
De Saint-Pétersbourg à la Basse-Saxe, les candidatures d'opposition freinées par des obstacles administratifs
En Russie, le parti libéral Iabloko se heurte à des refus d'enregistrement et à des arrestations ; en Allemagne, l'exclusion d'un candidat de l'AfD pour manque de loyauté constitutionnelle suscite la controverse juridique.
La commission électorale de Saint-Pétersbourg a refusé, le 24 juillet, l'enregistrement de la liste du parti Iabloko pour les élections au parlement municipal du 20 septembre. Motif invoqué : le rapport financier initial aurait été signé par un représentant dépourvu des pouvoirs requis, ce qui le rendrait juridiquement « inexistant ». Le parti, qui conteste cette interprétation, dénonce une « opération politique secrète » : la question ne figurait pas à l'ordre du jour officiel et a été introduite en séance. Iabloko affirme avoir déposé l'intégralité des documents nécessaires et corrigé les remarques dans les délais. La même instance a, en revanche, enregistré sans difficulté les listes de plusieurs autres formations, dont le parti écologiste « Les Verts », réputé proche du pouvoir.
Ce refus s'inscrit dans un contexte plus large de pressions sur l'opposition libérale en Russie. À Kaliningrad, un candidat de Iabloko aux élections législatives fédérales et régionales, Anton Gendrikson, a été arrêté et condamné à dix jours d'arrêt pour « démonstration de symboles interdits » – en l'espèce, la publication de logos d'Instagram et Facebook sans mention de leur appartenance à Meta, ainsi qu'une photo d'Alexeï Navalny. Cette condamnation entraîne automatiquement son inéligibilité pour un an. Selon les médias indépendants russes, plus de vingt personnalités politiques, souvent issues de l'opposition, ont déjà été visées par cette incrimination, qui ferme l'accès aux scrutins de l'automne.
En Allemagne, une controverse parallèle a éclaté en Basse-Saxe. Le comité électoral du district de Friesland a exclu le candidat de l'AfD Martin Sichert de l'élection au poste d'administrateur, sur recommandation du ministère régional de l'Intérieur dirigé par le Parti social-démocrate. L'argument avancé est un manque de loyauté constitutionnelle, étayé par plusieurs déclarations publiques de l'intéressé – comparaison implicite entre le drapeau arc-en-ciel et la période nazie, emploi des termes « décomposition de la population » et « envahisseurs hostiles ». Or, le constitutionnaliste Volker Boehme-Neßler, consulté par le quotidien Bild, estime qu'aucune de ces prises de position, pourtant virulentes, ne constitue une violation de l'ordre fondamental libéral-démocratique. Il rappelle que la simple appartenance à un parti non interdit ne saurait fonder une exclusion, et que la critique radicale du gouvernement relève du rôle de l'opposition.
Du point de vue des analystes russes, les obstacles imposés à Iabloko, seul parti d'opposition encore autorisé à présenter des listes, visent à éliminer toute alternative politique et à verrouiller le scrutin. La rapidité et l'absence de transparence de la décision pétersbourgeoise, conjuguées à l'instrumentalisation de la législation sur les symboles interdits, alimentent les doutes sur la crédibilité du processus électoral. En Allemagne, la décision du comité, prise sans véritable débat selon les témoignages, pose la question de l'usage de critères de loyauté constitutionnelle pour restreindre l'accès aux mandats électifs, un procédé que des juristes qualifient de disproportionné. Le ministère de l'Intérieur de Basse-Saxe s'est refusé à tout commentaire, invoquant l'indépendance des comités électoraux. Iabloko a annoncé son intention de faire appel, tandis que le candidat de l'AfD devrait contester son éviction devant les tribunaux.
Élargis ton regard
Miami, nouveau sommet de l’inabordabilité : quand l’immobilier mondial se polarise
2 langues · 7 sources
Depuis TechnologyMusk reconnaît ses excès politiques tout en promettant une ère d’abondance par l’IA
3 langues · 5 sources
Depuis Science & HealthThérapies géniques : premiers succès cliniques dans la SLA, le syndrome de Bardet-Biedl et la SPG50
4 langues · 6 sources