
Trump subordonne l’accord nucléaire avec Riyad à une normalisation avec Israël
Le président américain a imposé une condition surprise au pacte de coopération nucléaire civile signé la veille, jetant le doute sur sa mise en œuvre.
Au lendemain de la signature d’un accord de coopération nucléaire civile entre Washington et Riyad, le président Donald Trump a déclaré que son entrée en vigueur serait « totalement subordonnée » à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham, qui impliquent une normalisation des relations avec Israël. Cette condition, absente de l’annonce officielle du département de l’Énergie, a été formulée sur le réseau Truth Social, où M. Trump a également exclu tout enrichissement d’uranium sur le sol saoudien, contredisant les informations de presse évoquant la possibilité d’une telle installation après une étude de faisabilité conjointe.
La Maison Blanche a affirmé que Riyad était informé de cette exigence, tandis que l’Arabie saoudite n’a pas réagi officiellement. De son côté, le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a salué une perspective de « bond historique vers la paix au Moyen-Orient ». Les autorités saoudiennes maintiennent toutefois de longue date qu’une reconnaissance d’Israël reste conditionnée à une feuille de route crédible vers un État palestinien, position réaffirmée après le déclenchement de la guerre à Gaza en 2023. Selon des analystes basés dans la région, cette divergence rend improbable une adhésion rapide de Riyad aux accords d’Abraham, ce qui pourrait compromettre l’ensemble du volet nucléaire.
L’accord, connu sous le nom de « 123 agreement », doit encore être examiné par le Congrès américain pendant 90 jours de session. Il prévoit un partenariat de plusieurs décennies pour la construction de réacteurs nucléaires en Arabie saoudite avec des technologies américaines, pour un montant estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Des experts en non-prolifération, notamment dans les milieux démocrates au Congrès et au sein de groupes de réflexion washingtoniens, ont exprimé leur inquiétude : l’absence d’exigence du protocole additionnel de l’AIEA, qui autorise des inspections inopinées, affaiblirait les garde-fous contre un éventuel détournement militaire, alors même que les États-Unis sont engagés dans un conflit avec l’Iran en partie justifié par la menace nucléaire.
Pour l’administration Trump, ce partenariat vise à la fois à contrer l’influence de la Chine et de la Russie dans le Golfe et à offrir des retombées économiques aux entreprises américaines. Le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré que des « garanties » empêcheraient toute prolifération. Le dossier reste néanmoins en suspens : le Congrès pourrait bloquer le texte, et l’Arabie saoudite n’a pas indiqué si elle accepterait la condition posée par le président américain. Une étude de faisabilité de deux ans sur l’enrichissement est par ailleurs prévue, mais son lancement dépend désormais de l’évolution des discussions diplomatiques entre Riyad et Jérusalem.
| Presse israélienne | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.50 | critical |
| Presse russe et CEI | −0.30 | critical |
Israël accueille favorablement la condition de Trump mais reste sceptique quant à la volonté saoudienne de normaliser sans un État palestinien.
En présentant la normalisation comme un prérequis de sécurité, il légitime la condition de Trump et remet en question le sérieux saoudien.
Le monde arabe considère la condition de Trump comme un chantage qui risque une course aux armements nucléaires et sape les droits palestiniens.
En mettant l'accent sur le risque de prolifération et l'absence de garanties, il dépeint l'accord comme une menace pour la stabilité régionale.
Ne mentionne pas que la condition a été imposée après la signature de l'accord, créant confusion et surprise.
La Russie observe le geste de Trump avec détachement, soulignant le silence de Riyad et l'incertitude de l'accord.
En soulignant le silence saoudien et le manque de détails, il crée une aura d'incertitude qui mine la crédibilité de l'initiative américaine.
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