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Justice & Droitmardi 16 juin 2026

Iran : deux manifestants de la révolte de janvier exécutés, la répression s’accélère malgré la trêve

Les autorités iraniennes ont pendu deux jeunes accusés de « guerre contre Dieu », premières exécutions de contestataires depuis l’accord de cessez-le-feu avec Washington, alors que le bilan semestriel dépasse 700 mises à mort.

L’Iran a exécuté, mardi 16 juin, Javad Zamani et Abolfazl Saedi, deux hommes arrêtés lors de la vague de protestations qui a secoué le pays en janvier 2026. Selon l’agence Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire, ils ont été condamnés pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) et « efsad fil-arz » (corruption sur terre), des chefs d’accusation passibles de la peine capitale dans la jurisprudence islamique. Les autorités les présentent comme des « leaders armés d’une tentative de coup d’État » et les accusent d’avoir détruit des biens publics et privés, incendié des banques et retourné un véhicule de police lors des troubles à Shahroud, dans la province de Semnan. Cette double exécution est la première visant des manifestants depuis l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Téhéran et Washington, mettant fin à une guerre de quarante jours dont les contours restent flous mais qui a fourni au régime un prétexte supplémentaire pour criminaliser la dissidence interne.

Cette mise à mort s’inscrit dans une dynamique répressive d’une ampleur alarmante. La fondation Abdorrahman Boroumand, qui documente les violations des droits humains en Iran, a recensé 746 exécutions depuis le début de l’année 2026, dont 52 au cours des deux dernières semaines. Parmi elles, au moins 45 prisonniers politiques ou manifestants ont été pendus pour des motifs liés à la sécurité nationale, souvent sur la base d’« aveux » extorqués sous la torture, en violation flagrante du droit à un procès équitable. La campagne citoyenne des « Mardis sans exécution » dénonce, de son côté, plus de 177 pendaisons depuis le nouvel an iranien (21 mars) et met en garde contre des centaines de condamnations à mort prononcées en secret à l’encontre de détenus de droit commun, dans ce qu’elle qualifie de « tentative désespérée du régime pour contenir l’explosion de colère » d’une population écrasée par la misère économique et l’oppression.

L’inquiétude grandit pour d’autres prisonniers dont les sentences pourraient être appliquées de manière imminente. Amnesty International a alerté sur le transfert d’Ali Fattah et Mohammad Naghizadeh vers la prison de Qezel Hesar, à Karaj, un établissement tristement connu pour les exécutions. L’organisation exhorte Téhéran à suspendre immédiatement toute procédure, tandis que l’ONG Hengaw signale un risque accru pour Alireza Peyghambar. Ces détenus, arrêtés lors des mêmes manifestations, ont vu leurs condamnations confirmées par la Cour suprême, ce qui, dans le système judiciaire iranien, précède souvent de peu la mise à mort.

La concomitance de cette vague d’exécutions avec la fin des hostilités avec les États-Unis interroge. Le pouvoir judiciaire, contrôlé par les factions les plus intransigeantes du régime, semble utiliser la répression intérieure comme un levier pour resserrer son emprise au moment où l’appareil d’État pourrait apparaître fragilisé par un conflit extérieur. En qualifiant les manifestants de « forces d’infanterie de l’ennemi » et en liant leurs actes à un complot « américano-sioniste », Téhéran cherche à délégitimer toute contestation et à justifier une justice d’exception. Pour les observateurs européens et les chancelleries occidentales, cette stratégie risque de saper les timides espoirs de désescalade nés de la trêve, tout en alimentant un cycle de violence dont les premières victimes restent les citoyens iraniens.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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En Iran, la série d'exécutions s'accélère : deux nouveaux manifestants ont été pendus à Shahroud, portant à au moins 45 le nombre d'exécutions politiques cette année. Des organisations de défense des droits humains ont documenté 746 exécutions en six mois, dont 52 au cours des deux dernières semaines, alors que le régime intensifie la répression dans un contexte de guerre et de contestation.

Presse iranienne et apparentée/ Régime
TriompheRevanchismePragmatisme

Le pouvoir judiciaire a annoncé l'exécution de deux chefs armés de la tentative de coup d'État de janvier 2026 à Shahroud. Condamnés pour moharebeh et efsad fel-arz, ils avaient attaqué des biens publics et conspiré contre la sécurité nationale, servant de fantassins de l'ennemi.

