
Les funérailles d’Ali Khamenei, entre démonstration de force et incertitudes sur la succession
Prévues du 4 au 9 juillet après des mois de report, les obsèques de l’ancien guide suprême sont scrutées pour la possible apparition de son fils Mojtaba, invisible depuis sa blessure, et pour les équilibres diplomatiques qu’elles révèlent.
Les cérémonies funéraires d’Ali Khamenei, ancien guide suprême de la République islamique d’Iran tué le 28 février lors de frappes américano-israéliennes, se dérouleront du 4 au 9 juillet à Téhéran, Qom et Machhad. Reportées en raison du conflit qui a suivi, elles interviennent alors qu’un fragile processus de paix est engagé entre Téhéran et Washington. Selon les autorités iraniennes, près de vingt millions de personnes sont attendues, ce qui en ferait l’un des plus grands rassemblements de l’histoire du pays. L’attention se concentre toutefois sur une absence : celle de Mojtaba Khamenei, fils et successeur désigné, qui n’a fait aucune apparition publique depuis l’attaque et dont l’état de santé fait l’objet de spéculations contradictoires.
Les préparatifs officiels, décrits par les médias d’État iraniens, mobilisent les forces de sécurité et le Corps des gardiens de la révolution pour encadrer des processions de masse. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé une coordination avec l’Irak pour des cérémonies dans les villes saintes chiites de Nadjaf et Karbala. En parallèle, l’opposition iranienne en exil, emmenée par le prince héritier Reza Pahlavi, a appelé à une « semaine d’action mondiale pour un Iran libre » du 4 au 9 juillet, dénonçant un régime qu’elle qualifie de « criminel » et exhortant les États-Unis à ne pas traiter avec lui. Cette initiative coïncide avec la fête nationale américaine et prévoit des rassemblements devant des ambassades, ainsi que des actions clandestines à l’intérieur de l’Iran.
La dimension diplomatique est particulièrement sensible pour l’Inde. Des sources proches du gouvernement indien indiquent que le président iranien Massoud Pezeshkian a invité le premier ministre Narendra Modi, mais que New Delhi a choisi de se faire représenter par le ministre d’État aux Affaires extérieures Pabitra Margherita et le gouverneur du Bihar, Syed Ata Hasnain. Ce choix reflète, selon des analystes indiens, une volonté de maintenir un équilibre entre la relation historique avec l’Iran et le partenariat stratégique avec les États-Unis et Israël, d’autant que le gouvernement Modi n’avait pas condamné l’assassinat de Khamenei et avait gardé le silence, suscitant les critiques de l’opposition. Le Pakistan, de son côté, a confirmé la présence de son président et de son premier ministre, illustrant des alignements régionaux distincts.
L’incertitude entourant Mojtaba Khamenei pèse sur la portée politique de ces funérailles. Des responsables américains, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, ont affirmé qu’il serait dans le coma, tandis que les médias iraniens évoquent des blessures graves au visage et aux jambes sans confirmer une incapacité. Depuis mars, toutes ses déclarations ont été lues par des présentateurs de la télévision d’État, appelant à la poursuite judiciaire des « crimes » américains et israéliens et à l’unité nationale. Sa première apparition publique, si elle a lieu, serait interprétée comme un signal de continuité du pouvoir ; son absence prolongée alimenterait les doutes sur la stabilité de la transition, dans un contexte où les négociations avec les États-Unis se poursuivent en Suisse et où la trêve reste précaire. Les prochains jours devraient ainsi offrir une double lecture : celle d’un hommage populaire à un dirigeant de trente-six ans et celle d’un révélateur des fragilités du système qu’il a laissé.
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Les préparatifs des funérailles d'Ali Khamenei se déroulent à Téhéran, Qom et Mashhad. L'attention se porte sur l'éventuelle première apparition publique de son fils Mojtaba, au milieu des interrogations sur sa santé et la transition du pouvoir. Parallèlement, Mojtaba a appelé le pouvoir judiciaire à restaurer les droits de la nation face aux États-Unis et à Israël, et a lancé un sévère avertissement à Bahreïn.
Alors que le régime iranien enterre son ancien guide suprême, le prince héritier en exil appelle à une semaine mondiale d'action pour dénoncer les crimes du régime et honorer les héros tombés de la révolution. Les funérailles sont présentées comme un moment pour intensifier la pression sur la République islamique, accusée d'avoir massacré des manifestants. L'opposition cherche à saisir l'occasion pour rallier un soutien international en faveur d'un Iran libre.
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