
Iran : nouvelle exécution d’un manifestant, Téhéran durcit la répression judiciaire
Mohammad Amini Dehaghani a été pendu ce mercredi pour sa participation aux protestations de l’hiver dernier, alors que le nombre d’exécutions s’accélère depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël.
Les autorités judiciaires iraniennes ont annoncé, mercredi 15 juillet, l’exécution par pendaison de Mohammad Amini Dehaghani, condamné pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) et « corruption sur terre » en lien avec le mouvement de contestation qui a secoué le pays à partir de décembre 2025. Selon l’agence de presse officielle Mizan, le condamné a reconnu avoir lancé des cocktails Molotov contre le gouvernorat et le commissariat de Dehaghan, dans la province d’Ispahan, le 9 janvier 2026, et avoir incité la foule à s’en prendre aux forces de l’ordre. Cette exécution, la troisième en une semaine, porte à au moins quarante le nombre de personnes mises à mort depuis le début de l’année, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, dont dix-huit en raison de leur participation aux manifestations.
D’un côté, le pouvoir iranien justifie cette sévérité par la nécessité de réprimer des « émeutes » orchestrées, selon lui, par les États-Unis et Israël. La justice affirme s’appuyer sur des images de vidéosurveillance et les aveux du condamné, qui aurait également diffusé de la propagande antigouvernementale et cherché à se procurer des armes. De l’autre, les organisations de défense des droits humains basées en Occident, comme Amnesty International, ainsi que les rapporteurs spéciaux de l’ONU, dénoncent des procès expéditifs, l’absence d’accès effectif à un avocat et des aveux extorqués sous la torture. L’ONG Iran Human Rights, établie en Norvège, et l’organisation Ensemble contre la peine de mort ont documenté au moins 1 639 exécutions en 2025, un record depuis 1989, faisant de l’Iran le deuxième pays au monde en nombre d’exécutions après la Chine.
Cette accélération de la peine capitale s’inscrit dans un contexte de double crise pour la République islamique. Les manifestations, déclenchées par l’effondrement du rial et la flambée des prix, se sont rapidement muées en un défi politique inédit, avec des slogans appelant à la fin du régime. La répression, qualifiée par les chancelleries occidentales de « disproportionnée », a fait plusieurs milliers de morts – Téhéran en reconnaît 3 117, tandis que des sources de l’opposition et des ONG évoquent plus de 7 000 victimes. Depuis l’offensive militaire américano-israélienne du 28 février 2026, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a ordonné aux procureurs d’accélérer le traitement des dossiers liés aux troubles intérieurs, ce qui s’est traduit par une multiplication des condamnations à mort pour « atteinte à la sécurité nationale ».
Sur le plan international, la situation a provoqué une condamnation quasi unanime, mais peu d’actions concrètes. Le président américain Donald Trump a publiquement demandé à Téhéran de ne pas exécuter les manifestants, tandis que le rapporteur spécial de l’ONU sur l’Iran, Mai Sato, a estimé que la peine de mort était utilisée comme « un outil pour semer la terreur et réprimer la contestation ». Les organisations non gouvernementales appellent à saisir les mécanismes de justice pénale internationale, en l’absence de toute perspective de reddition de comptes en Iran. Le dossier reste ouvert : au moins douze autres manifestants de la province d’Ispahan, condamnés à mort dans l’affaire dite de la « place Alikhani », ont vu leur sentence confirmée par la Cour suprême, et de nouvelles exécutions sont attendues dans les prochaines semaines.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse iranienne et apparentée | +0.80 | aligned |
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.60 | critical |
Le régime iranien tue un autre manifestant alors que les conditions carcérales sont inhumaines.
En détaillant la souffrance des détenus, il crée de l'empathie et condamne le régime.
Il omet les aveux et les preuves vidéo que le régime prétend avoir.
La justice a puni un criminel qui a collaboré avec l'ennemi.
En présentant l'exécution comme un acte légal et nécessaire, il légitime la répression.
Il omet les conditions carcérales inhumaines et les critiques internationales.
L'Iran continue d'exécuter des manifestants dans un climat de guerre.
En reliant l'exécution au conflit avec les États-Unis, il élargit la critique du régime.
Il ne rapporte pas les détails spécifiques des preuves ni les conditions carcérales.
Élargis ton regard
Nicaragua : Daniel Ortega abolit les élections et verrouille le pouvoir
10 langues · 31 sources
Depuis Economy & MarketsLe pétrole franchit les 90 dollars, porté par l’embrasement du golfe Persique
8 langues · 21 sources
Depuis TechnologyMenaces en milieu scolaire et examens sous tension : de Jakarta à Téhéran, l’éducation face à des crises multiples
6 langues · 10 sources