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Sciences & Santéjeudi 2 juillet 2026

Résurgence des baleines, fossiles aux enchères : les nouveaux visages du patrimoine naturel

Du retour des baleines à bosse au large de Rio à la vente d’un T-Rex pour 30 millions de dollars, la relation entre l’homme et les espèces disparues ou menacées oscille entre conservation, science et marchandisation.

La population de baleines à bosse fréquentant les côtes brésiliennes est passée d’environ 2 000 à près de 35 000 individus en quatre décennies, selon le Humpback Whale Project. Ce rétablissement, qui ramène l’espèce à des niveaux proches de ceux antérieurs à la chasse commerciale, est directement attribué au moratoire mondial adopté en 1982 par la Commission baleinière internationale et entré en vigueur lors de la saison 1985-1986. La baie de Guanabara, carte postale de Rio de Janeiro, voit désormais ces cétacés lors de leur migration annuelle, suscitant une demande croissante pour des excursions d’observation encadrées par des biologistes.

Ce retour contraste avec le destin d’une baleine franche de l’Atlantique Nord, harponnée au large de New York en 1907. Son squelette de 12 mètres, composé de 168 os, vient de retrouver le Musée maritime de Hull, au Royaume-Uni, après une restauration de six ans et un investissement de 20 millions de livres sterling. L’espèce, dont il ne reste que moins de 400 représentants, est aujourd’hui classée en danger critique d’extinction. Le spécimen, prêté par l’Université de Cambridge en 1935 en échange d’un squelette de baleine bleue, témoigne d’une époque où les musées occidentaux constituaient leurs collections par le biais de la chasse et du commerce d’histoire naturelle.

Cette logique de valorisation économique du patrimoine paléontologique atteint des sommets avec la mise aux enchères par Sotheby’s à New York, le 14 juillet, d’un squelette de Tyrannosaurus rex baptisé « Gus ». Découvert en 2021 dans le Dakota du Sud sur un terrain privé, le fossile, long de 11,6 mètres et complet à 63 %, est estimé entre 20 et 30 millions de dollars. Le précédent record pour un dinosaure, un stégosaure nommé « Apex », avait atteint 44,6 millions de dollars en 2024. La législation américaine, qui attribue les fossiles trouvés sur des terres privées à leur propriétaire, alimente un marché où les musées publics peinent à rivaliser avec les acheteurs privés.

Parallèlement, la science progresse dans des régions moins accessibles. Un os conservé depuis 1985 dans les collections du British Antarctic Survey à Cambridge vient d’être identifié comme la première vertèbre de dinosaure découverte en Antarctique. Il s’agit d’un titanosaure, herbivore géant du Crétacé supérieur, dont la présence conforte l’hypothèse d’un corridor de dispersion entre l’Amérique du Sud et la Nouvelle-Zélande via la péninsule antarctique, alors couverte de forêts tempérées. Enfin, au Chili, la fondation privée Parque Tricao a restauré 100 hectares de zones humides et de ravins, créant une réserve qui abrite aujourd’hui la plus grande volière d’Amérique du Sud et sert de refuge à des espèces menacées par les incendies et la sécheresse, illustrant un modèle de conservation porté par des acteurs non étatiques.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse atlantique / anglosphèrePresse européenne continentale
Presse atlantique / anglosphère/ Progressiste
TriomphePragmatisme

Les baleines à bosse font un retour spectaculaire au large de Rio de Janeiro, leur population étant passée d'environ 2 000 à près de 35 000 en quarante ans, stimulant l'essor du tourisme d'observation. Un squelette de baleine franche de l'Atlantique Nord vieux de 119 ans a été méticuleusement restauré et réinstallé dans un musée britannique après une rénovation de 20 millions de livres. Ces évolutions célèbrent le rétablissement des géants marins et la valeur durable du patrimoine naturel.

Presse européenne continentale/ Méditerranéenne
ScepticismeIronie

Un squelette de Tyrannosaurus rex remarquablement complet, baptisé 'Gus', sera mis aux enchères avec une estimation allant jusqu'à 30 millions de dollars, un record pour un dinosaure. La vente transforme un trésor scientifique en objet de luxe, suscitant des interrogations sur la marchandisation du patrimoine naturel. Tandis que la maison de ventes vante l'état impeccable du fossile, l'événement illustre un marché où la préhistoire rencontre la haute finance.

