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Géopolitique et Politiquedimanche 12 juillet 2026

Expulsions en Afrique du Sud, régularisations en Espagne : les politiques migratoires sous tension

Pretoria a traité plus de 53 000 dossiers d’expulsion, Madrid fait face à 1,2 million de demandes de régularisation, tandis que Washington externalise ses renvois vers l’Afrique centrale.

Les autorités sud-africaines ont annoncé avoir engagé des procédures d’éloignement ou de retour volontaire à l’encontre de 53 499 ressortissants étrangers, principalement originaires du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique, dans le cadre d’une campagne de « gestion migratoire » lancée il y a cinq semaines. Selon la ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi, ce chiffre – plus du double des expulsions enregistrées avant les manifestations anti-immigrés du 30 juin – reflète la volonté de Pretoria de concilier « une migration ordonnée » avec le respect des droits humains. Les protestations, émaillées de violences et de pillages, ont été portées par des groupes exigeant des contrôles frontaliers renforcés et des expulsions massives, accusant les sans-papiers d’aggraver le chômage et la criminalité. L’ONU a mis en garde contre la tentation de faire des migrants des boucs émissaires, tandis que des organisations de la société civile sud-africaine dénoncent des opérations de contrôle ciblant illégalement les étrangers. Le président Cyril Ramaphosa a condamné les agressions, tout en reconnaissant les préoccupations de l’opinion.

En Espagne, le processus de régularisation a suscité 1,2 million de demandes, débordant les prévisions gouvernementales. D’après le ministère de la Sécurité sociale, près de 160 000 personnes ont commencé à cotiser à la fin juin, mais le ministère du Travail n’a pas communiqué le nombre de régularisés inscrits au chômage. Des analystes du marché du travail, comme María Jesús Fernández de la fondation Funcas, estiment que l’augmentation du chômage étranger en mai et juin – environ 16 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières, alors qu’une baisse était habituelle – est directement imputable à la régularisation, et évaluent à 20 000 le nombre de nouveaux demandeurs d’emploi issus de ce processus. Le secrétaire d’État à l’Emploi, Joaquín Pérez Rey, a jugé « prématuré » d’établir un lien et qualifié l’impact sur le chômage d’« insignifiant ».

Parallèlement, les États-Unis poursuivent leur politique d’externalisation des expulsions. Selon des avocats spécialisés, une ressortissante iranienne figure parmi un groupe de migrants que Washington prévoit de transférer vers la République centrafricaine, pays avec lequel un accord de réadmission a été conclu. Deux autres Iraniennes ont obtenu une suspension temporaire de leur renvoi par une décision de justice, le temps d’examiner la légalité de ce transfert vers un État tiers. Les trois femmes bénéficiaient auparavant d’une protection contre le retour en Iran en raison de risques de persécution politique ou religieuse. Des organisations de défense des droits des migrants critiquent ce mécanisme, y voyant un contournement des garanties accordées aux demandeurs d’asile. Le Fonds de défense juridique irano-américain a également fait état de la présence, parmi les expulsés, de ressortissants d’Afghanistan, de Jordanie, d’Arménie, de Turquie et de Géorgie, et s’inquiète des liens sécuritaires entre Moscou et Téhéran dans le cas de la déportée iranienne.

Ces trois dossiers illustrent des approches divergentes de la pression migratoire : expulsions accélérées en Afrique du Sud, régularisation massive en Espagne, sous-traitance des renvois par les États-Unis. En Afrique du Sud, un second centre de rétention temporaire a été ouvert et les expulsions se poursuivent, tandis que les organisateurs des manifestations menacent de mobilisations hebdomadaires. En Espagne, le gouvernement continue de diffuser les données d’affiliation sans dévoiler l’impact sur les listes du service public de l’emploi, alimentant le débat sur les effets réels de la régularisation. Aux États-Unis, la justice est appelée à se prononcer sur la légalité des transferts vers des pays tiers, avec des ordonnances temporaires suspendant certains renvois. Dans les trois cas, les institutions internationales et les organisations de défense des droits appellent à ne pas instrumentaliser les migrants dans des logiques de politique intérieure.

Divergence — qui la raconte comment
8%Faible
3 blocs · positions de −0.30 à −0.10
CritiqueFavorable
GLFATLALM
Divergence entre blocs de presse
Presse du Golfe arabe−0.30critical
Presse atlantique / anglosphère−0.20neutral
Presse arabe Levant-Maghreb−0.10neutral
South African outlets are not present in this cluster.
Presse du Golfe arabe−0.30
Voix

The South African government violates immigrants' rights with illegal inspections.

Mécanismedenuncia

By emphasizing civil organizations' warnings and using the term 'illegal' to describe inspections, the bloc builds a frame of abuse of power.

Omission

It does not mention the anti-immigrant protests that preceded the campaign, nor the violence and looting that pushed the government to act.

IndignationScepticisme
Presse atlantique / anglosphère−0.20
Voix

The South African government responds to protests with one of the biggest crackdowns on undocumented migrants, while protesters demand tighter controls.

Mécanismecontestualizzazione

By presenting the campaign as a 'crackdown' and linking it directly to violent protests, the bloc normalizes government action as a response to a social crisis.

Omission

It does not report the warnings from civil organizations about illegal inspections, which would question the legality of the operation.

PragmatismeDétachement
Presse arabe Levant-Maghreb−0.10
Voix

South African authorities expel tens of thousands of foreigners, but warn private security groups against carrying out illegal inspections.

Mécanismeavvertimento

By separating legitimate government action from illegal vigilante activities, the bloc legitimizes deportation while condemning excesses.

