
Attaques de navires dans le détroit d’Ormuz : la trêve américano-iranienne à l’épreuve
Trois navires commerciaux ont été touchés en 24 heures, ravivant les tensions sur une voie maritime cruciale malgré l’accord de cessez-le-feu provisoire.
Trois pétroliers ont été atteints par des projectiles ou un drone entre le 6 et le 7 juillet dans le détroit d’Ormuz, selon le centre britannique de coordination du trafic maritime (UKMTO). Le premier, un transporteur de gaz naturel liquéfié qatari, le Al Rekayyat, a été frappé au large d’Oman, provoquant un incendie dans la salle des machines sans faire de blessés. La télévision d’État iranienne a affirmé que le navire avait ignoré des avertissements, sans toutefois revendiquer officiellement l’attaque. Doha a immédiatement condamné une « attaque inacceptable contre la sécurité de la navigation internationale » et tenu Téhéran pour « pleinement responsable juridiquement ». Un second navire, le pétrolier saoudien Wedyan, a également subi des dégâts, tandis qu’un troisième bâtiment a été touché par un drone, selon les autorités britanniques. Des responsables américains ont confirmé que l’Iran était à l’origine de ces tirs.
Cette séquence survient alors que le commandement militaire iranien avait averti, le 3 juillet, que tous les pétroliers empruntant le détroit devaient utiliser les couloirs approuvés par Téhéran, sous peine de s’exposer à une « réaction rapide et décisive ». L’Iran, qui a créé une organisation de gestion des voies maritimes du Golfe, entend imposer un contrôle de la navigation et, à terme, percevoir des droits de passage. Washington et les monarchies du Golfe rejettent cette prétention, rappelant le principe de libre transit qui prévalait avant le conflit. Un mémorandum d’entente signé en juin entre les États-Unis et l’Iran prévoyait pourtant une réouverture du détroit sans péage pendant soixante jours, mais les incidents se multiplient, et le centre multinational d’information maritime supervisé par la marine américaine maintient que la route longeant la côte omanaise reste ouverte à tous les navires.
Les attaques ravivent les craintes d’une escalade dans une zone par où transitait, avant la guerre, environ un cinquième du commerce mondial de pétrole. La perspective d’une perturbation durable du trafic a fait bondir de 6 % le prix du gaz en Europe. Selon des sources occidentales, le schéma observé depuis février – frappes iraniennes, ripostes américaines, puis représailles de Téhéran contre des États arabes du Golfe – pourrait se répéter. Les négociations indirectes entre Washington et Téhéran, qui visent à rouvrir intégralement le détroit, à encadrer le programme nucléaire iranien et à mettre fin au conflit déclenché le 28 février, sont actuellement suspendues. Le ministre iranien des Affaires étrangères a conditionné leur reprise à un cessez-le-feu au Liban et au retrait israélien, tandis que les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué au début de la guerre, mobilisent l’appareil d’État.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a menacé l’Iran d’une action militaire si aucun accord n’était trouvé, tout en se disant favorable à une solution négociée. Les données de la firme Kpler indiquent que plus d’une centaine de navires ont traversé le détroit le week-end dernier, les deux tiers empruntant le corridor nord approuvé par Téhéran. La question de la gouvernance du détroit d’Ormuz, désormais au cœur des pourparlers, reste entière, et aucun calendrier de reprise des discussions n’a été annoncé.
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