
Penza : des rafles pour contraindre des hommes à signer des contrats militaires
Des témoignages et vidéos montrent des interpellations forcées, tandis que les autorités locales évoquent de simples contrôles du registre militaire.
Dans la région de Penza, à environ 600 kilomètres au sud-est de Moscou, des opérations coordonnées de police, de la Garde nationale (Rosgvardia) et des bureaux de recrutement militaire ont conduit, les 17 et 18 juin, à l’interpellation d’hommes dans les rues, les transports publics et à leur domicile, selon plusieurs médias indépendants russes et organisations de défense des droits humains. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, notamment filmées devant le commissariat militaire des quartiers Oktiabrski et Jeleznodorojny de Penza, montrent des femmes tentant d’empêcher le départ d’un minibus rempli d’hommes sous escorte, affirmant que leurs proches ont été battus et contraints de signer des contrats avec le ministère de la Défense. Les projets « Idite Lesom » (Allez au bois) et le Mouvement des objecteurs de conscience, qui conseillent les réfractaires, disent avoir reçu de multiples signalements faisant état d’au moins vingt détentions à Penza, Kamenka et Kouznetsk, et d’une tactique visant en priorité les hommes ayant ignoré des convocations antérieures.
Les autorités locales ont opposé un démenti catégorique à la notion de mobilisation forcée. La direction régionale de Rosgvardia a présenté ces actions comme un « raid interministériel de routine » destiné à identifier les personnes ayant obtenu la citoyenneté russe sans s’être inscrites au registre militaire, une obligation légale. Selon ce communiqué, 80 automobilistes ont été contrôlés et neuf d’entre eux, en infraction, ont reçu une convocation officielle. La police de Penza a qualifié les informations de « non conformes à la réalité », tandis que des sources anonymes proches du gouvernement régional, citées par les médias locaux, ont appelé la population à ne pas céder à la panique, assurant qu’il n’y avait « ni rafles massives ni arrestations aléatoires ».
Les organisations de défense des droits humains et les rédactions exilées, comme Meduza (désignée « indésirable » par le parquet général russe) ou Novaïa Gazeta, maintiennent que les interpellations s’apparentent à un enrôlement coercitif ciblant des groupes vulnérables. Une habitante de Penza a raconté à l’Agence que son mari, interpellé par des huissiers pour une dette de carte de crédit, s’est vu proposer le choix entre « partir comme un détenu pour l’opération spéciale » ou signer « volontairement » ; il se trouverait désormais à Marioupol. Des défenseurs des droits estiment que cette pratique pourrait constituer une nouvelle forme de recrutement forcé visant des hommes ayant eu des démêlés judiciaires ou des difficultés financières, en contournant l’impopulaire mobilisation générale.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de pression continue sur la ressource humaine militaire russe. Depuis la mobilisation partielle de 300 000 réservistes décrétée en septembre 2022, le président Vladimir Poutine a ordonné de porter les effectifs à 1,5 million d’ici 2026. Pour des analystes basés en Europe occidentale, le recours à des méthodes coercitives localisées, sans nouvelle déclaration de mobilisation, reflète la difficulté du Kremlin à concilier les besoins du front avec le maintien d’un calme social intérieur. La Rosgvardia a annoncé que ces raids se poursuivraient « de manière systématique dans tous les districts de la région ». Aucune réaction n’a été enregistrée au niveau fédéral, tandis que des familles ont déposé des plaintes officielles pour « signature de contrat sous la contrainte ».
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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À Penza, les forces de sécurité mènent des rafles dans les rues pour contraindre les hommes à signer des contrats militaires pour la guerre en Ukraine. Des témoins font état d'arrestations indiscriminées, des femmes tentant de libérer les détenus. Le Kremlin nie la mobilisation forcée, mais des médias indépendants et des groupes de défense des droits documentent une coercition systématique.
Les autorités de Penza ont mené une opération interinstitutionnelle planifiée visant les personnes ne s'étant pas enregistrées pour le service militaire après l'obtention de la citoyenneté russe. Neuf conducteurs sur quatre-vingts contrôlés ont reçu une convocation. Les responsables ont balayé la panique sur les réseaux sociaux concernant de prétendues rafles de masse.
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