
Inde : la justice valide le blocage temporaire de Telegram à la veille d’un examen médical national
La Haute Cour de Delhi a confirmé vendredi la suspension de la messagerie jusqu’au 22 juin, tandis que les téléchargements de VPN bondissaient de 49 % et que les autorités multipliaient les mesures de sécurisation du concours.
La Haute Cour de Delhi a rejeté, le 19 juin, le recours de Telegram contre l’ordre gouvernemental indien bloquant temporairement l’accès à la plateforme. La messagerie restera donc suspendue jusqu’au 22 juin, au lendemain de la réédition du National Eligibility cum Entrance Test (NEET-UG), examen d’entrée aux études de médecine dont la session initiale du 3 mai avait été annulée après des allégations de fuite de sujets. Selon les autorités indiennes, des réseaux de fraude organisés utilisaient Telegram pour proposer de fausses copies d’examen contre des sommes importantes, et les mesures de retrait ciblé de contenus s’étaient révélées inefficaces en raison des fonctions d’anonymat et de recréation rapide de canaux propres à l’application.
Le jugement écarte l’argument de Telegram selon lequel le blocage de l’ensemble de la plateforme serait disproportionné et violerait le principe d’égalité, d’autres réseaux sociaux n’étant pas visés. La cour a estimé que le gouvernement avait strictement suivi la procédure d’urgence prévue par l’article 69A de la loi sur les technologies de l’information, et que la notion d’« information » couvrait les logiciels et ressources informatiques, permettant donc légalement une restriction temporaire de l’accès à la messagerie. Les groupes indiens de défense des droits numériques, comme l’Internet Freedom Foundation, ont dénoncé une mesure « réactive et inefficace » qui pénalise les utilisateurs ordinaires – l’Inde constitue le premier marché mondial de Telegram avec plus de 150 millions de comptes – sans s’attaquer aux sources systémiques des fuites au sein de l’appareil éducatif. Le fondateur Pavel Durov a, de son côté, qualifié la décision d’erreur punissant les usagers tandis que les contenus frauduleux migrent vers d’autres applications.
L’effet immédiat de la suspension a été un report massif vers les réseaux privés virtuels (VPN) et les messageries alternatives. D’après les données d’Appfigures relayées par la presse économique et technologique, les téléchargements quotidiens des principales applications VPN ont bondi de 49 % le jour de l’annonce, passant d’une moyenne de 139 000 à 208 000. Proton VPN a vu ses installations augmenter de 113 % sur l’App Store d’Apple en Inde, tandis que Signal enregistrait une hausse de 322 % sur Google Play. Parallèlement, l’Agence nationale des tests (NTA) a déployé un dispositif de sécurité inédit pour la réédition du 21 juin : 674 coordinateurs urbains, 6 669 observateurs indépendants, surveillance par caméras dans plus de 5 000 centres, vérification biométrique par Aadhaar, escortes policières pour le transport des sujets et exercice national de simulation le 20 juin mobilisant plus de 250 000 personnels de sécurité. La NTA a également démenti de nouvelles rumeurs de fuite, qualifiant de faux une vidéo virale prétendant montrer l’ouverture d’un livret d’examen.
Cette séquence s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour de la crédibilité des grands concours indiens. L’édition 2024 du NEET avait déjà été entachée d’accusations de fuites et d’attributions irrégulières de points de grâce, provoquant des manifestations nationales. L’enquête en cours, confiée au Bureau central d’investigation (CBI), a donné lieu à plusieurs arrestations, dont celle d’un étudiant du Rajasthan qui vendait de faux sujets via un canal Telegram. Sur le plan judiciaire, la Cour suprême a refusé le 19 juin d’examiner en urgence les requêtes de candidats anxieux, renvoyant l’ensemble des contentieux liés au NEET à une formation présidée par le juge Narasimha après la pause judiciaire estivale. La réédition de l’examen, qui concerne près de 2,3 millions de candidats en Inde et dans quatorze centres à l’étranger, est maintenue le 21 juin, avec des résultats attendus dans les semaines suivantes.
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La Haute Cour de Delhi a confirmé le blocage temporaire de Telegram, acceptant l'argument du gouvernement selon lequel la plateforme était exploitée par des réseaux de triche organisés pour divulguer les sujets de l'examen d'entrée en médecine. Tout en reconnaissant l'impact sur 150 millions d'utilisateurs, la cour a jugé la restriction de cinq jours proportionnée pour préserver l'intégrité de l'épreuve de rattrapage.
Les utilisateurs russes signalent que les notifications push de Telegram ont cessé de fonctionner sans VPN, une perturbation qui souligne comment les restrictions étatiques sur la plateforme peuvent entraver la communication ordinaire. L'incident fait écho aux mesures mondiales visant à limiter Telegram, y compris l'interdiction temporaire en Inde motivée par des craintes de fraude aux examens.
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