
Gaza : plus de 1 000 morts depuis le cessez-le-feu, une trêve de papier
Huit mois après l’accord d’octobre 2025, les frappes israéliennes ont tué 1 005 Palestiniens, et la bande de Gaza reste plongée dans une crise humanitaire sans précédent.
Le bilan s’alourdit inexorablement. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1 005 Palestiniens ont péri et 3 157 ont été blessés depuis la conclusion, en octobre 2025, d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Ce chiffre porte à 73 016 le nombre total de morts depuis le 7 octobre 2023, pour 173 265 blessés. Loin d’avoir instauré un calme durable, la trêve est marquée par des frappes quasi quotidiennes, des tirs d’artillerie et des échanges de coups de feu le long de la ligne de démarcation qui divise le territoire. Les derniers décès en date sont survenus après une série d’attaques de drones israéliens sur des villes et des camps de réfugiés du centre de Gaza et de la ville de Gaza, tandis qu’une frappe à Khan Younès, dans le sud, a tué deux personnes et blessé six autres, l’armée israélienne affirmant avoir visé un « terroriste ».
La situation humanitaire, déjà catastrophique, ne cesse de se dégrader. Près d’un million de Gazaouis vivent toujours sous des tentes, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), qui dénonce le blocage par Israël de l’entrée des matériaux de construction. À l’approche de l’été, les conditions deviennent insoutenables : un père de famille de Dayr al-Balah témoigne de l’invasion des tentes par les insectes et de la chaleur étouffante dès le lever du soleil. Par ailleurs, le ministère de la Santé prévient qu’il pourrait être contraint de suspendre le programme d’évacuation médicale vers l’étranger, faute de garanties de passage pour les patients, ce qui aggraverait encore la pression sur des hôpitaux exsangues.
Les réactions internationales oscillent entre consternation et critiques. Au Royaume-Uni, l’organisation Medical Aid for Palestinians parle d’un « nouveau jalon tragique » pour Gaza. En Suède, la presse souligne que les attaques israéliennes se poursuivent en dépit de la trêve, tandis que des médias américains engagés récusent le terme même de cessez-le-feu, y voyant la continuation d’un « génocide au ralenti ». La presse francophone, notamment Le Devoir au Canada, insiste sur le caractère quotidien des bombardements et sur la fragmentation du territoire en zones de contrôle israélien et palestinien, qui entrave toute circulation et tout accès humanitaire.
L’avenir immédiat s’annonce sombre. L’extension par Israël de la zone sous contrôle militaire, conjuguée à l’interdiction des matériaux de reconstruction, hypothèque tout retour à une vie normale pour les déplacés. La suspension annoncée des transferts médicaux illustre l’asphyxie méthodique d’un système de santé déjà au bord de l’effondrement. Sans une pression internationale renforcée pour faire respecter un véritable arrêt des hostilités et garantir l’acheminement de l’aide, la bande de Gaza risque de s’enfoncer dans une crise encore plus meurtrière, où la trêve ne serait qu’un mot vide de sens.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 3 langues
Malgré l'accord de cessez-le-feu, des attaques israéliennes sporadiques se poursuivent à Gaza, avec plus de 1 000 morts selon les autorités locales. Le plan de paix est au point mort et les victimes civiles s'accumulent.
Le cessez-le-feu à Gaza s'est révélé une formule vide, avec plus d'un millier de Palestiniens tués depuis son entrée en vigueur, dont de nombreuses femmes et enfants. La trêve n'a jamais vraiment arrêté l'effusion de sang.
Articles liés
Triomphe historique du Canada terni par la fracture d’Ismaël Koné
12 langues · 70 sources
Géopolitique et PolitiqueReport des pourparlers Iran–États-Unis en Suisse : la question libanaise bloque le processus
8 langues · 31 sources
Justice & DroitAchraf Hakimi sera jugé pour viol : la cour d’appel de Versailles confirme le renvoi
9 langues · 27 sources