
Effondrement du pont Morandi à Gênes : l’ex-PDG d’Autostrade condamné à douze ans de prison
Le tribunal de Gênes a rendu son verdict de première instance dans le procès de la catastrophe de 2018, condamnant 32 des 57 prévenus, dont l’ancien dirigeant de l’exploitant autoroutier.
Près de huit ans après l’effondrement du viaduc Morandi qui avait fait 43 morts à Gênes, le tribunal de première instance a condamné, le 16 juillet 2026, l’ancien administrateur délégué d’Autostrade per l’Italia (ASPI), Giovanni Castellucci, à douze ans de réclusion pour homicide routier et négligence. Au total, 32 des 57 prévenus – dirigeants et techniciens de l’exploitant autoroutier, de sa filiale d’ingénierie Spea et du ministère des Infrastructures – ont été reconnus coupables, tandis que 25 autres ont été acquittés ou ont vu les faits qui leur étaient reprochés tomber sous le coup de la prescription. Les peines prononcées s’échelonnent de près de deux ans à onze ans de prison pour l’ancien responsable de la maintenance, Michele Donferri Mitelli.
Selon le parquet de Gênes, l’effondrement du 14 août 2018 résulte d’années de maintenance insuffisante, d’alertes ignorées et de travaux de sécurité reportés alors que les dividendes continuaient d’être distribués. L’accusation a mis en avant un « modus operandi » fondé sur des contrôles fictifs et une recherche d’économies au détriment de la sécurité. La défense, de son côté, a imputé la catastrophe à un vice de construction caché – la corrosion des câbles d’acier noyés dans le béton du hauban numéro neuf –, estimant qu’aucun programme d’entretien n’aurait pu l’empêcher. Les avocats de Giovanni Castellucci, déjà incarcéré pour une autre condamnation liée à un accident de bus meurtrier en 2013, ont dénoncé une « criminalisation du chef d’entreprise » et annoncé leur intention de faire appel.
Du côté des familles des victimes, l’accueil du verdict est prudent. La présidente du comité des proches, Egle Possetti, a souligné la nécessité d’étudier l’intégralité des motivations avant de parler de justice rendue, tout en reconnaissant que la reconnaissance de culpabilité constitue une première réponse. La veille du jugement, l’actuel dirigeant d’ASPI, Arrigo Giana, avait présenté des excuses publiques au nom de l’entreprise, un geste jugé tardif par les familles. La maire de Gênes, Silvia Salis, a qualifié la journée d’« historique » pour la ville.
La catastrophe avait provoqué une onde de choc en Italie et relancé le débat sur l’état des infrastructures et le rôle des concessionnaires privés. Le viaduc, inauguré en 1967 et conçu par l’ingénieur Riccardo Morandi, était un axe stratégique entre le nord de l’Italie et la France. Après le drame, l’État italien a repris le contrôle d’ASPI, alors détenue par la holding Atlantia de la famille Benetton, et un nouveau pont, baptisé San Giorgio, a été inauguré en 2020. Le jugement de première instance, dont les motivations doivent être publiées dans un délai de six mois, ouvre la voie à une longue procédure d’appel, pouvant aller jusqu’à la Cour de cassation, dans un système judiciaire où les délais de prescription restent un enjeu central.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
Le verdict de Gênes est un acte de justice qui reconnaît enfin la culpabilité des dirigeants de l'entreprise. Les 43 vies perdues ne seront pas oubliées, et la peine de 12 ans signale que la négligence ne peut rester impunie.
Le récit met l'accent sur la longue attente des familles et la gravité des négligences, transformant le verdict en symbole de responsabilité collective. L'utilisation de détails émotionnels et de la chronologie de la catastrophe renforce l'idée que la justice a été tardive mais nécessaire.
Le tribunal a prononcé une peine. Les faits sont clairs : l'ancien PDG a été reconnu coupable et condamné à 12 ans.
La couverture se limite à rapporter les faits essentiels sans commentaire ni contexte émotionnel, présentant le verdict comme un événement judiciaire de routine.
La couverture atlantique omet le contexte détaillé des négligences, les histoires des victimes et les implications à long terme pour la sécurité des infrastructures, réduisant l'événement à un simple fait judiciaire.
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