
Irak-États-Unis : 48 accords pour contourner le détroit d’Ormuz
Bagdad et Washington ont signé 48 accords, dont la réhabilitation d’un oléoduc stratégique vers la Méditerranée, pour réduire la dépendance irakienne au détroit d’Ormuz.
L’Irak et les États-Unis ont officialisé, le 18 juillet 2026 à Washington, la signature de 48 accords, protocoles d’entente et déclarations de partenariat, pour un montant total dépassant 60 milliards de dollars selon la Chambre de commerce américaine. Le volet énergétique domine, avec des contrats confiés à Chevron, ExxonMobil, Halliburton ou Shell, mais c’est la relance du pipeline Kirkouk-Baniyas qui constitue l’axe structurant de cette visite du premier ministre irakien Ali al-Zaidi. Endommagé lors de l’invasion américaine de 2003, cet oléoduc doit être réhabilité par un consortium international mené par Chevron, aux côtés de l’entreprise qatarie UCC Holding et du fonds TI Capital, pour une capacité initiale de deux millions de barils par jour.
L’urgence de ce projet tient à l’asphyxie des exportations irakiennes depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence directe de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Selon les estimations de la Banque mondiale relayées par la presse persane, la chute de la production et des ventes de brut a déjà amputé le PIB irakien de plusieurs dizaines de milliards de dollars, le contraignant à une contraction de 8,9 % cette année. En offrant un débouché méditerranéen via le port syrien de Baniyas, le pipeline restauré permettrait à Bagdad de s’affranchir d’un goulet où transitaient auparavant plus de 80 % de ses exportations pétrolières.
La dimension géopolitique est assumée par Washington. L’émissaire américain Tom Barak a déclaré devant la Chambre de commerce que l’objectif était de rendre le détroit d’Ormuz « secondaire » d’ici deux ans, en associant la Syrie, la Jordanie, la Turquie, le Liban et l’Égypte à un réseau alternatif de corridors énergétiques. Ce projet inclut un « corridor du milieu » passant par l’Azerbaïdjan et le Turkménistan pour acheminer du gaz vers l’Europe. Dans les médias iraniens, cette recomposition est perçue comme une tentative de marginalisation durable de Téhéran, dont les propres exportations pétrolières sont réduites à zéro par le blocus naval américain, tandis que son commerce non pétrolier avec les pays arabes de la région est interrompu.
Sur le plan intérieur irakien, la visite de M. al-Zaidi, arrivé au pouvoir avec l’appui de Washington après le veto de Donald Trump à un autre candidat, consacre un réalignement politique. Le premier ministre s’est engagé à désarmer les factions pro-iraniennes après le retrait des forces américaines prévu en septembre, une promesse qui suscite l’hostilité de Téhéran. Le conseiller du guide suprême iranien, Ali Akbar Velayati, a qualifié ce déplacement de « grande honte » dans les colonnes de l’agence Tasnim. Bagdad maintient toutefois un jeu d’équilibre : le chef du gouvernement doit ensuite se rendre au Qatar et en Iran.
Le projet d’oléoduc en est encore au stade des études techniques et financières. Aucun calendrier de construction n’a été communiqué, et les volumes réels dépendront des contrats d’exploitation et de la production irakienne. La prochaine étape concrète sera la conclusion d’accords commerciaux et juridiques entre Bagdad, Damas et le consortium, condition préalable au lancement des travaux de réhabilitation.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.80 | aligned |
|---|---|---|
| Presse iranienne et apparentée | −0.70 | critical |
| Presse du Golfe arabe | +0.50 | aligned |
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.20 | neutral |
Les États-Unis célèbrent l'accord comme une victoire stratégique qui renforce leur influence au Moyen-Orient et réduit la dépendance au détroit d'Ormuz.
L'accent mis sur le chiffre de 60 milliards de dollars et la participation de grandes entreprises comme Chevron crée un récit de succès économique et de sécurité énergétique, occultant les implications géopolitiques pour l'Iran.
Le bloc atlantique omet les préoccupations iraniennes concernant la marginalisation du détroit d'Ormuz et les sanctions toujours en vigueur contre la Syrie.
L'Iran dénonce l'accord comme une manœuvre hostile des États-Unis pour isoler Téhéran et contrôler les routes énergétiques.
Le récit se concentre sur la menace pour la souveraineté iranienne et la stabilité régionale, utilisant un langage de 'tentative directe' et 'saper' pour créer un sentiment d'urgence et de victimisation.
L'Iran omet les avantages économiques pour l'Irak et le fait que le projet a été discuté ouvertement avec des entreprises américaines, et non en secret.
Les États du Golfe accueillent favorablement l'accord comme une opportunité de diversifier les routes énergétiques et de renforcer la coopération régionale.
L'article utilise la déclaration de l'ambassade américaine pour légitimer le projet dans le cadre d'une vision plus large, minimisant les tensions potentielles avec l'Iran.
Le bloc du Golfe omet les préoccupations iraniennes et le fait que le pipeline traverse la Syrie, un pays encore sous sanctions internationales.
L'accord est présenté comme une étape technique pour améliorer les exportations irakiennes, avec l'approbation du Département d'État américain qui confère une légitimité.
En citant directement le Département d'État américain et en décrivant le projet comme 'stratégique', le rapport confère une légitimité sans ajouter de commentaire critique.
Le bloc arabe Levant-Maghreb omet de discuter des implications pour l'Iran ou des sanctions contre la Syrie, maintenant un ton neutre.
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