
Alerte d’Amnesty sur les mouvements anti-genre et réformes inclusives en Amérique latine
Un rapport d’Amnesty International dénonce la menace transnationale des mouvements anti-genre, alors que le Mexique et l’Argentine avancent des réformes pour les droits des personnes LGBT+ et handicapées.
La publication, jeudi 26 juin, d’un rapport d’Amnesty International sur la montée des mouvements anti-genre a mis en lumière une dynamique transnationale qui, selon l’organisation, menace les droits des femmes et des personnes LGBT+ à l’échelle mondiale. D’après ce document, la France constitue une « cible privilégiée » et se classe au deuxième rang européen pour les fonds dédiés à l’activisme anti-genre, derrière les États-Unis, présentés comme le « moteur » de cette mouvance. Amnesty International identifie des acteurs privés tels que le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, la Fondation Lejeune, ainsi que des groupes liés aux partis Reconquête et Rassemblement National, qui diffusent l’idée d’une « idéologie du genre » menaçant la protection de l’enfance. L’ONG relève également une baisse des subventions aux associations de défense des droits et des actes d’intimidation contre des centres LGBTQ+ dans plusieurs villes françaises, tout en soulignant des résistances, comme la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse en France.
En Amérique latine, plusieurs initiatives législatives récentes cherchent au contraire à élargir la reconnaissance juridique des minorités. À Mexico, une proposition de la députée Brenda Ruiz Aguilar (Morena) vise à modifier la loi locale pour que les seize alcaldías (arrondissements) offrent orientation, conseil juridique et accompagnement institutionnel aux personnes LGBTIQ+ victimes de discrimination ou de violence. Selon l’exposé des motifs, la peur, la désinformation et les préjugés persistants au sein des institutions dissuadent de nombreuses victimes de porter plainte. Dans l’État de Guanajuato, une autre élue de Morena, María Eugenia García Oliveros, a présenté une réforme du Code civil pour reconnaître les familles comaternales et garantir les droits filiatifs des enfants nés par procréation médicalement assistée. Actuellement, seule l’une des deux mères est légalement reconnue, ce qui crée une insécurité juridique pour les enfants et l’autre parent.
Toujours dans la capitale mexicaine, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a demandé au Congrès local d’harmoniser le Code civil avec la Convention relative aux droits des personnes handicapées, en supprimant les figures de tutelle, de curatelle et de nullité pour incapacité. La CNDH estime que ces dispositions, fondées sur une logique de substitution de la volonté, contreviennent au principe de capacité juridique universelle et doivent être éliminées avant l’entrée en vigueur, en avril 2027, du Code national de procédures civiles et familiales. L’institution recommande également d’expurger la terminologie anachronique et discriminatoire.
En Argentine, la ville de San Miguel de Tucumán a engagé un processus de réforme de son Code de planification urbaine, avec une cinquième audience publique tenue le 26 juin. Les autorités municipales prévoient un débat en novembre pour adopter un texte qui, selon les experts consultés, devra répondre au déficit d’infrastructures face à l’expansion immobilière et intégrer des outils de gouvernance intelligente, comme le système « UrbanSens » proposé par des chercheurs du Conicet. La prochaine audition est programmée le 6 juillet. Ces différents dossiers illustrent, à des échelles et dans des domaines variés, des tentatives de réforme du cadre légal pour mieux protéger les droits ou améliorer la gestion urbaine, alors que le rapport d’Amnesty rappelle la vigueur des courants qui, en Europe et aux États-Unis, cherchent à les restreindre.
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En Amérique latine, les réformes progressistes avancent : Mexico propose une aide juridique aux victimes LGBT+, Guanajuato s'apprête à reconnaître les familles comaternelles et la Commission nationale des droits de l'homme pousse pour la pleine capacité juridique des personnes handicapées. Portées par des législateurs de gauche et des organes de défense des droits, ces initiatives traduisent une tendance régionale pragmatique d'élargissement des droits.
Amnesty International tire la sonnette d'alarme sur un mouvement anti-genre transnational, bien financé et de plus en plus structuré, qui menace les droits des femmes et des personnes LGBT+ dans le monde, y compris en France. Le rapport dénonce intimidations, violences et une stratégie coordonnée pour revenir sur les droits sexuels et reproductifs et l'égalité des genres.
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