
D4vd devant la justice américaine : grossesse, avortement et menaces au cœur de l’enquête
La divulgation de messages intimes entre le chanteur et une adolescente de 13 ans renforce l’accusation de meurtre lors de l’audience préliminaire à Los Angeles.
L’audience préliminaire visant à déterminer si le chanteur américain D4vd, de son vrai nom David Anthony Burke, sera jugé pour le meurtre de Celeste Rivas Hernández a mis au jour, vendredi à Los Angeles, des échanges de textos attestant d’une relation sexuelle illégale et d’un avortement subi par l’adolescente alors âgée de 13 ans. Selon l’accusation, ces messages – notamment une question du musicien (« c’est bien le mien ? ») suivie d’une réponse affirmative de la jeune fille – s’inscrivent dans une stratégie de dissimulation qui aurait conduit au meurtre en avril 2025.
D’après les enquêteurs américains, Burke aurait poignardé à mort la victime, puis démembré son corps à l’aide d’une tronçonneuse, après que celle-ci eut menacé de rendre publique leur relation. La police de Los Angeles a retrouvé le cadavre en décomposition dans le coffre d’une Tesla immatriculée au nom du chanteur. Les procureurs s’appuient également sur des photographies à caractère sexuel stockées dans le téléphone de l’accusé, des achats en ligne – housse mortuaire, scies, piscine gonflable – effectués sous un pseudonyme mais payés avec ses cartes bancaires, et des traces de sang dans son garage dont l’ADN correspond à celui de Celeste.
La défense, représentée par Me Marilyn Bednarski, a orienté ses questions vers l’hypothèse d’une automutilation ou d’une blessure accidentelle lors d’une lutte, soulignant l’impossibilité pour le médecin légiste de dater précisément le décès en raison de l’état de décomposition avancé. L’expert a toutefois précisé n’avoir relevé aucune « marque d’hésitation » typique des suicides. De son côté, le chanteur, qui avait accédé à la célébrité en 2022 grâce à son titre Romantic Homicide sur TikTok, nie l’ensemble des charges.
Au-delà de ce dossier, plusieurs médias latino-américains attirent l’attention sur la récurrence d’affaires criminelles où les réseaux sociaux jouent un rôle, citant le cas de Seattle en 2020, lorsque des adolescents avaient découvert une valise contenant des restes humains en filmant une vidéo TikTok – une affaire qui avait abouti à la condamnation d’un homme à 46 ans de prison. L’audience préliminaire doit s’achever lundi, la juge Charlaine Olmedo devant alors décider du renvoi en procès. S’il est reconnu coupable, D4vd encourt la réclusion à perpétuité ou la peine de mort.
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