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mardi 16 juin 2026

Iran : deux manifestants de la révolte de janvier exécutés, la répression s’accélère malgré la trêve

Les autorités iraniennes ont pendu deux jeunes accusés de « guerre contre Dieu », premières exécutions de contestataires depuis l’accord de cessez-le-feu avec Washington, alors que le bilan semestriel dépasse 700 mises à mort.

L’Iran a exécuté, mardi 16 juin, Javad Zamani et Abolfazl Saedi, deux hommes arrêtés lors de la vague de protestations qui a secoué le pays en janvier 2026. Selon l’agence Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire, ils ont été condamnés pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) et « efsad fil-arz » (corruption sur terre), des chefs d’accusation passibles de la peine capitale dans la jurisprudence islamique. Les autorités les présentent comme des « leaders armés d’une tentative de coup d’État » et les accusent d’avoir détruit des biens publics et privés, incendié des banques et retourné un véhicule de police lors des troubles à Shahroud, dans la province de Semnan. Cette double exécution est la première visant des manifestants depuis l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Téhéran et Washington, mettant fin à une guerre de quarante jours dont les contours restent flous mais qui a fourni au régime un prétexte supplémentaire pour criminaliser la dissidence interne.

Cette mise à mort s’inscrit dans une dynamique répressive d’une ampleur alarmante. La fondation Abdorrahman Boroumand, qui documente les violations des droits humains en Iran, a recensé 746 exécutions depuis le début de l’année 2026, dont 52 au cours des deux dernières semaines. Parmi elles, au moins 45 prisonniers politiques ou manifestants ont été pendus pour des motifs liés à la sécurité nationale, souvent sur la base d’« aveux » extorqués sous la torture, en violation flagrante du droit à un procès équitable. La campagne citoyenne des « Mardis sans exécution » dénonce, de son côté, plus de 177 pendaisons depuis le nouvel an iranien (21 mars) et met en garde contre des centaines de condamnations à mort prononcées en secret à l’encontre de détenus de droit commun, dans ce qu’elle qualifie de « tentative désespérée du régime pour contenir l’explosion de colère » d’une population écrasée par la misère économique et l’oppression.

L’inquiétude grandit pour d’autres prisonniers dont les sentences pourraient être appliquées de manière imminente. Amnesty International a alerté sur le transfert d’Ali Fattah et Mohammad Naghizadeh vers la prison de Qezel Hesar, à Karaj, un établissement tristement connu pour les exécutions. L’organisation exhorte Téhéran à suspendre immédiatement toute procédure, tandis que l’ONG Hengaw signale un risque accru pour Alireza Peyghambar. Ces détenus, arrêtés lors des mêmes manifestations, ont vu leurs condamnations confirmées par la Cour suprême, ce qui, dans le système judiciaire iranien, précède souvent de peu la mise à mort.

La concomitance de cette vague d’exécutions avec la fin des hostilités avec les États-Unis interroge. Le pouvoir judiciaire, contrôlé par les factions les plus intransigeantes du régime, semble utiliser la répression intérieure comme un levier pour resserrer son emprise au moment où l’appareil d’État pourrait apparaître fragilisé par un conflit extérieur. En qualifiant les manifestants de « forces d’infanterie de l’ennemi » et en liant leurs actes à un complot « américano-sioniste », Téhéran cherche à délégitimer toute contestation et à justifier une justice d’exception. Pour les observateurs européens et les chancelleries occidentales, cette stratégie risque de saper les timides espoirs de désescalade nés de la trêve, tout en alimentant un cycle de violence dont les premières victimes restent les citoyens iraniens.

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En Iran, la série d'exécutions s'accélère : deux nouveaux manifestants ont été pendus à Shahroud, portant à au moins 45 le nombre d'exécutions politiques cette année. Des organisations de défense des droits humains ont documenté 746 exécutions en six mois, dont 52 au cours des deux dernières semaines, alors que le régime intensifie la répression dans un contexte de guerre et de contestation.

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Le pouvoir judiciaire a annoncé l'exécution de deux chefs armés de la tentative de coup d'État de janvier 2026 à Shahroud. Condamnés pour moharebeh et efsad fel-arz, ils avaient attaqué des biens publics et conspiré contre la sécurité nationale, servant de fantassins de l'ennemi.

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