
Iran-États-Unis : Téhéran conditionne le respect de l’accord à la réciprocité américaine
Le président iranien exige que Washington applique d’abord le mémorandum du 18 juin, contredisant les annonces de Donald Trump sur une rencontre imminente à Doha consacrée à la dénucléarisation.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que la République islamique ne respecterait le mémorandum d’entente (MoU) signé le 18 juin avec les États-Unis que si Washington s’acquittait au préalable de ses obligations. Cette prise de position, diffusée sur le réseau social X, est intervenue alors que le président américain Donald Trump affirmait qu’un accord de dénucléarisation avait été conclu et qu’une réunion était programmée le 30 juin à Doha. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a démenti toute consultation technique imminente, précisant que les termes du MoU en quatorze points n’étaient pas encore pleinement mis en œuvre.
Selon Téhéran, la compréhension mutuelle est une voie à double sens. M. Pezeshkian a souligné que l’Iran répondait aux « menaces infondées » par la rationalité et la dignité humaine, tout en se réservant le droit de se défendre « avec détermination et sans crainte ». À Washington, M. Trump a présenté la rencontre de Doha comme une étape vers la dénucléarisation de l’Iran, affirmant que Téhéran y avait consenti. La Maison Blanche a dépêché l’émissaire Steve Witkoff et le conseiller Jared Kushner, mais l’Iran nie avoir sollicité ces discussions et récuse tout nouvel accord au-delà du MoU existant.
Le mémorandum, conclu sous l’égide du Pakistan et du Qatar, a mis fin à plusieurs semaines d’affrontements militaires. Il prévoit un cessez-le-feu immédiat, la levée du blocus naval, la sécurisation du détroit d’Ormuz, la reprise des exportations pétrolières iraniennes et le déblocage des avoirs gelés. D’après la presse russe, le texte engage également l’Iran à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire et ouvre une période de négociation de trente jours en vue d’un règlement global. Moscou a salué l’accord, soulignant le rôle des médiateurs pakistanais et qataris. La même source indique que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait initialement émis des réserves, mais que M. Pezeshkian l’a convaincu en invoquant le risque d’un renversement du gouvernement en cas d’escalade.
L’impasse actuelle repose sur le séquençage des obligations. Téhéran insiste sur l’exécution préalable des clauses humanitaires et économiques — levée des sanctions, déblocage des fonds — avant toute discussion technique sur le nucléaire. Washington, de son côté, semble lier la levée des sanctions à des concessions iraniennes vérifiables. Cette divergence retarde la mise en œuvre du calendrier prévu, alors que la période de négociation de trente jours a débuté. Aucune nouvelle date de rencontre n’a été confirmée, et le dossier reste suspendu à la capacité des deux parties à démontrer leur respect des engagements initiaux.
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Téhéran insiste sur le fait que tout accord avec Washington doit reposer sur le respect mutuel et des engagements réciproques. Le message du président iranien présente les États-Unis comme la partie qui doit d'abord prouver son engagement, tout en qualifiant les menaces américaines d'irrationnelles. Le récit place clairement la responsabilité sur Washington d'honorer l'accord existant avant toute nouvelle discussion.
Des affirmations contradictoires émergent de Washington et de Téhéran à la veille des pourparlers de Doha, le président Trump affirmant que l'Iran a accepté la dénucléarisation tandis que le président Pezeshkian conditionne le respect de l'accord à l'adhésion américaine au mémorandum du 18 juin. Le reportage souligne l'écart entre les deux récits sans prendre parti, considérant la réunion au Qatar comme un test de la sincérité des deux parties.
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