
Arrestation d’un blogueur militaire russe critique du Kremlin, selon sa chaîne Telegram
Egor Gouzenko, connu sous le pseudonyme « Treizième », a été placé en détention provisoire pour « incitation à la haine », un motif qui s’inscrit dans une série de poursuites visant des voix pourtant favorables à l’offensive en Ukraine.
Le blogueur militaire russe Egor Gouzenko, engagé dans les forces armées et suivi par près de 230 000 abonnés sur Telegram, a été arrêté et placé en détention provisoire pour deux mois, selon une annonce publiée le 10 juillet sur sa propre chaîne. Les administrateurs du canal affirment que M. Gouzenko, qui opère sous l’indicatif « Treizième », est poursuivi pour « incitation à la haine ou à l’hostilité » (article 282 du code pénal russe), une qualification passible de six ans d’emprisonnement. Aucune confirmation officielle de la part des autorités judiciaires ou du ministère de l’Intérieur n’a été rendue publique, et la région où l’affaire est instruite demeure inconnue.
Les informations disponibles proviennent exclusivement de l’entourage du blogueur et de médias russes indépendants. Selon la chaîne Telegram de M. Gouzenko, l’intéressé avait publiquement critiqué Vladimir Poutine au printemps, l’accusant de mentir au sujet des coupures d’internet mobile destinées, d’après le président, à protéger la population. Peu après cette prise de parole, le blogueur aurait été envoyé dans une unité d’assaut en dépit d’une double fracture à la jambe, puis aurait cessé de donner des nouvelles. Les mêmes sources indiquent que l’arrestation est intervenue début juillet, sans que les motifs précis de l’accusation d’extrémisme ne soient détaillés.
D’après plusieurs observateurs de la scène médiatique russe, cette affaire s’inscrit dans un contexte de répression élargie visant les blogueurs militaires et les nationalistes qui, tout en soutenant l’intervention en Ukraine, expriment des désaccords avec la conduite des opérations ou avec certaines décisions du pouvoir. Des médias comme Novaïa Gazeta ou Kommersant rappellent que M. Gouzenko avait déjà été interpellé en octobre 2024 dans la région de Stavropol pour des violences présumées contre un représentant des forces de l’ordre, avant de signer un contrat avec le ministère de la Défense et d’être libéré. Il avait alors été envoyé sur le front, une pratique que des analystes basés en Europe de l’Ouest décrivent comme un mécanisme de régulation des voix dissidentes au sein même du camp militariste.
Le dossier reste à ce stade peu documenté par des sources officielles. La chaîne de M. Gouzenko a lancé une collecte de fonds pour financer sa défense, tandis que les autorités russes n’ont pas communiqué sur les charges retenues. Selon des médias russes en exil, l’absence de confirmation judiciaire et le flou entourant la localisation de la procédure illustrent la difficulté d’établir une chronologie fiable des poursuites visant les personnalités critiques de la gestion du conflit. La prochaine étape procédurale attendue est la notification officielle de l’inculpation, si elle n’a pas déjà eu lieu, et la tenue éventuelle d’une audience sur le maintien en détention.
| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | +0.20 | neutral |
La Russie réprime la dissidence en utilisant des accusations d'extrémisme pour faire taire les critiques.
Le bloc met l'accent sur l'absence de confirmation officielle et le contexte de critique de Poutine, créant un cadre de répression arbitraire.
Le bloc omet que Guzenko est un blogueur pro-guerre et qu'il avait déjà été arrêté auparavant, ce qui affaiblirait le récit d'un dissident persécuté.
La Russie applique la loi contre ceux qui incitent à la haine, quelle que soit leur popularité.
Le bloc normalise l'arrestation en la présentant comme une procédure judiciaire de routine, minimisant le contexte politique.
Le bloc omet les critiques spécifiques de Guzenko envers Poutine et l'absence de confirmation officielle, ce qui suggérerait des motivations politiques.
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