
Venezuela : une dette de 240 milliards de dollars, la plus grande restructuration souveraine de l’histoire
Caracas s’apprête à dévoiler un passif bien supérieur aux estimations, ouvrant la voie à une renégociation sans précédent hors du cadre du FMI, dans un contexte de recomposition politique interne.
La divulgation imminente par le Venezuela d’une dette publique totale de 240 milliards de dollars – bien au-delà des fourchettes de 150 à 200 milliards avancées par les marchés – a immédiatement fait réagir les obligations souveraines et celles de la compagnie pétrolière nationale PDVSA, qui ont gagné jusqu’à un cent de dollar. Ce chiffre, qui place le ratio dette/PIB au-dessus de 200 % pour une économie dont le cadre macroéconomique à paraître estimera la taille à environ 100 milliards de dollars, ferait de l’opération la plus vaste restructuration de dette souveraine jamais enregistrée, dépassant le défaut grec de 200 milliards de 2012.
Le plan, élaboré avec la banque d’investissement américaine Centerview Partners et attendu pour début juillet, est piloté par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui vise un accord avec les créanciers d’ici la fin de l’année afin de permettre au pays de revenir sur les marchés internationaux après près d’une décennie d’isolement. Fait inhabituel pour une restructuration de cette ampleur, l’analyse de soutenabilité de la dette n’a pas été réalisée par le Fonds monétaire international, même si des discussions techniques ont eu lieu depuis la reprise des relations en avril, après sept ans d’interruption. Le FMI a confirmé ne pas être impliqué dans le processus, tout en se disant prêt à aider les autorités.
Du côté des marchés, les détenteurs d’obligations, principalement basés en Amérique du Nord et en Europe, interprètent cette évaluation dégradée comme le signal d’une demande de décote significative. Certains membres de l’opposition vénézuélienne redoutent qu’une restructuration accélérée hors de l’égide du FMI n’affaiblisse la position de négociation de Caracas face aux créanciers. Parallèlement, le contexte politique intérieur reste marqué par une recomposition du pouvoir autour des frères Rodríguez, qualifiée par des observateurs onusiens de « reconfiguration autoritaire » plutôt que de transition démocratique vérifiable, un point qui sera débattu le 26 juin au Conseil des droits de l’homme à Genève.
La prochaine étape concrète sera la publication, d’ici la fin du mois, du cadre macroéconomique tant attendu, qui détaillera l’état de l’économie vénézuélienne et précisera le périmètre exact des créanciers. Ce document, couplé au plan de restructuration de juillet, déterminera les marges de manœuvre réelles de Caracas et la réaction coordonnée des porteurs de titres, alors que le pays n’a plus honoré sa dette extérieure depuis 2017.
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Le Venezuela s'apprête à révéler une dette publique de 240 milliards de dollars, bien au-delà des estimations précédentes et dépassant 200 % du PIB. Il s'agirait de la plus grande restructuration de dette souveraine de l'histoire, surpassant le défaut de la Grèce en 2012. La dirigeante par intérim Delcy Rodríguez vise un accord avec les créanciers, selon des sources citées par le Financial Times.
Après le renversement de Maduro, le Venezuela s'apprête à révéler une dette de 240 milliards de dollars, bien plus élevée que les attentes du marché. Caracas se prépare à ce qui pourrait être la plus grande restructuration de dette souveraine au monde, alors que les nouvelles autorités cherchent à évaluer l'ampleur réelle du désastre financier laissé derrière.
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