
Venezuela : le sort incertain de Fabio, 9 ans, prisonnier des décombres depuis neuf jours
Alors que les secours ont sauvé un homme et localisé un haut responsable policier, les informations divergent sur le décès ou la survie de l’enfant, illustrant les difficultés de la réponse humanitaire après le double séisme du 24 juin.
Neuf jours après le double tremblement de terre qui a frappé le nord du Venezuela, le sort de Fabio Bastardo, un enfant de 9 ans, reste entouré de contradictions. Coincé sous les ruines de l’immeuble Tahiti, un édifice de douze étages effondré à Caraballeda, dans l’État de La Guaira, le garçon faisait l’objet d’intenses efforts de sauvetage menés par des équipes internationales, notamment salvadoriennes et argentines. Selon des médias italiens et espagnols, les secouristes auraient utilisé des sonars et des géoradars sans détecter de signe de vie, concluant au décès de l’enfant. D’autres sources, dont la presse brésilienne et des proches de la famille, maintiennent que des bruits – sifflements, coups – ont été perçus jusqu’à vendredi, et que le père, Francisco Bastardo, marin de profession, affirme avoir communiqué avec son fils, qu’il décrit affaibli mais déterminé.
Cette incertitude s’inscrit dans un bilan humain très lourd : les autorités vénézuéliennes font état de 2 645 morts et 12 666 blessés, tandis que 189 bâtiments se sont effondrés et plus de 15 000 personnes ont été déplacées. Dans ce contexte, deux opérations de sauvetage ont marqué les derniers jours. D’une part, le sauvetage in extremis de Hernán Gil, un agent de sécurité extrait vivant après huit jours sous les décombres d’un autre immeuble. D’autre part, la localisation du vice-amiral Gustavo Romero Matamoros, chef de la police de La Guaira, qui communique en code Morse depuis les ruines du condominium Oasis Beach, où il serait piégé avec une vingtaine d’autres personnes. Les secouristes, qui ont établi un contact radio avec son épouse, décrivent un homme blessé à une main et au bras, mais toujours réactif.
Les opérations de recherche sont toutefois entravées par des difficultés logistiques. Des témoignages relayés par les réseaux sociaux et des correspondants de presse étrangers font état d’un manque de grues et de carburant pour les engins lourds, obligeant parfois les proches des victimes à creuser à mains nues. Une jeune femme, Paola Lauret, a lancé un appel viral pour réclamer des moyens de levage, affirmant que des scanners chiliens auraient détecté 39 personnes vivantes sous les décombres d’un autre complexe résidentiel. Le gouvernement intérimaire, par la voix de la présidente Delcy Rodríguez, a rejeté ces critiques, assurant que 19 000 personnels avaient été déployés et que les retards étaient imputables aux dommages subis par les infrastructures de transport. En parallèle, l’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre les risques d’épidémies, notamment de rougeole, dans les centres d’accueil.
À ce stade, le sort de Fabio Bastardo demeure non confirmé de manière officielle et définitive. Si plusieurs équipes de secours internationales ont suspendu leurs recherches, le père de l’enfant continue de veiller sur le site, convaincu que son fils est en vie. Les bilans humain et matériel restent provisoires, et les opérations de sauvetage se poursuivent sur d’autres sites, dans une course contre la montre que les conditions météorologiques et l’instabilité des structures rendent toujours plus périlleuse.
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