
Moscou attend des propositions américaines « acceptables » sous peine de poursuivre la guerre
Kiev et Washington coordonnent une relance des pourparlers, mais le Kremlin conditionne toute avancée à la satisfaction de ses exigences, réitérées sous la « formule d’Anchorage ».
À l’issue d’une rencontre entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, en marge du sommet de l’ASEAN à Manille, Moscou a fait savoir qu’elle attendait de Washington de nouvelles propositions pour un règlement du conflit ukrainien. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a précisé que ces idées devaient être « acceptables pour la Russie avant tout », tout en avertissant qu’en l’absence de perspectives de paix, la « opération militaire spéciale » se poursuivrait « jusqu’au bout, jusqu’à la victoire complète ». Cette posture combine une ouverture conditionnelle au dialogue avec une menace de poursuite des hostilités.
Selon les autorités russes, un précédent plan de paix, élaboré lors du sommet d’Anchorage en Alaska à l’été 2025, avait été accepté par Moscou mais rejeté par Kiev. M. Peskov a attribué cet échec à l’incapacité de Washington à « faire plier les Ukrainiens, poussés par les Européens ». La « formule d’Anchorage », dont les détails n’ont pas été officiellement divulgués, impliquerait, d’après des sources proches des discussions, un contrôle russe sur le Donbass et un gel de la ligne de front dans le sud et l’est de l’Ukraine. Pour la Russie, ces paramètres constituent la base de toute négociation ultérieure, et le rejet ukrainien est perçu comme un obstacle délibéré, que les capitales européennes encourageraient en continuant à armer Kiev.
Côté américain, l’administration Trump reconnaît la nécessité de « nouvelles idées et de nouveaux concepts », M. Rubio ayant qualifié d’échec les propositions d’Anchorage, inacceptables pour l’Ukraine. Selon des sources citées par le Kyiv Independent, des émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, devraient se rendre à Moscou fin juillet ou début août pour discuter d’un cadre révisé, élaboré en coordination avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier doit rencontrer Donald Trump à Washington, et une rencontre trilatérale est évoquée pour l’automne. Dans ce contexte, Washington et Kiev explorent l’idée d’un cessez-le-feu aérien partiel, motivée par des frappes ukrainiennes de longue portée sur des infrastructures russes et par l’épuisement relatif des défenses antiaériennes des deux camps. Un responsable américain estime que Vladimir Poutine pourrait désormais y être plus réceptif.
Moscou dénonce le « dualisme » américain qui consiste à fournir des armes à l’Ukraine tout en prétendant chercher la paix, mais M. Peskov a indiqué que la Russie entendait utiliser cette ambiguïté à son avantage, le désir de Washington de contribuer à un règlement pacifique correspondant, selon lui, aux intérêts russes. Les capitales européennes, sans s’être officiellement exprimées sur ce volet diplomatique, sont pointées par le Kremlin comme des instigatrices de l’intransigeance ukrainienne. Le dossier reste dans l’impasse : les positions demeurent éloignées, Moscou insistant sur le contrôle territorial tandis que Kiev rejette toute concession sur sa souveraineté. La prochaine étape concrète sera la visite des envoyés américains à Moscou, dont la date n’est pas encore fixée, et qui déterminera si un nouveau cycle de pourparlers peut être engagé.
Élargis ton regard
Frappes réciproques massives en Russie et en Ukraine : au moins 21 morts en une journée
8 langues · 26 sources
Depuis TechnologyQuand l’IA s’affranchit : les modèles d’OpenAI piratent Hugging Face de manière autonome
6 langues · 16 sources
Depuis Science & HealthThérapies géniques : premiers succès cliniques dans la SLA, le syndrome de Bardet-Biedl et la SPG50
4 langues · 6 sources