
Décès de l’ancien émir du Qatar : un hommage régional unanime au médiateur et modernisateur
De Téhéran à Rabat, en passant par Beyrouth, les dirigeants saluent la mémoire de cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, architecte de la diplomatie qatarie et soutien indéfectible des causes arabes.
L’annonce du décès, dimanche 12 juillet, de l’ancien émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, à l’âge de 74 ans, a suscité un concert de condoléances à travers le Moyen-Orient et au-delà. Le Qatar a décrété un deuil national de quatre jours et la mise en berne des drapeaux. Les messages de sympathie, émanant de chefs d’État et de gouvernements, de l’Iran au Maroc, de la Turquie à l’Inde, convergent pour souligner le rôle déterminant du défunt dans l’émergence de l’émirat comme acteur incontournable de la scène régionale, grâce à une diplomatie active et une modernisation économique accélérée par l’exploitation du gaz naturel. Selon le communiqué du diwan royal marocain, cheikh Hamad a marqué « l’histoire de son pays par des réalisations distinguées, notamment dans sa modernisation et le développement de ses capacités économiques et politiques, ce qui lui a conféré un poids notable et l’a qualifié pour contribuer efficacement à la défense des causes arabes justes et au renforcement des ponts de la solidarité arabo-islamique ».
Du côté libanais, les témoignages de reconnaissance sont particulièrement appuyés. Le président du Parlement, Nabih Berri, a évoqué un « ami et un baume pour nos blessures », rappelant le soutien constant de l’émir à la stabilité et à l’unité du Liban, notamment après la guerre de 2006, lorsque Doha avait financé la reconstruction de villages détruits par l’offensive israélienne. Le Hezbollah a, pour sa part, salué « le rôle éminent joué par le défunt dans le soutien au Liban et sa position constante aux côtés de son peuple dans les moments les plus difficiles, en particulier le soutien à la résistance lors de l’agression sioniste de 2006 et sa contribution généreuse à la reconstruction ». Le Courant patriotique libre, fondé par le président Michel Aoun, a également rappelé le rôle de médiateur de Doha dans l’accord de 2008 qui avait mis fin à une longue crise politique libanaise. Ces lectures, provenant de forces politiques antagonistes, illustrent la capacité du Qatar à se poser en intermédiaire incontournable dans les conflits régionaux. Selon des sources palestiniennes, l’ancien émir a par ailleurs été un défenseur constant de la cause palestinienne, notamment du droit à la résistance contre l’occupation.
Téhéran, par la voix du président Massoud Pezeshkian et du ministre des Affaires étrangères, a mis l’accent sur « le rôle efficace joué par le défunt dans le développement des relations fraternelles et de la coopération amicale entre la République islamique d’Iran et l’État du Qatar ». Les autorités iraniennes soulignent qu’il a su entretenir des liens étroits tout en préservant une certaine autonomie vis-à-vis de l’Arabie saoudite, notamment en abritant une base militaire américaine tout en coopérant avec l’Iran dans le partage du gisement gazier de South Pars / North Dome. Cette position d’équilibre a permis à Doha de jouer un rôle de facilitateur dans plusieurs crises, de l’Afghanistan au Soudan, rappellent des analystes du Golfe.
Les messages de condoléances expriment tous le sentiment d’une perte pour le monde arabe. À Alger, le président Tebboune a insisté sur la relation « spéciale » liant le défunt à l’Algérie, évoquant « des liens solides tissés par ses visites répétées, qui ont contribué au renforcement de la fraternité et de la coopération entre les deux pays frères ». De son côté, le roi du Maroc, Mohammed VI, a rappelé que le royaume conservait « avec estime, les liens de fraternité solide et de solidarité agissante » qui unissaient l’ancien émir à Rabat, où il n’avait « jamais hésité à apporter toutes les formes de soutien à son second pays, le Maroc, qu’il s’agisse de ses projets de développement ou de ses causes justes ».
Arrivé au pouvoir en 1995 après avoir déposé son père, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani avait abdiqué en 2013 en faveur de son fils, Tamim, dans un geste rare de transition ordonnée dans la région. Il laisse derrière lui un pays transformé, fort de réserves gazières colossales et d’une influence médiatique portée par la chaîne Al Jazeera, tout en ayant su naviguer entre les tensions régionales, du boycott mené par l’Arabie saoudite et ses alliés entre 2017 et 2021 au rapprochement récent avec ses voisins. Les cérémonies funéraires se dérouleront dans les prochains jours à Doha, où les chefs d’État sont attendus pour présenter leurs condoléances à la famille régnante.
| Presse arabe Levant-Maghreb | +1.00 | aligned |
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| Presse du Golfe arabe | +1.00 | aligned |
| Presse iranienne et apparentée | +1.00 | aligned |
Lebanon and its political forces pay tribute to a protective father who provided unwavering solidarity.
The personalization of the state is achieved by focusing the narrative on the emir's concrete actions toward Lebanon, turning a foreign leader into a familiar, protective figure.
The role of the emir in other regional areas, such as mediation in intra-Arab conflicts, is omitted, which could dilute the focus on the Lebanon-only bond.
The Gulf ruling houses unite in mourning, strengthening fraternal ties among dynasties.
The diplomatic ritual is performed through a standardized language of condolences, emphasizing dynastic continuity and brotherhood among emirates, without delving into the political role of the deceased.
Any reference to past disputes between Qatar and other Gulf states, such as the 2017 crisis, is omitted, which could undermine the narrative of family unity.
The Islamic Republic of Iran remembers the late emir as a brother and partner in building friendly relations.
Islamic brotherhood is built through religious and respectful language, linking the two countries on cultural and strategic grounds, avoiding deeper political regional divergences.
The emir's support for regional actors rival to Iran, such as certain groups in Syria or Yemen, is omitted, which could complicate the narrative of bilateral harmony.
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