
Washington neutralise un pétrolier en route vers l’Iran et durcit le blocus naval du Golfe
Le Commandement central américain a annoncé avoir tiré sur le M/T Belma, premier navire commercial immobilisé depuis la reprise du blocus, ravivant les tensions autour du détroit d’Ormuz.
Les forces américaines ont mis hors d’état de nuire, mercredi 15 juillet, le pétrolier M/T Belma, battant pavillon de Curaçao, alors qu’il faisait route vers l’île iranienne de Kharg, principal terminal d’exportation pétrolière de Téhéran. Selon le Commandement central des États-Unis (Centcom), l’appareil militaire a tiré des missiles Hellfire dans la cheminée du navire après que celui-ci a ignoré plusieurs sommations et tenté de franchir le blocus naval rétabli par Washington. Il s’agit du premier bâtiment commercial neutralisé depuis la reprise, le 14 juillet, des opérations d’interdiction maritime visant à empêcher tout trafic à destination ou en provenance des ports iraniens.
Du côté américain, Centcom présente cette action comme une mesure d’application stricte du blocus, destinée à restreindre la capacité de l’Iran à soutenir ses opérations militaires et à exporter du pétrole. Le commandement précise que, durant les premières vingt-quatre heures de cette nouvelle phase, deux autres navires commerciaux ont obtempéré et modifié leur trajectoire. Les autorités iraniennes, quant à elles, dénoncent une violation du mémorandum d’entente conclu en juin, qui avait suspendu les hostilités et ouvert une fenêtre de négociation sur le programme nucléaire et la sécurité régionale. Téhéran accuse Washington d’avoir « réduit en miettes » cet accord et prévient qu’il se réserve le droit de riposter, y compris en perturbant plus largement les flux énergétiques dans la zone.
L’immobilisation du Belma s’inscrit dans une escalade plus large. Depuis le 7 juillet, les États-Unis ont mené plusieurs vagues de frappes contre des cibles militaires iraniennes, officiellement en représailles à des entraves à la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz. En réponse, l’Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. La trêve fragile, qui avait permis la levée du précédent blocus à la mi-juin, est désormais caduque, et les pourparlers sont au point mort. Selon des analystes basés dans les capitales européennes, la reprise des opérations de blocus fait craindre une perturbation prolongée du transit par le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel, avec des répercussions directes sur la sécurité d’approvisionnement des économies de l’Union européenne.
Le dossier reste dans l’impasse diplomatique. Aucune confirmation indépendante n’a été apportée par l’armateur du Belma, et les canaux de communication entre Washington et Téhéran semblent rompus. Le Centcom affirme que ses forces restent « vigilantes et prêtes à garantir le respect total » des restrictions maritimes, tandis que les autorités iraniennes continuent de qualifier le blocus d’illégal. La prochaine étape attendue est la poursuite des opérations d’interception américaines, sans qu’aucune nouvelle médiation régionale ou internationale n’ait été annoncée à ce stade.
| Presse d'Asie du Sud-Est | −0.20 | neutral |
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| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | +0.30 | aligned |
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