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jeudi 2 juillet 2026

Résurgence des baleines, fossiles aux enchères : les nouveaux visages du patrimoine naturel

Du retour des baleines à bosse au large de Rio à la vente d’un T-Rex pour 30 millions de dollars, la relation entre l’homme et les espèces disparues ou menacées oscille entre conservation, science et marchandisation.

La population de baleines à bosse fréquentant les côtes brésiliennes est passée d’environ 2 000 à près de 35 000 individus en quatre décennies, selon le Humpback Whale Project. Ce rétablissement, qui ramène l’espèce à des niveaux proches de ceux antérieurs à la chasse commerciale, est directement attribué au moratoire mondial adopté en 1982 par la Commission baleinière internationale et entré en vigueur lors de la saison 1985-1986. La baie de Guanabara, carte postale de Rio de Janeiro, voit désormais ces cétacés lors de leur migration annuelle, suscitant une demande croissante pour des excursions d’observation encadrées par des biologistes.

Ce retour contraste avec le destin d’une baleine franche de l’Atlantique Nord, harponnée au large de New York en 1907. Son squelette de 12 mètres, composé de 168 os, vient de retrouver le Musée maritime de Hull, au Royaume-Uni, après une restauration de six ans et un investissement de 20 millions de livres sterling. L’espèce, dont il ne reste que moins de 400 représentants, est aujourd’hui classée en danger critique d’extinction. Le spécimen, prêté par l’Université de Cambridge en 1935 en échange d’un squelette de baleine bleue, témoigne d’une époque où les musées occidentaux constituaient leurs collections par le biais de la chasse et du commerce d’histoire naturelle.

Cette logique de valorisation économique du patrimoine paléontologique atteint des sommets avec la mise aux enchères par Sotheby’s à New York, le 14 juillet, d’un squelette de Tyrannosaurus rex baptisé « Gus ». Découvert en 2021 dans le Dakota du Sud sur un terrain privé, le fossile, long de 11,6 mètres et complet à 63 %, est estimé entre 20 et 30 millions de dollars. Le précédent record pour un dinosaure, un stégosaure nommé « Apex », avait atteint 44,6 millions de dollars en 2024. La législation américaine, qui attribue les fossiles trouvés sur des terres privées à leur propriétaire, alimente un marché où les musées publics peinent à rivaliser avec les acheteurs privés.

Parallèlement, la science progresse dans des régions moins accessibles. Un os conservé depuis 1985 dans les collections du British Antarctic Survey à Cambridge vient d’être identifié comme la première vertèbre de dinosaure découverte en Antarctique. Il s’agit d’un titanosaure, herbivore géant du Crétacé supérieur, dont la présence conforte l’hypothèse d’un corridor de dispersion entre l’Amérique du Sud et la Nouvelle-Zélande via la péninsule antarctique, alors couverte de forêts tempérées. Enfin, au Chili, la fondation privée Parque Tricao a restauré 100 hectares de zones humides et de ravins, créant une réserve qui abrite aujourd’hui la plus grande volière d’Amérique du Sud et sert de refuge à des espèces menacées par les incendies et la sécheresse, illustrant un modèle de conservation porté par des acteurs non étatiques.

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Les baleines à bosse font un retour spectaculaire au large de Rio de Janeiro, leur population étant passée d'environ 2 000 à près de 35 000 en quarante ans, stimulant l'essor du tourisme d'observation. Un squelette de baleine franche de l'Atlantique Nord vieux de 119 ans a été méticuleusement restauré et réinstallé dans un musée britannique après une rénovation de 20 millions de livres. Ces évolutions célèbrent le rétablissement des géants marins et la valeur durable du patrimoine naturel.

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ScepticismeIronie

Un squelette de Tyrannosaurus rex remarquablement complet, baptisé 'Gus', sera mis aux enchères avec une estimation allant jusqu'à 30 millions de dollars, un record pour un dinosaure. La vente transforme un trésor scientifique en objet de luxe, suscitant des interrogations sur la marchandisation du patrimoine naturel. Tandis que la maison de ventes vante l'état impeccable du fossile, l'événement illustre un marché où la préhistoire rencontre la haute finance.

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