
Accalmie géopolitique au Moyen-Orient : le dollar et l’or refluent de Téhéran au Caire
Les négociations directes entre Washington et Téhéran en Suisse, combinées à un cessez-le-feu au Liban, ont entraîné une détente régionale et un recul marqué des valeurs refuges.
Le basculement a eu lieu ce week-end sur les marchés du Moyen-Orient : la perspective d’une désescalade américano-iranienne, matérialisée par l’ouverture de pourparlers à Genève et l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, a provoqué une chute synchronisée du dollar, de l’or et des pièces de monnaie. À Téhéran, le billet vert est passé de 161 000 à 157 000 tomans en quelques heures, tandis que le gramme d’or 18 carats est tombé sous les 16 millions de tomans, abandonnant un seuil psychologique qui tenait depuis des semaines. Au Caire, la livre égyptienne a franchi à la baisse le cap des 50 pour un dollar, et le gramme d’or 21 carats est repassé sous les 6 000 livres pour la première fois depuis le début de la crise.
Ce reflux tient à un double mécanisme. D’une part, l’apaisement des tensions géopolitiques immédiates – déblocage partiel du détroit d’Ormuz, annonce par le ministre iranien de l’Agriculture de la reprise de l’acheminement des denrées bloquées à Dubaï, retour des investisseurs étrangers sur la dette égyptienne – réduit la prime de risque incorporée aux actifs régionaux. D’autre part, la pression baissière mondiale sur l’or, liée à un dollar fort et aux signaux restrictifs de la Réserve fédérale américaine, continue de peser : neuf des dix-neuf membres du FOMC envisagent encore un relèvement des taux cette année, maintenant le métal jaune sous les 4 200 dollars l’once.
L’onde de choc se propage inégalement. En Iran, où le marché des changes est scindé entre un taux officiel administré et un marché libre très réactif aux nouvelles politiques, la devise américaine a lâché près de 4 % en une séance, entraînant dans son sillage l’ensemble de la filière aurifère. En Égypte, la conjonction de la trêve régionale, des transferts de la diaspora et de l’amorce de la saison touristique estivale alimente les entrées de devises, ce qui, selon les opérateurs du Caire, pourrait ramener le dollar à 48 livres et le gramme d’or autour de 5 500 livres. Les places asiatiques, de Jakarta à Mumbai, ajustent leurs prévisions techniques : le support mondial est identifié vers 3 859 dollars l’once, une cible qui, si elle était atteinte, ramènerait le lingot à 2,55 millions de roupies indonésiennes par gramme.
Prochain jalon : l’issue des discussions de Genève, dont aucun compte rendu officiel n’a encore filtré. Téhéran insiste sur l’obtention d’un mécanisme de vérification et de garanties fermes avant toute concession, tandis que les médiateurs pakistanais et qataris s’efforcent d’arrimer un cadre exécutoire. Jusqu’à l’annonce d’un résultat tangible, la volatilité restera de mise sur les parquets du Caire, de Téhéran et d’Istanbul.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 1 langues
The Iranian press reports that direct talks between Iran and the US in Switzerland have cooled currency and gold markets, leading to drops in the dollar and gold. There is cautious optimism about diplomatic progress, but some articles note volatility and mixed movements, suggesting underlying uncertainty.
The Gulf Arab press, especially Egyptian outlets, highlights the calming effect of geopolitical easing on local markets, with both the dollar and gold declining. The focus is on the return of foreign currency inflows and improved investor appetite for local debt. Market stability is directly linked to the Iran-US talks and regional de-escalation.
Articles liés
Alan Greenspan, ancien président de la Fed, s’éteint à cent ans : la fin d’une ère monétaire
14 langues · 84 sources
Géopolitique et PolitiqueWashington suspend pour 60 jours les sanctions pétrolières contre l’Iran
8 langues · 27 sources
Médias & DivertissementClive Davis, l’oreille d’or qui sculpta un demi-siècle de musique populaire
7 langues · 18 sources