
Washington durcit le statut temporaire de centaines de milliers de migrants
La Cour suprême autorise la fin du TPS pour Haïtiens et Syriens, tandis que le ministère de la Sécurité intérieure propose des billets d’avion pour le retour.
La décision de la Cour suprême des États-Unis, rendue le 25 juin, de valider la faculté de l’exécutif à mettre un terme au statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens et syriens ouvre la voie à la révocation de ce dispositif humanitaire pour plus de 350 000 personnes. Selon les attendus, les juridictions inférieures n’ont pas compétence pour bloquer les désignations du département de la Sécurité intérieure (DHS). Dans la foulée, le ministre Markwayne Mullin a déclaré sur CNN que les bénéficiaires devaient soit obtenir un statut permanent, soit quitter le territoire, promettant un billet d’avion et environ 2 100 dollars pour faciliter la réinstallation. Cette annonce, relayée par les médias russes et latino-américains, s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire américaine.
Les réactions divergent selon les régions et les institutions. Depuis l’Ohio, le gouverneur républicain Mike DeWine a mis en garde contre les conséquences économiques d’un départ massif de travailleurs haïtiens, notamment dans le secteur de la santé, tout en soulignant l’insécurité persistante dans leur pays d’origine. À l’inverse, l’administration fédérale justifie la mesure par le caractère temporaire du statut et la nécessité de respecter les décisions de justice. Les organisations de défense des immigrés, citées par les médias latino-américains, dénoncent une « perte catastrophique » et alertent sur le risque de déportations immédiates pour des personnes parfois installées depuis plus d’une décennie.
Au-delà du TPS, plusieurs évolutions réglementaires et législatives renforcent la précarité des étrangers en situation irrégulière ou en cours de régularisation. L’État du Mississippi a ainsi adopté une loi, entrée en vigueur le 1er juillet, qui charge la police d’établir un registre des immigrés sans papiers, avec partage des données aux autorités locales. Parallèlement, un mémorandum des services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) restreint l’ajustement de statut pour les titulaires de visas temporaires, les obligeant à déposer leur demande de carte verte depuis leur pays d’origine, une mesure qui touche particulièrement la Californie, la Floride, le Texas et l’État de New York. Enfin, un arrêt de la Cour suprême autorise les agents frontaliers à considérer comme demandeurs d’admission les résidents permanents ayant commis certains délits, même sans condamnation définitive, modifiant ainsi la charge de la preuve lors du retour sur le territoire.
La couverture médiatique internationale reflète la portée de ces mesures. Les titres argentins et mexicains insistent sur les conséquences pratiques pour les migrants latino-américains, tandis que la presse russe replace la décision dans le contexte plus général de la politique de l’administration Trump, qui prévoit l’expulsion d’un million de personnes. Les prochaines étapes restent incertaines : si les recours contre la révocation du TPS devraient être rejetés à la lumière de l’arrêt de la Cour suprême, aucun calendrier national de retrait des protections n’a encore été communiqué. Les permis de travail de nombreux Haïtiens et Syriens arrivent à expiration, et les autorités locales, comme en Ohio, anticipent des conséquences immédiates sur l’emploi et la légalité du séjour.
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La Cour suprême a ouvert la voie à l'administration pour mettre fin aux protections temporaires des Haïtiens et des Syriens. Tandis que le secrétaire à la Sécurité intérieure affirme que ce statut n'a jamais été conçu comme permanent et propose une aide financière au retour, un gouverneur républicain alerte sur le coût économique et humanitaire de l'expulsion de communautés installées de longue date.
L'arrêt de la Cour suprême est présenté comme un coup dévastateur qui expose des centaines de milliers de familles à une expulsion imminente. Cette décision s'inscrit dans un durcissement plus large, avec des États qui créent des registres de sans-papiers et de nouveaux obstacles pour les résidents permanents, semant la peur dans toutes les communautés immigrées.
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