Omission

It does not mention the anti-immigrant protests or the violence that preceded the campaign, omitting the social context that pushed the government.

PragmatismeDétachement

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dimanche 12 juillet 2026

Expulsions en Afrique du Sud, régularisations en Espagne : les politiques migratoires sous tension

Pretoria a traité plus de 53 000 dossiers d’expulsion, Madrid fait face à 1,2 million de demandes de régularisation, tandis que Washington externalise ses renvois vers l’Afrique centrale.

Les autorités sud-africaines ont annoncé avoir engagé des procédures d’éloignement ou de retour volontaire à l’encontre de 53 499 ressortissants étrangers, principalement originaires du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique, dans le cadre d’une campagne de « gestion migratoire » lancée il y a cinq semaines. Selon la ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi, ce chiffre – plus du double des expulsions enregistrées avant les manifestations anti-immigrés du 30 juin – reflète la volonté de Pretoria de concilier « une migration ordonnée » avec le respect des droits humains. Les protestations, émaillées de violences et de pillages, ont été portées par des groupes exigeant des contrôles frontaliers renforcés et des expulsions massives, accusant les sans-papiers d’aggraver le chômage et la criminalité. L’ONU a mis en garde contre la tentation de faire des migrants des boucs émissaires, tandis que des organisations de la société civile sud-africaine dénoncent des opérations de contrôle ciblant illégalement les étrangers. Le président Cyril Ramaphosa a condamné les agressions, tout en reconnaissant les préoccupations de l’opinion.

En Espagne, le processus de régularisation a suscité 1,2 million de demandes, débordant les prévisions gouvernementales. D’après le ministère de la Sécurité sociale, près de 160 000 personnes ont commencé à cotiser à la fin juin, mais le ministère du Travail n’a pas communiqué le nombre de régularisés inscrits au chômage. Des analystes du marché du travail, comme María Jesús Fernández de la fondation Funcas, estiment que l’augmentation du chômage étranger en mai et juin – environ 16 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières, alors qu’une baisse était habituelle – est directement imputable à la régularisation, et évaluent à 20 000 le nombre de nouveaux demandeurs d’emploi issus de ce processus. Le secrétaire d’État à l’Emploi, Joaquín Pérez Rey, a jugé « prématuré » d’établir un lien et qualifié l’impact sur le chômage d’« insignifiant ».

Parallèlement, les États-Unis poursuivent leur politique d’externalisation des expulsions. Selon des avocats spécialisés, une ressortissante iranienne figure parmi un groupe de migrants que Washington prévoit de transférer vers la République centrafricaine, pays avec lequel un accord de réadmission a été conclu. Deux autres Iraniennes ont obtenu une suspension temporaire de leur renvoi par une décision de justice, le temps d’examiner la légalité de ce transfert vers un État tiers. Les trois femmes bénéficiaient auparavant d’une protection contre le retour en Iran en raison de risques de persécution politique ou religieuse. Des organisations de défense des droits des migrants critiquent ce mécanisme, y voyant un contournement des garanties accordées aux demandeurs d’asile. Le Fonds de défense juridique irano-américain a également fait état de la présence, parmi les expulsés, de ressortissants d’Afghanistan, de Jordanie, d’Arménie, de Turquie et de Géorgie, et s’inquiète des liens sécuritaires entre Moscou et Téhéran dans le cas de la déportée iranienne.

Ces trois dossiers illustrent des approches divergentes de la pression migratoire : expulsions accélérées en Afrique du Sud, régularisation massive en Espagne, sous-traitance des renvois par les États-Unis. En Afrique du Sud, un second centre de rétention temporaire a été ouvert et les expulsions se poursuivent, tandis que les organisateurs des manifestations menacent de mobilisations hebdomadaires. En Espagne, le gouvernement continue de diffuser les données d’affiliation sans dévoiler l’impact sur les listes du service public de l’emploi, alimentant le débat sur les effets réels de la régularisation. Aux États-Unis, la justice est appelée à se prononcer sur la légalité des transferts vers des pays tiers, avec des ordonnances temporaires suspendant certains renvois. Dans les trois cas, les institutions internationales et les organisations de défense des droits appellent à ne pas instrumentaliser les migrants dans des logiques de politique intérieure.

Divergence — qui la raconte comment
8%Faible
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CritiqueFavorable
GLFATLALM
Divergence entre blocs de presse
Presse du Golfe arabe−0.30critical
Presse atlantique / anglosphère−0.20neutral
Presse arabe Levant-Maghreb−0.10neutral
South African outlets are not present in this cluster.
Presse du Golfe arabe−0.30
Voix

The South African government violates immigrants' rights with illegal inspections.

Mécanismedenuncia

By emphasizing civil organizations' warnings and using the term 'illegal' to describe inspections, the bloc builds a frame of abuse of power.

Omission

It does not mention the anti-immigrant protests that preceded the campaign, nor the violence and looting that pushed the government to act.

IndignationScepticisme
Presse atlantique / anglosphère−0.20
Voix

The South African government responds to protests with one of the biggest crackdowns on undocumented migrants, while protesters demand tighter controls.

Mécanismecontestualizzazione

By presenting the campaign as a 'crackdown' and linking it directly to violent protests, the bloc normalizes government action as a response to a social crisis.

Omission

It does not report the warnings from civil organizations about illegal inspections, which would question the legality of the operation.

PragmatismeDétachement
Presse arabe Levant-Maghreb−0.10
Voix

South African authorities expel tens of thousands of foreigners, but warn private security groups against carrying out illegal inspections.

Mécanismeavvertimento

By separating legitimate government action from illegal vigilante activities, the bloc legitimizes deportation while condemning excesses.

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PragmatismeDétachement

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