
Hongrie : le Parlement vote la fin du mandat du président Sulyok, pilier de l’ère Orbán
Avec sa majorité des deux tiers, le parti Tisza de Péter Magyar écarte le chef de l’État, accusé d’être un « pantin » de l’ancien régime, et révise les règles pour les parlementaires et les juges constitutionnels.
Le Parlement hongrois a adopté lundi une révision constitutionnelle mettant fin immédiatement au mandat du président de la République, Tamás Sulyok, dès son entrée en vigueur. Porté par la majorité des deux tiers du parti Tisza du premier ministre Péter Magyar, le texte a recueilli 139 voix pour et 6 contre, les députés du Fidesz – la formation de l’ancien chef du gouvernement Viktor Orbán – ayant boycotté le vote. Au-delà de la cessation des fonctions du chef de l’État, l’amendement instaure une limite de douze ans pour les mandats parlementaires, abaisse à 70 ans l’âge de départ à la retraite des juges de la Cour constitutionnelle et crée un office national de recouvrement et de protection des avoirs, destiné à traquer les fonds détournés sous l’ère Orbán.
Pour le gouvernement Magyar, cette réforme répond à un « mandat clair et écrasant » reçu lors des élections d’avril pour démanteler le système de pouvoir bâti par Viktor Orbán. Le premier ministre accuse M. Sulyok d’avoir systématiquement privilégié les intérêts du Fidesz au détriment de la constitutionnalité, le qualifiant de « marionnette » de l’ancien régime. Il affirme que le président ne peut bloquer une modification constitutionnelle sur le fond, mais seulement en contester la régularité formelle. En face, le Fidesz dénonce une « tyrannie » et un acte « autocratique », tandis que son chef de file parlementaire, Gergely Gulyás, a démissionné pour protester contre la limitation des mandats qui l’empêcherait de se représenter. Viktor Orbán, sans participer à la manifestation de soutien à M. Sulyok organisée la semaine dernière, a parlé d’arbitraire.
Les organisations internationales de défense des droits humains ont exprimé des réserves. Human Rights Watch et Amnesty International estiment que le président a droit à une procédure régulière et mettent en garde contre des méthodes qui rappellent celles de l’ère Fidesz. À l’inverse, des juristes hongrois comme András Baka, ancien président de la Cour suprême dont le mandat avait été écourté en 2011 par une mesure similaire, jugent la démarche justifiée. Selon eux, la Hongrie est devenue un « État capturé » sous Orbán, et les responsables nommés alors visaient non pas à limiter le pouvoir, mais à assurer la survie politique de l’ancien système après une défaite électorale. Un sondage de mai indique que 67 % des Hongrois souhaitent le départ de M. Sulyok.
La révision constitutionnelle s’inscrit dans un projet plus vaste de refonte de la Loi fondamentale, que M. Magyar entend soumettre à une consultation publique à l’automne. La mise à la retraite d’office de quatre des quinze juges constitutionnels, dont le président Péter Polt, réputé proche d’Orbán, modifiera sensiblement l’équilibre de cette institution. Le texte doit désormais être signé par le président Sulyok lui-même dans un délai de cinq jours. En cas de refus, le gouvernement a annoncé qu’il engagerait une procédure de destitution, ce qui suspendrait le chef de l’État et permettrait à la présidente du Parlement, issue de Tisza, de promulguer la loi. La Commission de Venise, saisie par M. Sulyok, n’a pas encore rendu son avis.
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Le système d'Orbán est démantelé pièce par pièce, et le président Sulyok est le prochain à tomber.
Le récit du démantèlement systématique rend l'action inévitable et justifiée, présentant chaque étape comme faisant partie d'un plan cohérent.
L'amendement constitutionnel en Hongrie est une étape pour relancer la démocratie et réformer les structures du passé.
En utilisant le langage du 'renouveau démocratique', le récit aligne l'événement sur les valeurs démocratiques universelles, évitant le contexte politique conflictuel.
Le récit omet les accusations d'autocratie de l'opposition et les protestations de Fidesz, présentant la destitution comme une pure réforme démocratique.
Magyar tient sa promesse de changement de régime en destituant le président marionnette d'Orbán, tandis que Fidesz crie à l'autocratie.
En présentant les deux côtés mais en utilisant des termes comme 'corrompu' et 'marionnette', le récit favorise implicitement la nouvelle majorité.
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