
Escalade dans le Golfe : l’Iran revendique des frappes sur 85 cibles américaines au Bahreïn et au Koweït
En riposte à une vague de bombardements américains sur son territoire, Téhéran affirme avoir visé des installations militaires des États-Unis dans deux monarchies du Golfe, menaçant le fragile cessez-le-feu.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé, mercredi 8 juillet, avoir mené une opération conjointe de missiles et de drones contre 85 installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït, notamment la base de la Ve Flotte à Bahreïn et la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït. Cette riposte, qualifiée de « réponse initiale » par Téhéran, fait suite à une série de frappes aériennes menées quelques heures plus tôt par les États-Unis contre plus de 80 cibles en Iran, dans les provinces méridionales d’Hormozgan et du Khouzistan. Selon le commandement central américain (CENTCOM), ces bombardements visaient des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers, des missiles antinavires et plus de soixante embarcations rapides iraniennes, en réaction à des attaques imputées à l’Iran contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Les positions des parties s’articulent autour de l’accusation mutuelle de violation du mémorandum d’entente signé en juin. Washington, par la voix du CENTCOM, dénonce une « agression injustifiée » de l’Iran contre les pétroliers Al Rekayyat (sous pavillon des Îles Marshall, transportant du gaz naturel liquéfié qatari), Wedyan (Arabie saoudite) et Cyprus Prosperity (Libéria), y voyant une « violation claire et dangereuse du cessez-le-feu ». Doha a publiquement tenu Téhéran pour « pleinement responsable » de l’attaque contre son méthanier, suscitant la « consternation » de la diplomatie iranienne. De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, accuse les États-Unis d’avoir rompu l’accord en rétablissant les sanctions pétrolières, en menaçant de nouvelles frappes et en tolérant l’« agression sioniste continue » au Liban. Les autorités koweïtiennes et bahreïnies ont confirmé l’activation des sirènes d’alerte aérienne et, pour le Koweït, l’interception de projectiles hostiles.
Cette escalade met en péril le dispositif de désescalade patiemment négocié sous l’égide de médiateurs régionaux. Le mémorandum de juin, qui prévoyait une trêve de soixante jours, la réouverture du détroit d’Ormuz et la suspension temporaire des sanctions pétrolières américaines, n’a pas résisté à la reprise des hostilités. La révocation par Washington de la licence autorisant Téhéran à exporter son brut a fait bondir les cours du pétrole de plus de 3 %, rappelant le rôle central de ce corridor maritime par où transite une part significative du commerce énergétique mondial. Les capitales du Golfe, tout en renforçant leur dispositif de défense, observent avec inquiétude la volonté iranienne d’imposer un contrôle accru sur le détroit, y compris par l’instauration de droits de passage, et son rejet d’un corridor temporaire proposé par Oman.
Le contexte politique et symbolique alourdit la crise. Les frappes américaines sont intervenues alors que des millions d’Iraniens participaient aux processions funéraires de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février lors de l’offensive américano-israélienne qui avait déclenché la guerre. Téhéran y voit une tentative de Washington de détourner l’attention de ce « moment historique », tandis que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, en marge d’un sommet de l’Alliance à Ankara, a qualifié les frappes américaines d’« absolument nécessaires ». Les négociations indirectes menées au Qatar en vue d’un accord définitif sont au point mort, et le ministre iranien des Affaires étrangères a prévenu qu’elles ne reprendraient pas tant que les menaces de nouveaux bombardements américains persisteront. L’inhumation de Khamenei, prévue le 9 juillet à Machhad, pourrait constituer un nouveau point de bascule dans un dossier où chaque camp campe sur ses lignes rouges.
| Presse russe et CEI | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
L'Iran a le droit de se défendre contre l'agression américaine. Les États-Unis ont violé le cessez-le-feu et doivent en subir les conséquences.
En présentant l'attaque iranienne comme une réponse directe et proportionnée à l'agression américaine, une symétrie est créée qui légitime l'action de Téhéran.
Le bloc russe omet de mentionner les attaques iraniennes contre les pétroliers dans le détroit d'Ormuz, que les États-Unis ont citées comme justification de leurs bombardements. Il ne fait également état d'aucun doute sur la véracité de la revendication iranienne d'avoir touché 85 cibles.
Le conflit est une spirale de violence où les deux parties sont responsables. La communauté internationale doit s'inquiéter de la rupture du cessez-le-feu.
En présentant les faits comme une séquence d'actions et de réactions sans attribuer de blâme, le conflit est universalisé et la prise de parti est évitée, en mettant l'accent sur les conséquences pour la stabilité régionale.
Le bloc latino-américain omet le détail selon lequel l'Iran a affirmé avoir 'détruit' 85 installations et abattu un drone MQ-9, ainsi que la caractérisation russe de l'agression américaine comme une violation du cessez-le-feu. Il se concentre sur la chronologie des événements.
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