
En Saxe-Anhalt, l’AfD dévoile un programme de rupture pour ses cent premiers jours au pouvoir
Le parti d’extrême droite, en tête des sondages, a présenté un plan prévoyant expulsions, classes séparées et fin des subventions à la démocratie, suscitant des réactions jusqu’en Italie et dans le monde arabe.
Lors de son congrès à Magdebourg, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) de Saxe-Anhalt a présenté samedi 11 juillet un programme pour les cent premiers jours d’un éventuel gouvernement régional. Le chef de file Ulrich Siegmund a détaillé dix mesures immédiates, parmi lesquelles l’expulsion des étrangers en situation irrégulière « dès la première minute », l’obligation de travail pour les demandeurs d’asile, la création de classes séparées pour les enfants dont les parents ont un titre de séjour temporaire, et l’interdiction du drapeau arc-en-ciel dans les écoles au profit du drapeau fédéral. Le parti entend également dénoncer les traités sur la radiodiffusion publique, supprimer les financements des fondations partisanes et des programmes de promotion de la démocratie, et rebaptiser la campagne officielle du Land « #deutschdenken » en lieu et place de « #moderndenken ». Selon plusieurs médias allemands, ce document n’a toutefois pas été soumis au vote des délégués, faute d’avoir été finalisé dans les délais statutaires.
Le congrès a aussi été marqué par la réélection du président régional Martin Reichardt avec 89 % des voix, malgré une polémique récente autour d’une photographie où il semble esquisser un salut hitlérien. Dans son discours, M. Reichardt a vivement attaqué l’Union chrétienne-démocrate (CDU), accusant le ministre-président Sven Schulze de « mensonges » lorsqu’il exclut une coopération avec le parti de gauche Die Linke, et qualifiant le gouvernement actuel de « pseudoconservateur suspendu aux fils des extrémistes de gauche ». La direction de l’AfD saxonne-anhaltoise, que l’Office de protection de la constitution du Land classe comme « extrémiste avérée », se présente comme porteuse d’une « mission historique » visant à empêcher une coalition des autres partis.
La presse allemande, notamment la Süddeutsche Zeitung et la Frankfurter Allgemeine Zeitung, a relevé les incertitudes entourant le financement de ces promesses, dans un Land aux finances déjà tendues. Interrogé sur le calendrier de mise en œuvre, M. Siegmund est resté évasif, évoquant la nécessité d’obtenir d’abord des « marges de manœuvre budgétaires ». Les observateurs italiens de La Stampa ont qualifié ce programme de « choc », tandis que le quotidien émirati Al Ittihad a mis l’accent sur l’engagement d’expulser tous les immigrés en situation irrégulière. En Allemagne, l’ancien vice-chancelier Joschka Fischer a averti, dans un entretien au Corriere della Sera, qu’une accession de l’AfD au pouvoir entraînerait un « effondrement de l’Europe ».
À huit semaines du scrutin régional du 6 septembre, les enquêtes d’opinion placent l’AfD en tête avec environ 40 % des intentions de vote, loin devant la CDU. Une majorité absolue, qui requerrait 42 sièges sur 83, est jugée possible par plusieurs instituts. Le parti espère faire de la Saxe-Anhalt le premier Land dirigé par l’extrême droite depuis 1945, prélude, selon sa direction fédérale, à une candidature d’Alice Weidel à la chancellerie. Le programme des cent jours n’ayant pas été formellement adopté, sa version définitive pourrait encore évoluer d’ici l’échéance électorale.
| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.10 | neutral |
Continental Europe denounces the AfD program as an existential threat: mass deportations, forced labor, and nationalist symbols are a return to Germany's darkest past.
It draws a direct parallel between AfD proposals and Nazi policies, using terms like 'forced labor' and 'Hitler salute' to evoke historical memory and delegitimize the party.
Any mention of the AfD's own justifications, such as security or cultural preservation, is omitted, and no space is given to critiques from other parties on opposite grounds.
The Arab Gulf notes the AfD's pledges with detachment: expelling irregular migrants is just another policy point, with no emphasis on its radical nature.
It adopts a flat, descriptive tone, listing measures without evaluative adjectives, thereby normalizing the proposal as part of ordinary political debate.
The more extreme elements of the program, such as forced labor and the ban on rainbow flags, are omitted, even though they appear in European reports.
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