
Albanie : la « révolution des flamants roses » contre un projet de la famille Trump
Le 4 juillet 2026, une manifestation massive à Tirana a marqué le 35e jour de protestation contre un complexe hôtelier lié à Jared Kushner et Ivanka Trump, les opposants réclamant la démission du Premier ministre Edi Rama.
La plus grande manifestation depuis le début du mouvement, à Tirana, le 4 juillet 2026, a rassemblé des dizaines de milliers de personnes pour le 35e jour consécutif. Les protestataires ont réclamé la démission du Premier ministre Edi Rama, dénonçant un manque de transparence autour d’un projet touristique de luxe porté par Jared Kushner et Ivanka Trump, gendre et fille de l’ancien président américain. Initialement focalisée sur la construction de ce complexe hôtelier à Zvernec, une zone naturelle protégée du littoral adriatique, la grogne s’est muée en un vaste mouvement anticorruption baptisé « révolution des flamants roses », en référence aux oiseaux migrateurs menacés par le chantier.
Selon les organisations de la société civile albanaise, le projet, évalué à 4,6 milliards de dollars, bénéficierait d’un régime dérogatoire prévu par une loi récente sur les zones protégées, que les manifestants exigent d’abroger. Arborant des silhouettes de flamants et des pancartes « L’Albanie n’est pas à vendre », ils accusent le gouvernement d’accorder des facilités au détriment de l’environnement et des communautés locales, dans le but d’obtenir un avantage politique auprès de la famille Trump. Les heurts du 30 juin devant le Parlement, où la police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau, ont causé 15 blessés parmi les forces de l’ordre et 25 arrestations, renforçant la détermination des protestataires.
Du côté des autorités de Tirana, selon des déclarations relayées par la presse régionale, l’exécutif défend un investissement créateur d’emplois et de retombées touristiques, dans un pays devenu l’une des destinations méditerranéennes à la croissance la plus rapide. Mais pour les chancelleries européennes et les observateurs du processus d’adhésion albanais à l’Union européenne, ces événements raniment les préoccupations sur l’état de droit et la corruption, au cœur des réformes exigées par Bruxelles. Des médias francophones, comme Radio-Canada, relèvent la charge symbolique du mouvement : le renversement d’un buste du Premier ministre a évoqué la chute de la statue du dictateur Enver Hoxha en 1991.
Pour les défenseurs de l’environnement, l’aménagement du site de Zvernec et de l’île de Sazan en destination de luxe menace des écosystèmes fragiles, en particulier la lagune servant de halte aux flamants roses. Ils réclament des études d’impact indépendantes et une consultation publique transparente. Alors que le mouvement entre dans sa sixième semaine, les manifestants demandent la libération de 19 personnes encore détenues, et l’opposition parlementaire cherche à tirer parti du mécontentement. Aucune issue politique ne paraît imminente, tandis que les négociations d’adhésion avec l’UE restent ouvertes sous une stricte conditionnalité démocratique.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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The protests in Albania are portrayed as a popular uprising against a corrupt government and foreign exploitation. The luxury resort linked to Donald Trump's family is seen as a symbol of illegal deals and environmental destruction. The demonstrators are framed as patriotic defenders of Albania's sovereignty and natural heritage.
The protests are reported as a sustained civic movement demanding political accountability. The focus is on the 35 consecutive nights of demonstrations, the calls for Prime Minister Rama's resignation, and the broader demands for anti-corruption reforms. The tone is factual but highlights the persistence of the protesters.
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