
Achats d’armement massifs de l’Inde et rapprochement avec Tokyo, Pékin met en garde
Le Conseil d’acquisition de défense indien a validé des programmes d’une valeur de 52 000 crores de roupies, tandis que le partenariat stratégique avec le Japon suscite les critiques de la Chine.
Le Conseil d’acquisition de défense (DAC) indien, présidé par le ministre de la Défense Rajnath Singh, a approuvé le 3 juillet 2026 des propositions d’achat d’équipements militaires pour un montant estimé à 52 000 crores de roupies (environ 6,3 milliards de dollars). Selon les déclarations du ministère indien de la Défense, ces acquisitions incluent des systèmes de guerre électronique anti-drones « Akash Tarang », des missiles antichars portables MP-ATGM, des missiles sol-air à moyenne portée MRSAM, des systèmes de défense aérienne à très courte portée V-SHORADS, des drones kamikazes à réaction ainsi que des mines marines et des drones embarqués pour la marine. New Delhi, qui cherche à réduire sa dépendance historique envers la Russie, poursuit ainsi la modernisation de ses forces armées, un impératif ravivé par le conflit de quatre jours l’ayant opposée au Pakistan l’an dernier, d’après des analystes de la région.
Cette décision intervient au lendemain d’un sommet entre le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue japonaise Sanae Takaichi, qui a débouché sur un partenariat de coproduction du système naval furtif UNICORN, développé par NEC Corporation et destiné à équiper les frégates de la marine indienne. Selon les sources officielles indiennes et japonaises, les deux pays ont également convenu d’approfondir leur coopération en matière de minéraux critiques, de résilience des chaînes d’approvisionnement et de sécurité maritime, tout en exprimant leur « sérieuse préoccupation » face aux situations en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale. Pour Tokyo, ce rapprochement s’inscrit dans un contexte de dégradation de ses relations avec Pékin, marqué par les restrictions chinoises sur les exportations de terres rares après des déclarations de Mme Takaichi sur un possible soutien à Taïwan en cas d’invasion.
La Chine a réagi par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun, en déclarant que la coopération entre pays « ne devrait pas cibler de tierce partie ni nuire aux intérêts d’un autre État ». Pékin, qui considère Taïwan comme une province renégate, voit dans le renforcement des liens indo-japonais et dans le Quad (qui inclut les États-Unis et l’Australie) la formation de « cliques exclusives » susceptibles d’alimenter la division et la confrontation, selon les propos rapportés par les agences. Les capitales occidentales, notamment Washington, perçoivent au contraire ces initiatives comme un rééquilibrage face à l’affirmation de puissance chinoise dans l’Indo-Pacifique.
Parallèlement, New Delhi suit de près l’évolution des relations entre le Bangladesh et la Chine, après la visite à Pékin du Premier ministre bangladais Tareq Rahman. Selon le ministère indien des Affaires extérieures, tout développement susceptible d’affecter la sécurité régionale est « étroitement surveillé », en référence aux discussions sur un éventuel corridor économique Chine-Bangladesh-Myanmar et à l’intérêt manifesté par Dacca pour des avions de combat chinois J-10C. Le dossier des acquisitions indiennes doit désormais entrer dans les phases de contractualisation, tandis que la célébration en 2027 du 75e anniversaire des relations diplomatiques indo-japonaises devrait donner lieu à de nouvelles initiatives de coopération, selon les annonces officielles.
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India and Japan are strengthening their defense ties as a natural step for regional stability. China's warning against bloc thinking is seen as an attempt to limit India's strategic autonomy. The cooperation is pragmatic and not directed against any country.
The India-Japan defense cooperation is a development in the Indo-Pacific security landscape. China's warning reflects its concern over emerging alliances. The Gulf states observe these dynamics with a focus on their own security interests.
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