
Des serveurs à base de vieux Pixel : Google et San Diego réinventent le cloud bas carbone
Un centre de données composé de 2 000 smartphones recyclés doit entrer en service au printemps 2026, illustrant une réponse concrète au problème du carbone embarqué dans l’électronique.
Un projet conjoint de Google et de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) s’apprête à transformer la manière dont l’industrie technologique envisage le cycle de vie des appareils mobiles. L’initiative, dont le déploiement complet est prévu pour le printemps 2026, consiste à assembler un cluster de calcul à partir de 2 000 smartphones Pixel usagés, privés de leur écran, batterie et caméra, pour fournir des services cloud à faible empreinte carbone aux étudiants et chercheurs du campus. L’enjeu dépasse la simple réutilisation : il s’agit de réduire le « carbone embarqué », ces émissions massives liées à la fabrication des composants, qui représentent environ la moitié de l’empreinte totale d’un téléphone.
Le principe technique repose sur l’extraction des cartes mères, dont les processeurs et la mémoire restent compétitifs. Android est remplacé par une distribution Linux standard, et Kubernetes orchestre la répartition des tâches. Les premiers essais, menés sur un échantillon de 20 appareils, ont montré qu’un petit cluster pouvait gérer les travaux d’une classe de 75 étudiants avec des latences inférieures à celles de services commerciaux. Selon les mesures de performance, il faut entre 25 et 50 téléphones pour égaler la puissance d’un serveur moderne, mais la performance monocœur d’un smartphone actuel surpasse souvent celle de nombreux cœurs de serveurs traditionnels.
Cette expérience s’inscrit dans un mouvement plus large de démocratisation des technologies et de prise de conscience environnementale. Les médias indonésiens relèvent que des fonctions de sécurité comme les capteurs d’empreintes, le chiffrement matériel et les mises à jour logicielles prolongées, autrefois réservées aux flagships, équipent désormais des modèles à moins de deux millions de roupies. En Europe, la distribution généraliste El Corte Inglés propose le Galaxy A17 5G à 260 euros, tandis que la marque Nothing, au design transparent, cible le milieu de gamme avec son Phone 4b. Parallèlement, les fuites relayées par la presse iranienne et les sites spécialisés annoncent une nouvelle génération de pliables chez Samsung et Honor, intégrant des batteries de 5 000 à 7 000 mAh et des puces gravées en 2 nm, confirmant que la course à la performance reste vive en Asie.
Le centre de données de San Diego fonctionnera comme un banc d’essai pour évaluer la fiabilité de matériel grand public soumis à un usage intensif et continu. Il fournira des environnements de développement, des notebooks Jupyter et des outils de notation automatique. Au-delà de ce démonstrateur, l’industrie observe avec attention la capacité des acteurs à concilier innovation matérielle et soutenabilité, alors que les régulateurs européens renforcent les exigences de réparabilité et de durabilité des terminaux.
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