession au pouvoir, y compris aux funérailles de son père, alimentant les interrogations sur la réalité du pouvoir décisionnel. Selon des analyses reprises par des médias comme Voice of America, l’absence d’image ou de voix du nouveau Guide pose la question de savoir qui, au sein de l’establishment, pilote effectivement ces nominations.
La carrière de Mohseni-Ejeï illustre l’imbrication du judiciaire et du sécuritaire en Iran. Ancien ministre du Renseignement sous Ahmadinejad, procureur du tribunal spécial du clergé, il est sous sanctions américaines depuis 2010 pour son rôle dans la répression des manifestations de 2009. Sa reconduction est perçue, par des observateurs occidentaux, comme un signal de continuité du système répressif. Le décret ne fait aucune mention de réformes judiciaires, d’indépendance des magistrats ou de réduction de la peine de mort, se concentrant sur la poursuite des politiques antérieures. Pour des médias basés à l’étranger comme Iran International (Londres) et Voice of America (Washington), ce choix conforte l’idée que le régime, en pleine transition, privilégie la stabilité interne en s’appuyant sur des figures connues des services de sécurité.
Cette reconduction a été officialisée alors que des centaines d’influenceurs étrangers étaient invités pour couvrir les funérailles d’Ali Khamenei, selon le responsable de l’Organisation de la culture et des relations islamiques, dans une tentative de contrer ce que Téhéran qualifie de « censure occidentale ». Le maintien de Mohseni-Ejeï s’inscrit dans un contexte de tensions internationales persistantes, où la République islamique cherche à consolider ses institutions face aux pressions extérieures. L’attention se tourne désormais vers la mise en œuvre des directives énoncées dans le message de Mojtaba Khamenei, et vers d’éventuelles autres nominations clés, alors que le nouveau Guide demeure absent de la scène publique, laissant planer le doute sur les équilibres internes du pouvoir.
| Presse iranienne et apparentée | +1.00 | aligned |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.80 | critical |
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
The Supreme Leader confidently reappoints the head of the judiciary, guarantor of institutional continuity and revolutionary justice.
By citing official decrees and congratulations from all state positions, it creates a unanimous chorus that erases any possible dissent and presents the appointment as a routine administrative act but invested with sacred authority.
The Iranian bloc omits the context of national mourning and the physical absence of the new leader during the appointment, as well as the human rights controversies surrounding Eje'i.
The Iranian regime, in a moment of succession crisis, reappoints the judge who led crackdowns, showing that nothing will change.
It uses emotional labels like 'executioner' and historical references to criminalize Eje'i, and highlights the leader's absence and timing to question the process's legitimacy.
The Atlantic bloc omits the numerous statements of support from other institutional leaders, which present the appointment as shared and legitimate.
The Iranian leader reappoints the judiciary chief for another term, in an administrative decision with no surprises.
It adopts a neutral approach based on citing the official decree and chronology, normalizing the event as a routine transition.
The Arab bloc omits criticisms of Eje'i's record and the political implications of the appointment during a period of national mourning.
Élargis ton regard
L’électrification automobile, de Séoul à Bogotá, portée par la Chine
4 langues · 7 sources
Depuis TechnologyQuand l’IA chinoise contourne les puces américaines et bouscule le cinéma
2 langues · 4 sources
Depuis Science & HealthStress et sédentarité : pourquoi l’exercice régulier change la donne pour le cœur et l’intestin
5 langues · 11 sources